‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 25 sur 175 · EXEMPLES EMPRUNTÉS AUX ÉTATS ÉTRANGERS · texte numérisé non relu

EXEMPLES EMPRUNTÉS AUX ÉTATS ÉTRANGERS

une interpellation irritante, mettant en scène le KuUurkampf.

Alors ne dites pas au moins que vons êtes des hommes de

paix; (*) ne déplorez pas an moins la prolongation du Kultur-

kampfy — dont vous avez besoin pour conserver de la valeur

coîmn£ parti,

(Applaudissements à droite.)

M. l'orateur s'est autorisé de l'appui que d'autres poissances coloniales prêtent aux Missions. Je doute fort cependant que les Français donnassent accès à une Mission aile* mande de confession évangélique dans le Gabon, voisin de nos territoires, — bien que la France ait proclamé comme nous les principes de l'Acte général du Congo. Si quelqu'un s'adressait en langue allemande au gouvernement français — un Allemand n'aurait guère en somme assez peu de vergogne pour tenter un essai analogue à celui que ces deux Français ont fait auprès de nous, — si quelqu'un, dis-je, s'adressait au gouvernement français en lui disant: < soyez donc assez bon pour nous permettre d'établir une Mission protestante allemande dans votre territoire colonial», — tout fonctionnaire et homme d'Etat français accueillerait cette requête avec une gaîté ironique et comme une dérision; mais chez nous la demande analogue est prise au sérieux, et il y a une foule de gens qui, parce que nous ne voulons pas laisser le Français prendre un pied chez nous(^), en font un grief contre nous, comme si nous fomentions ainsi la discorde confessionnelle. Dès que l'on peut ramasser quelque part un motif d'imputer au gouvernement le KuUurkampf^ aussitôt on se pend à la grosse cloche — en sorte qu'on est parfois stupéfait et effrayé du degré de haine et de malveillance

met d^ezpulsor da territoire fédéral rocclésiastique contreyenant aux lois de rÉtat. (Vol. Xli des Discours, p. 78 et suiv,)

0) Ed présentant le projet de loi déjà rappelé (décembre 1884), M. le député Windthorst B*était posé en homme de paix; il disait: «si la fraction -Centre reproduit ce projet, c'est uniquement pour tranquilliser les esprits».

(') uns den Franzosen in den Pelz setzen, littéralement et familièrement; mettre le Français dans notre fourrure, dans notre peau.

70 REICHSTâG allemand. - SESSION DE 1885-188(>.

qu'il y a dans cette habileté à trouver partout du Kulttêrkampf»

M. le député m*a reproché de n'avoir rien appris et rien oublié. Je lui demande pardon: j'ai oublié bien des choses; j'ai oublié bien des offenses; je suis devenu d'humeur conciliante, de bonne composition à l'égard des opinions. J'ai appris dans ces dernières années qu'avec les principes d'après lesquels la politique a été dirigée en face de nous,(') ni l'État prussien ni l'Empire allemand ne peuvent à la longue

subsister,

(^ApphmdissemenU.)

et qu'il me faut prendre mes dispositions en laissant ces

principes de côté. La décision m'a coûté bien des réflexions,

plus d'une nuit d'insomnie, — mais ces principes nous ont

habilement retranché toute possibilité de faire la paix. Quand

nous étions près de nous entendre avec Rome, survenait une

motion donnant l'alarme, une interpellation pouvant fournir

le motif d'une latte violente, si bien que le gouvernement,

s'il avait une condescendance quelconque, semblait être sons

la pression d'une brutale menace et d'une violence.

Messieurs, quand il me faut faire un choix entre deux

fractions (^), je dois me décider en faveur de celle qui m'offre

les plus fortes garanties pour l'avenir national de l'Empire.

Je suis bien éloigné de vouloir détourner M. le député, —

comme il a semblé le croire, — le détoamer de sa politique.

Ce serait là chez moi une pensée téméraire; comment par-

viendrais-je à ce que M. le député, à son âge, et s'étant

ainsi cloué lui-même (^), malgré l'habile souplesse de sa parole,

opérât sa conversion, et comment persuaderais -je cette

grande et importante fraction (dont il est le chef)! Assuré-

(') id est les principes du parti- centre.

(') Le prince de Bismarck a eu antérieurement Poccasion d'exposer les raisons qui le firent s^allier aux libéraux -nationaux (à Torigino de la lutte politique-cléricale). — Vol. Vlll des Discours, p. 327. — M. Windthorst venait de dire, dans sa réplique: «Tant qn^il y a ud libéral- national, il y aura aussi un parti-centre.*

{^) festgenagelt dans sa position et ses opinions de parti.

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