‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 48 sur 175 · CONSOMMATION ET PRODUCTION DE L'ALCOOL · texte numérisé non relu

CONSOMMATION ET PRODUCTION DE L'ALCOOL

d'autres bienfaits, que tout-àrrhenre je caractérisais (0» doivent être accordés, — ne sera gnère nn quantum suffisant pour la Prusse.

Puis, comment agirait ce triplement de l'impôt? — son action sur la consommation serait autant dire nulle. Actuellement le litre d'alcool rapporte à l'impôt environ 15 pfennigs; il donnerait alors 30 pfennigs de plus; — ce qui n'augmenterait pas d'une fraction même de pfennig le prix d'un verre d'eau-de-vie.

Mus comment la question se pose- 1- elle pour le producteur? Prenez, par exemple, une distillerie faisant déjà partie des grandes fabriques et de celles dont la situation est meilleure, une distillerie qui consomme par an 18000 quintaux de pommes de terre, — je choisis ce chiffre simplement pour la simplicité du calcul, parce que la production d'un hectolitre d'alcool au degré voulu exige à peu près en moyenne 18 quintaux précisément de pommes de terre. Le distillateur tirera donc des 18 000 quintaux de pommes do terre qu'il brûle 1000 hectolitres d'alcool, et, aux prix actuels, il en aura de 34 à 35 000 marcs, — 36 000, dans les conditions les plus avantageuses. Sur cette production, il devra payer de 15 à 16 000 marcs d'impôt, et il lui restera ainsi, pour couvrir les frais de distillerie et ceux de la culture de pommes de terre, environ 20000 marcs.

Je ne compterai les frais de distillerie — pour addition d'orge, addition qui ne se paye jamais, parce que Torge est plus chère qu'elle n'est calculée dans le compte général et qu'elle ne s'y rembourse, — puis, pour le combustible, les salaires qui sont payés, les intérêts de tout le capital engagé, en un mot pour toute l'exploitation, pour la manipulation, pour tous les risques, -— je ne compterai, dis -je, que 10000 marcs comme frais de distillerie sur les 18000 quintaux; — et toute personne compétente, habituée à tenir les comptes,

(^) ces autres desiderata d'allégements porteraient sur les impôts qui grèvent Tagricnlture et la propriété foncière; v, suprà.

me dira que mon calcul est établi au bas chiffre. — Ces frais et Vimpôt déduits, le distillateur reçoit pour ses 18 000 quintaux de pommes de terre un prix brut de 9000 marcs, soit pour- le quintal de pommes de terre 50 pfennigs, et comme pour pouvoir brûler 18 000 quintaux, il lui faut en récolter au moins 21 000, — abstraction complètement faite de sa propre consommation, laquelle est à part^ — il ne lui reste, comme recette brute, que 40 à 50 pfennigs par quintal de pommes de terre.

Or, il est bien certain qu'à ce compte-là, avec le prix de la main-d'œuvre aujourd'hui, la culture d'un quintal de pommes de terre n'est pas possible, si ce n'est dans des conditions très exceptionnellement favorables. Ainsi, pour le distillateur le produit net qui lui reste de ses 18 000 quintaux de pommes de terre est autant dire nuL Mais actuellement il lui faut payer 15 000 marcs d'impôt, et, si cet impôt est triplé, 45 000 marcs, — payement qu'en toutes circonstances il doit faire d'avance, lors même que sa production n'atteint pas la mesure espérée. Seules, les très riches, les très grandes distilleries peuvent supporter de telles conditions; aussi l'expérience montre- 1- elle que toute augmentation de l'impôt sur la production a amené une diminution singulièrement forte du nombre des distilleries, — et cela des petites, de celles qui périclitaient. Pour les riches fabriques, les grandes distilleries des magnats silésiens, que M. le député Richter avait en vue, elles se trouvent ainsi débarrassées de leurs concurrents. Si vous doublez l'impôt, vous assumez aussi là responsabilité des plaintes de ceux qui seront ruinés par cette augmentation; — les magnats silésiens ne sont pas au nombre de ceux-là.

A côté de ceci voyons quel est le revenu marchand du débitant de boissons. Je prendrai pour base les conditions les plus simples, c'est-à-dire le prix de la campagne, tel qu'il est habituellement payé à la porte même des distilleries, dans des contrées où il y a peu de commerce, peu de concurrence et peu de buveurs, — le prix, par exemple, que

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