UN ARGUMENT DO PARTI -CENTRE
Le chancelier de FËmpire prince de Bismarek:
Hessienre, je regrette qne le dialogue entre M. le député et moi se poursuive encore; mais, en présence des erreurs réitérées qui ont été exprimées par Torateur, je ne puis leur laisser cours sans les rectifier itérativement.
H. le député a commencé par répéter son a£Brmation: comme quoi il ressort de mon discours que des missions évangéliques auront seules accès dans nos colonies. Je ré* pète à mon tour que cette assertion n'est pas conforme à la yérité, et que Torateur aurait pu s'en convaincre par mon précédent discours. Je dois dire encore une fois : il est possible qu'il ne m'ait pas écouté, car je ne puis supposer de lui qu'il eût dit contre sa eonscience une telle contre-vérité. Ce n'est pas conforme à la vérité, je le répète; j'ai reconnu la complète parité et égalité de droits des deux confessions.
L'orateur a quelque peu varié sa tactique; dans son premier discours, il prétendait que j'aurais voulu empêcher les Hissions catholiques; — dans sa réplique, à présent, il se borne à prétendre que l'Eglise catholique, en l'état où l'a mise le KuUurkamp/^ se trouve incapable de remplir, quant à elle, la tâche des Missions, si elle n'appelle les jésuites français à son aide; ils sont sa seule ressource. Tel a été en définitive le résultat des déductions de M. l'orateur. Il a dit: cpar suite du KuUurkampf l'Eglise catholique en Allemagne n'a pas la possibilité de former des prêtres qui puissent se consacrer à l'œuvre des Hissions; alors, lui reste-t-il une autre ressource que de dire: il nous faut nous adresser à l'étranger?»
Or, à quel fait, je le demande, se rattache donc tout le débat dans cette Assemblée? — à la tentative de jésuites français, faite sous le couvert d'un nom allemand, de fonder en Allemagne, malgré la loi, une école de missionnaires. Ainsi, Hessieurs (du Centre), si vous ne pouvez obtenir celte demande, si vous n'avez point de jésuites français, vous prétendez alors que l'Église catholique en Allemagne fait
banqueroute et qu'elle ne peut plus fournir de missionnaires. C'est là en somme la conséquence, le produit distillé du discours que M. le député vient de nous faire entendre. Eh bien! je prétends que ce n'est pas la vérité. L'Église catholique en Allemagne dispose d'une richesse de forces extrêmement grande; et si vous employiez aux Missions seulement une petite partie des forces tristement occupées au KuUurkampf^ occupées à poursuivre et à irriter la lutte, vous auriez mérité d'abondantes bénédictions de Dieu, vous n'auriez pas semé l'irritation et la discorde dans votre pays.
(Applaudissements à droite,)
Envoyez donc au Cameroun les collaborateurs de la Germania; ils y seraient les bienvenus.
(^Bimyante hilarité,)
Vous possédez une assez grande surabondance de forces
et n'avez pas besoin de recourir au Sacré- C<xur et aux
Painsiens. Le Kulturkampf ne peut pourtant mettre en ré^
quisition qu'une partie des prêtres allemands; car, autant
que je sache, cette lutte n'existe dans aucun autre État
allemand, en dehors de la Prusse, et là-même elle n'y a plus
qu'une existence factice; il en coûte la plus grande peine
pour la vivifier quelque peu ; on est obligé de l'éperonner et
de la fouailler,
(^Applaudissements à droite.)
obligé de trouver artificiellement des prétextes, afin de faire
croire que l'Eglise catholique est lésée, des prétextes, —
comme cette interpellation en faveur de la Germania et de
sa véracité, — qu'il faut inventer pour se créer au moins
un sujet de dispute. C'est réellement le tGracchos de sedi-
tione quaerentes»; la comparaison sans doute est vieille et
rebattue; — mais, chaque fois que s'ouvre le Reichstag^ on
nous sert ici cette doléance sur la prolongation du Kultur-
kampf(^)'y la première chose qu'on fasse, c'est de déposer
(^) NotammeDt, dans la session précédeDte da Reichstag^ le particentre présenta do nouvean un projet de loi, déjà rejeté par le Conseil fédéral, ponr Tabrogation do la loi do TEmpire da 4 mai 1874, qui per-