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LE MONOPOLE DE L'ALCOOL. ICI

OÙ il semble possible et sans difficulté de faire un grand

Î)a8 vers le but proposé, — c'est-à-dire sur le terrain de 'imposition de l'eau-de-vie.

cQue l'eau-de-vie soit une excellente matière imposable et qu'elle puisse fournir des recettes très élevées, répondant approximativement à la mesure des besoins — de 1 Empire et des États particuliers — qu'il est urgent de satisfaire, c'est un fait presque universellement reconnu et qui, en présence des résultats donnés par cet impôt dans d'autres pays, ne peut être contesté.

Mais, à côté de ce point de vue financier, on doit encore avoir en vue, dans la réforme de l'impôt sur l'eau-de-vie, un second but non moins important, c'est de combattre ce fléau des spiritueux, généralement déploré et condamné. Tout le monde sait quelle influence Tusage immodéré de l'eau-de-vie exerce sur la moralité et sur la situation économique des buveurs, — que cet excès cause la ruine de bien des familles et prépare l'abâtardissement des générations à venir. La rapide augmentation des funestes effets de l'alcoolisme ressort des données suivantes:

«Depuis 1881 le nombre des nouyeanx malades admis dans les hospices poor alcoolisme chronique et delirium tremens a constamment augmenté hors de toute proportion avec Paccroissement de la population. Tandis que leur nombre, en 1881, était, dans tout TEmpire allemand, de 4143 (ou 9,9 par 100 000 habitants), en 1884 il s'est élevé à 8954 (ou 19,8 par 100 OCX) habitants). Ainsi, dans Pespace de trois ans il a plas que doublé.

•Cette augmentation ne se répartit pas également sur tout PEmpire ; la plus grosse part de beaucoup échoit à la Prusse, où le nombre des cas, de 2821 en 1881, est monté à 7001 en 1884; mais dans la plupart des autres Etats confédérés le nombre des cas a également augmenté durant la même période.

«De même dans les maisons d'aliénés de TEmpire le nombre les malades soignés pour delirium potatorum indique une forte augmentation pour la Prusse particulièrement. *

«Combattre un tel fléau, qui mepace sérieusement les familles, ainsi que les communes et l'État, semble un devoir impérieusement commandé.»

L'Exposé des motifs examinait ensuite et discutait les

{principaux projets qui ont été proposés pour la réforme de 'impôt sur les alcools ; il montrait que, comparativement au monopole, ces projets sont loin d*oiFrir la même productivité financière, qu'en outre ils ne présentent pas les mêmes avantages de facilité et d'égalité au double point de vue de la perception et de la répartition, qu'enfin ils n'auraient point la même efficacité pour corriger d'une part la falsification et d'autre part pour restreindre les excès de boisson.

La première lecture du projet de monopole, au Reickstag, commença le 4 mars et occupa encore les deux séances suivantes. — Le chancelier de l'Empire n'avait pu assister à ces débats, que soutint seul M. le ministre des finances de Scholz,

Dès l'ouverture de la discussion il fut évident que les deux principales fractions qui composent, avec leurs appoints ordinaires, la majorité actuelle du Reickstag^ c'est-à-dire le Centre et le nouveau parti libéral (progressistes et sécessionnistes fusionnés), avaient déjà «fait leur siège». Le projet du gouvernement se trouvait condamné d'avance, peut-être l'aurait-il été sans phrases^ si au dehors ce projet n'eût déjà gagné une partie ae l'opinion publique, comme l'attestaient de nombreuses pétitions et Adresses en faveur du monopole. Les orateurs de la majorité avaient donc cru devoir justifier leur opposition par des discours à l'adresse et ad usum de leurs électeurs. Après quoi, on aurait pu voter immédiatement et rejeter du premier coup le projet, sans lui faire les honneurs habituels du renvoi a une commission. Mais en présence d'une question de cette importance, le procédé aurait semblé trop sommaire, et par des comidératians de forme y — que M. le député Richter regretta hautement, — la majorité voulut bien ne pas se départir, en cette occasion, des usages parlementaires.

D'ailleurs, a,u cours de la dernière séance (6 mars), M. le ministre d'Etat de Bôtticher avait fait à l'Assemblée cette communication:

«M. le chancelier de PEmpire m^a chargé d'exprimer à la haute Assemblée ses vifs regrets d'être empêché par son état de santé d'assister à la première discassion du projet de monopole. Le prince de Bismarck désirait exposer, déjà dans cette première discussion, pour quelles raisons il a ylvement recommandé an C!onseil fédéral la pro-

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