LE PARTI-PRIS DE LA MAJORITE AU REICHSTAG
par la minorité de la commission, — par exemple celle de M. Oechelhftaser (*), demandant qu'nne sous-commission fut nommée, — avaient en vue des recherches, des études de ce genre; mais la commission n'a pas jugé bon de les prendre en considération, sans qu'elle ait donné d'ailleurs les motifs de son refus.
H. le ministre des finances, en présentant le projet, avait prié le Reichstag de considérer ce travail qui lui était soumis comme une élaboration commune, pour laquelle. Messieurs 9 — dans l'intérêt du peuple allemand et de la juste répartition des charges qui pèsent sur le peuple, — vous ne voudriez pas refuser votre concours aux gouvernements. Or, d'après la marche que l'affaire a suivie, ce concours a été absolument refusé. La nécessité de notre projet, la justesse de nos données, l'exactitude de nos chiffres, vous leur avez, Messieurs, refusé tout examen. Vous en avez fini avec une surprenante rapidité. Ensuite, vous vous êtes refusés à montrer, même par une légère indication, comment pourrait être satisfait, d'après votre opinion, le besoin dont l'existence ne fait pas de doute pour les gouvernements: — le projet est la preuve qu'ils en sont convaincus.
L'essai a été fait(^); là-dessus, l'on a dit — à peu près, en d'autres termes: cnous n'irons pas nous rompre la tête pour le gouvernement et nous ne lui offrirons pas sur un plateau des projets d'impôts». Eh bien! Messieurs, j'em-
(}) V, cî-de88iiB ranaljse da rapport de la commission. — Ce mémo député, M. Oechelh&nser, dans le coars de la première discussion en séance pléniëre, avait déjà exposé tout un contre- projet et aononcé qn^il lo soumettrait à la commission, si le Reichstag en nommait une pour Texamen du projet de loi. Mais M. Windthorst le détrompa tout aossîtôt en disant avec autorité:
«M. Oechelh&user nous a fait le tableau de plusieurs projets qu^il a rintention de substituer à celui du gouvernement; mais la commission iC examiner a que le ^projet déjà présenté,»
('} Tessai d*examiner, et au besoin de modifier le projet pour le rendre acceptable sous une autre forme; -— essai tenté, comme on a vu, par la minorité de la commission.
prnnte un exemple analogue à ma pratique de chaque jour, — à mon existence ministérielle; un conseiller, mon subordonné, me présente un projet dans un but qu'il considère comme ayant pour moi un intérêt commun, et je lui dis: «Je ne partage pas du tout votre idée», — alors, c'est une affaire finie. — De même, si vous contestez le besoin (d'argent), bien! — Mais si je dis à ce conseiller: «Votre travail ne vaut rien, faites m'en un autre, faites moi d'autres propositions!» — et qu'il me dise à son tour: «Oui, mais dans quel sens? quels sont les défauts de mon projet?» — puis, que je lui réponde: «Ceci ne me regarde en rien; j'attends de vous un avis; mais lequel? ce n'est pas à moi de vous le donner; vous êtes conseiller du ministère, faites moi un autre projet, c'est votre affaire», — alors ce conseiller peutêtre se taira poliment, mais quand il aura, derrière moi, fermé la porte de mon cabinet de travail, il pensera ou s'exprimera sur mon compte
(Hilanté.) en des termes qui sont trop peu de mise dans le langage parlementaire pour que je veuille ici poursuivre plus loin la comparaison avec votre commission.
(Hilarité à droite.)
Je crois que le conseiller en question, dans le jugement qu'il portera sur mon intérêt pour notre tâche commune et sur ma politesse bienveillante, qu'autrement j'ai toujours déployée envers mes subordonnés, aura peut-être l'approbation de tous ceux qui connaîtront cet incident; — de même, je crois, les jugements que, du côté du gouvernement, par politesse, nous n'énonçons pas, mais qu'intérieurement nous ne formons pas moins, seront aussi partagés, assez généralement, par le peuple allemand, partout où l'on ne met pas les intérêts parlementaires au-dessus des intérêts de la patrie.
(Très juste! à droite.)
On joue avec nous; on joue avec nous une sorte de cligne -musette. Nous ne savons pas, on ne nous dit pas comment nous pourrions un peu améliorer un projet, on