SOUVERAINETÉ DES ÉTATS PARTICULIERS
donc réclamer la protection de TEmpire dans Texercice de ce droit, s^ii lui était contesté par Pétranger. Mais l'étranger ne conteste d'ancnne façon ce droit; il s'est mis au contraire avec Sa Majesté en relations d'amitié et de bon voisinage pour s'entendre sur l'exercice du droit de souveraineté prussienne à l'égard des étrangers.
Au lieu de cela, l'essai est tenté dans l'Empire allemand Q) d'amener un gouvernement supposé (^) de l'Empire à exercer une pression sur le Roi de Prusse en faveur de prétentions et d*intérêts étrangers. Si cette tentative était venue uniquement des députés polonais, Sa Majesté n'aurait guère jugé qu'il y eût lieu d'y opposer la grave mesure d'une protestation de la Couronne de Prusse. Les députés polonais ont exprimé trop souvent, dans le sens de l'interprétation actuelle, leurs opinions sur le droit constitutionnel allemand et son développement, pour qu'on dût les combattre autrement que par l'affirmation contradictoire dans les formes usuelles.
Si même une telle interpellation polonaise n'avait été soutenue que par la fraction démocrate-socialiste, voire aussi par les autres éléments étrangers,
(Exclamations à gauche,)
— les éléments qui, dans notre représentation nationale, sympathisent avec l'étranger, comme nous en fournit le Danemark, comme l'Alsace nous en fournit en la personne les députés francisants de la protestation (alsacienne -lorraine),
— on n'aurait pas réagi sous cette forme (du Message). La chose est devenue déjà plus grave par le fait que le cidevant parti progressiste fusionné avec les anciens membres du parti national, les sécessionnistes (^) — avec quelques-
Q) id est aa Retchstag.
C) c'est-à-dire qa^on sappose autre qaMl n^est constitotionnellement.
(') Les progressistes se sont fosionnés ayec l'aile gaache da parti libéral -national, ponr former ensemble un noayeaa parti dît freùinnig (libéral) dans le sens le plus étendu et aassi le plus yagne da mot — Sar les sécessionnistes et sur le parti freùnrmig^ v. Vol. X des Discours^ ,p,«,54,,4,3«,™.X..pp.«,».
uns du moins d'entre eux, — a apporté en tout cas un contingent essentiel aux signataires de l'interpellation. Néanmoins, en se rappellant que notre Gontitution, depuis sa naissance, n'a trouvé auprès de nos concitoyens libéraux (>) qu'un traitement de marâtre, on aurait pu encore passer sur ce fait. Mais lorsqu'un parti aussi important et aussi considéré que le Centre s'approprie — autant que nous pouvons en juger (en parcourant les signatures) — dans la totalité de ses membres présents, s'approprie et soutient une telle interprétation du droit politique, ceci donne à l'affaire un poids en face duquel une complète et formelle protestation est sans doute à sa place.
On a généralement cru jusqu'ici — et ce sont surtout les différents gouvernements confédérés qui ont eu cette croyance — posséder en ce parti un sûr appui et un soutien pour les droits qui sont assurés par la Constitution aux différents gouvernements et souverains. Si maintenant le Centre se prête aussi à entrer dans une voie où se trouve, en la poursuivant, la possibilité de développer le Reichstag en un sens unitaire (^), de façon à en faire une sorte de Convention, qui aurait la faculté, interpeUando ^ c'est-à-dire à l'aide d'une interpellation signée par la majorité, — d'appeler à sa barre les différents souverains allemands, aujourd'hui le Roi de Prusse, demain le Roi de Bavière, après -demain peut-être le grand-duc de Bade ou de Hesse, pour qu'ils se justifiassent, par l'organe de leurs plénipotentiaires officiels, de l'usage fait par eux des droits de souveraineté leur appartenant sans conteste, notamment à l'égard des étrangers, — Messieurs, c'est là un développement de la Constitution qui contrevient aux traités fédéraux sur lesquels repose le Statut constitutionnel, — un développement auquel les gouvernements confédérés ne sauraient participer, — et
(^) libéranx de cette nuance, freinnnig,
(') dans le sens d^ane centralisation de pouvoirs, au préjudice des États particuliers et de leurs droits.
LE TRAITBMENT DU CHANCELIER DE UEMPIRE. 85
conséqnemment je déclare en lenr nom qu'ils refusent de répondre à cette interpellation, et qu'ils ne prendront aucune part à la discussion dont elle pourra être l'objet.
(Applaud%8S€ment8 à droite.)
Le dépnté do Jazdaewski Tonlait immédiatement motiver son interpellation; mais M. Windthorst proposa d*effacer cette interpellation de Tordre da jour, «afin de réfléchir tranqaiUement sur ce qa^il y avait à faire en face d*ane question de cette nature». — Après quoi, Torateur se félicita de voir le chancelier de TEmpire «arriver au point de vue particulariste».
Interrompu à plusieurs reprises par le président, qui le priait de ne pas s^écarter de la question d^ordre du jour, M. Windthorst continua néanmoins de se livrer à des considérations accessoires.
«Je trouverai bien, d^ailleurs, ajouta-t-il, Poccasion de discuter les idées de M. le chancelier de TEmpire, et de montrer ce qu'il faut ou
non en retenir > — {Cette occasion^ un article du budget allait la lui
fournir tout-à-Pheure.)
— A ce moment, le chancelier de V Empire et les autres membres du Conseil fédéral quittèrent la salle. —
M. le député Richter proposa d^onvrir la discussion immédiatement snr rinterpellation. Mais la majorité de la Chambre se prononça pour Tajournement, — M <fe Jazdzewski se réservant de demander, dans une des prochaines séances, que la discussion de son interpellation fût au plnstôt mise à Tordre du jour.