LE PERSONNEL POUR MISSIONS CATHOLIQUES
«Le texte du procès- verbal de la commission da budget (1884), dont il a été question, s^est trouvé dans tous les journaux; il contient la déclaration du commissaire du gouvernement M. de Kusserow, assurant que dans les colonies on procéderait exactement d'après TActe du Congo. (Test sur la foi d'une telle assurance que nos amis et moi nous avons voté Tallocation demandée. Aujourd'hui cette déclaration est désavouée, et l'on dit: le commissaire n'était nullement autorisé à parler ainsi. — Or, si nous ne pouvons discuter avec des commissaires do TEmpire qui soient des représentants responsables du gouvernement impérial, alors nous n'avons qu'à suspendre toute notre activité parlementaire.
««Tai déjà reconnu, dans mon premier discours, les services des Missions évangéliques, auxquelles^ je souhaite sincèrement le meilleur succès. Mais nous souhaitons le même succès pour nos propres missionnaires. Si, par des considérations nationales, M. le chancelier croit devoir exclure les missionnaires français, je désirerais au moins la déclaration expresse que les autres Missions catholiques seront autorisées, et je demande encore une fois que pour les territoires placés sous notre protection on proclame purement et simplement les principes de l'Acte du Congo.»
Le chancelier de TEmpire prince de Bûmarek:
M. l'orateur me fait un reproche de n'avoir pas écouté son argumentation, où il a prétendu que j'aurais théoriquement accordé l'égalité de droits entre les confessions, mais qu'en pratique elle se trouverait n'être pas possible. Or, M. le député, comme je l'ai fort bien remarqué, est sorti au commencement de mon discours, et son absence a duré fort longtemps pendant que je parlais. Je l'ai regretté, mais il n'est rentré que lorsque j'avais déjà répondu à son argumentation en disant — je le répète pour lui, j'y suis forcé puisqu'il l'a contesté — en disant à son adresse: — que je ne saurais admettre qu'il alléguât en guise de raison le manque de prêtres susceptibles d'être employés aux Missions. J'ai ajouté particulièrement cette recommandation: vous pourriez envoyer là-bas quelques prêtres autrement employés ici, par exemple dans la presse. Il y a même dans ces cadres -là des ecclésiastiques qui trouveraient certainement sur le terrain des Missions un champ d'activité plus féconde
(Hilarité.)
qne n'est poar eux l'audition des discours de H. l'orateur et des miens. — Je n'aperçois pas une pénurie de prêtres qui oblige de recourir précisément à des jésuites français.
Maintenant M. Torateur a dit: de Français nous n'en avons pas besoin (pour les Missions), mais il nous faut en tout cas des jésuites. C'est ainsi que j'ai compris son discours: sans jésuites Taifaire n'est pas faisable. Là- dessus je dis: alors, elle ne peut se faire, d'après l'état actuel de notre législation. Je prie donc M. le député de reconnaître que j'ai fort bien entendu son argumentation; seulement, il était sorti quand j'ai répondu sur ce point.
Il me faut ensuite déclarer itérativement que les gouvernements confédérés ne peuvent se trouver engagés par les déclarations des commissaires (') que lorsque ceux-ci disent qu'ils font ces déclarations expressément au nom des gouvernements confédérés (^). Quand il en est ainsi et lorsqu'il y a lieu, les déclarations seront faites en général par des représentants des gouvernements confédérés plus autorisés que ne le sont les commissaires et des conseillers rapporteurs de tel ou tel ministère. Mais cette espèce de tournemoulin (^) qai s'établirait par le fait qu'un commissaire, qui n'a aucune connaissance des intentions des gouvernements confédérés, noq pas même de celles de son propre gouvernement, et qui ne peut savoir d'avance, et son gouvernement
(*) commissaires représentant le gouyemement impérial au Reich^ tag et dans les commissions parlementaires. — Les orateurs du Centre s^étaiont appuyés sur les déclarations fait-es, Tannée précédente, an sujet de TActe-général de la Conférence de Berlin, par un de ces commiasaires, M. de Kusseroiv, conseiller rapporteur au ministère des affaires étrangères. — «Je termine», disait M. Reichensi>orger à la fin de son discours, «en demandant que Ton tienne à notre égard ce que M. de Kusserow a promis, c^est-à-dire que Tarticle G de TActo du Congo soit appliqué dans toutes nos colonies.»
(^) Déjà, dans la dernière session, le chancelier do PEmpire avait do même défini le rôle des commissaires du gouvernement et la mesure de leurs pleins-pouvoirs, Vol. XII des Discours, pp. 192, 197.
(') ou double moulin, sorte de jeu où l'on est sûr de gagner.