SEANCE DU !•' DECEMBRE
(Suite.)
Après l'ajournement de la discussion qui devait se rat» tacher à l'interpellation polonaise (ci- dessus) , le Reichstag avait commencé la seconde lecture du budget de l'Empire. — Quand arriva le budget spécial du chancelier et de la chancellerie, M. le député Windthorst demanda la parole sur le Titre 1 de ce budget, où est inscrit le traitement du chancelier de l'Empire.
{Le prince de Bismarck était rentré à la séance,)
En reprenant la parole, le chef du parti du Centre, tout-à-Theure interrompu dans ses observations personnelles à Tadresse du chancelier, se replaça d^abord sur le terrain que cette interruption Tavait obligé
d^abandoDDer, c^est-à-dire qaMl se félicita de Donveaa de Toir le chancelier de PËmpire défendre maintenant, après les avoir si souvent combattus, «les tendances et les intérêts particularistes».
Aux cris de la Droite, qui le rappelait derechef à la question, — Porateur répondit: «Je suis parfaitement dans la question, si je prouve que le chancelier de TEmpire, pour qui nous avons à voter ce traitement, n^a pas agi comme il devait, selon moi, dans une affaire importante». — Cette affaire était celle des expulsions.
Ayant ainsi renoué d'une façon inattendue la discussion précédente à ce chapitre du budget, M. Windthorst prétendit que les expulsions en masse altéraient profondément les relations de l'Allemagne avec les deux Empires voisins, la Russie et TAutriche. De là, pour le Reichètag^ le droit et le devoir d'interpeller sur ce sujet le gouvernement impérial. D'après la Constitution, la police à Tégard des étrangers, les questions de libre établissement et de libre circulation sont en effet de la compétence de PEmpire.
L'orateur ajouta: «A-t-on peur maintenant en Prusse de défendre devant la nation entière ce qui s'est fait? Quand 30000 personnes, sans avertissement préalable, sont expulsées de leur demeure, nous avons assurément lieu de demander ici des explications sur ce sujet Les paroles de M. le chancelier n'ont produit sur moi aucune impression, et je le prierai d'avoir la bonté d'examiner encore et plus à fond cette affaire. 11 ne suffit pas de récuser la compétence du Reichstag pour étouffer une pareille question, encore moins pour justifier une mesure comme celle des expulsions. Nous ne pensons nullement à contester les droits de souverainté des monarques; ce que nous voulons, c'est que l'exercice de ces droits se renferme dans les bornes de la justice. Nous combattons le système d'hostilité contre les catholiques, qui est au fond des mesures d'expulsion. Il faut que l'on sache clairement pourquoi, en Prusse, les catholiques sont expulsés. Les hommes d'État d'autrichiens ont déclaré publiquement, je me borne à le constater, que les expulsions prussiennes ont eu lieu à cause de «dérangements dans la proportion confessionnelle des populations». Toujours est-il que les expulsés sont en très grande majorité des catholiques; je crois pouvoir même affirmer qu'il y a parmi eux 90 pour cent de catholiques. Quant aux protestants polonais, on n'en a pas expulsé. Je suis heureux qu'on les ait laissés dans le pays, mais que ce soient les catholiques qu'on expulse, c'est contre cette proscription exclusive que nous devons ici protester.»
Le chancelier de l'Empire prince de Bismarck répondit:
M. Toratenr, pour prouver qu'il était dans la question, quand il fut interrompu par les cris qui Vj rappelaient, a émis cette opinion qu'ici, alors qu'il s'agit c d'argent à allouer pour le chancelier de l'Empire», on peut bien pourtant faire