LES FINANCES DE L'EMPIRE
Reichstag^ qui s'appuie sur des fractions nécessairement et en principe ennemies de l'Empire (»),
(Bi^it à gauche.) qui reçoit d'elles un appui prêté avec joie, — ne peut-être considérée comme le ferme soutien de l'avenir de PEmpire, comme le soutien que j'avais cru, il y a quinze ans, trouver dans le Reichstag.
Telle étant aujourd'hui ma conviction, je cherche avec d'autant plus de zèle les éléments propres à affermir les institutions de l'Empire, ceux que tout-à-l'heure j'ai spécifiés : Tannée, les finances et la satisfaction publique. Je ne crois pas bon pour l'Empire qu'il ait de mauvaises finances, je ne crois pas bon pour lui qu'il soit réduit d'une manière quelconque à l'appui des Etats patricnliers, à lenrs contributions matricnlaires. On s'est servi de cette expression dédaigneuse: les Etats particuliers ne doivent pas être les «pensionnaires de l'Empire». Eh! mon dieu! ils ont bien été les pensionnaires du beaucoup plus modeste ZoUverein; ils sont aussi ceux de l'Empire de par la \(A'H%iene(^)y et c'est la même nation qui en vit.
Je trouve parfaitement arbitraire cette méthode de personnifier les formes sous lesquelles l'Empire se présente, de les personnifier comme individus ayant entre eux des intérêts
(') guelfes, Polonaia, Alsaciens, socialistes.
(') Loi prussienne y da 14 mai 1885, proposée par M. le dépoté de Huene et yotée par le Landtag.
En yertu de cette loi, la part afférente à la Prusse dans les recettes de rSmpire, spécialement produites par les droits de douane sur le grain et le bétail, doit être >- sauf un prélèvement de 15 millions de marcs, — non pas employée à des dépenses générales de TËtat, mais affectée à celles des «Unions de communes» (Cercles) suivant les dispositions de la dite loi.
— Cette loî-Hueno dérive de la loi de TEmpire du 9 juillet 1879, qui porte: «Le produit des douanes et de Pimpôt sur le tabac qui excédera la somme de 130 millions de marcs en une année, devra être remis à chacun des Etats confédérés au prorata du chiffre de population suivant lequel cet Etat est taxé pour les contributions matricnlaires». (r. la discussion de cette loi Vol. VIII des Discours ^ p. 321 et auiv.)
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différents. Que ce dont la nation allemande a besoin pour manifester son existence politique, se présente sous la forme de taxes ou communales, ou de TÉtat particulier, ou de r£mpire, c'est complètement indifférent; la seule question est de savoir où et comment la chaîne peut se porter plus commodément. Et le plus commode c'est de la porter sous la forme des taxes indirectes, dont les gouvernements ont remis dans le temps avec pleine confiance les clés au Reichstag.
Maintenant on se demande: le Reichstag a-t-il répondu à cette confiance avec laquelle les gouvernements, il y a quinze et vingt ans, lui ont livré les sources de recettes les plus importantes de leurs États? Là-dessus je ne veux pas porter de jugement. De ce que j'ai dit précédemment ressort d'elle-même mon opinion. Je suis du moins convaincu que ceux qui souffrent de la continuation du présent état de choses, que ceux qui sont saisis par le fisc, que ceux qui doivent payer d'injustes impôts, que les communes, qui ont à supporter des charges intolérables, que les fonctionnaires, qui dépérissent (*), — partageront l'opinion que la conduite du Reichstag n'a pas répondu à la confiance avec avec laquelle lui ont été remises les clés des principaux revenus.
Il est vivement à souhaiter que de plus puissantes individualités, comme le Roi de Prusse, n'arrivent pas aussi à avoir ce sentiment que les sacrifices qu'elles ont faits en retirant de leur propre main leurs immunités pour les mettre dans celle de la majorité du Reichstag^ — de la majorité tout-à-l'heure dépeinte par moi en sa composition,
— que ces sacrifices ne soient pas regrettés de ce côté -là. Si le roi de Prusse ou de Bavière ou de Saxe devait se repentir des sacrifices faits par lui à l'Allemagne tout entière . . .
— eh! Messieurs, chez un Roi qui aime son peuple, de cet amour ne se séparent pas le besoin et le désir de regagner
{}) Par saitc de rinsnffisancc de lears traitements, — insoffisance reconnue même par les membres les plas avancés de l'opposition.