‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 58 sur 175 · LES DROITS DES ÉTATS PARTICULIERS · texte numérisé non relu

LES DROITS DES ÉTATS PARTICULIERS

affirme qu'il n'y a rien à craindre , et quand je dis de mon côté : je vois quelques points noirs, — je m'attends parfaitement à ce que, du moins dans tous les cercles progressistes, on en croie M. le député Richter; car il est là une autorité née. Je ne puis faire autre chose que ce que je dois, que mon devoir; quant à ce qui s'en suit, cela m'est tout-à-fait indifférent; et si M. Richter, par son discours, a chassé les réflexions que j'avais essayé de faire naître sur notre situation, il faut que j'en prenne mon parti, — je ne peux l'empêcher.

M. le député Richter a dit ensuite que si jamais les princes, — parce que leur attente ne serait pas remplie par la majorité du Reichstag et surtout par la politique telle que M. Richter la suit, — que si jamais ils avaient l'audace d'essayer — par la voie que l'on sait, la voie guelfe et polonaise du progrès légal (^) — de rentrer en possession de leurs droits, ce serait là une chose révolutionnaire et absolument impossible. Ceci a été proclamé avec une singulière emphase, avec un haussement de voix particulier. Messieurs, reportons nos regards sur les leçons de l'histoire, et de l'histoire même que nous avons tous vécue. Qu'est-il donc arrivé en 1866, sinon que les princes qui voyaient leurs droits méconnus, — en première ligne le Roi de Prusse, — entreprirent, aux applaudissements de tous les Allemands, du moins de la majorité d'entre eux, d'abolir le régime qui avait subsisté jusque-là et d'établir d'autres institutions? Le Roi de Prusse, de son côté, a du moins le mérite au premier chef d'avoir créé cet Empire, et il est le premier à pâtir de la politique de l'Empire que j'ai représentée et soutenue, à en souffrir dans' la mesure où il compatit aux soufTrances de ses sujets prussiens.

Parlant de la surcharge des impôts, M. le député nous

Q) V. VoL Xn des Discours^ p. 437. — Les guelfes et les Polonais disaient tonjonre qa*ils ne veulent arriver à leur bat (restauration hanoyrienne ou polonaise) que par les voies légales, — v, aussi sur le même sujet: Chambre des députés, séance du 29 janyidr 1886; infrh,

a reproché d'être les auteurs de cette surcharge. Je l'accnse à mon tour de ne pas vouloir l'alléger. La surcharge d'impôts existe dans nos communes rurales et dans nos villes prussiennes ; M. le député Richter devrait le savoir, et vraisemblablement aussi il le sait; je Taccuse donc devant le pays de ne pas vouloir prêter la main à alléger la surcharge d'impôts qui pèse sur ses propres électeurs dans les

communes,

et au contraire de combattre, dans Tintérêt des cabaretiers,

tout allégement.

Aujourd'hui, il nous a dit que ces cabaretiers sont proprement les soutiens du parti conservateur ('). En ce cas, M. le député Richter est un bien noble politique, qui aime ses ennemis, quand il prend les débitants de boissons sous sa protection et sous son égide, comme il l'a fait. Ces courtiers électoraux de ses adversaires, M. Richter les a défendus — non pas tant aujourd'hui, mais dans la première discussion — avec la même énergie et le même dévouement qu'il a déployés, dans le temps, pour la défense des chemins de fer privés contre le rachat par l'Etat. Il avait mis à la disposition de ces chemins son éloquence. Nous remportâmes sur lui à cette époque. Peut-être y réassirons-nous encore cette fois, sinon tout de suite, du moins plus tard.

M. le député Richter a critiqué les représentants du Conseil fédéral qui ont paru dans la commission; il dit n'avoir jamais rien entendu qui fut plus légèrement dit que les discours prononcés là par ces messieurs (^). Peut-être

(^) tM. le chancelier de TEmpire a parlé des cabaretiers et de leur influence politique. Messieurs, M. le chancelier se trompe sur la véritable influence des cabaretiers, qui partout sont les soutiens du parti conservateur {Exclamations)^ et cela en grande partie par crainte de la police.» {Discours de M, Richter,)

ij) «Je n'ai de ma vie entendu, pour soutenir un projet du gou- Ternement, des discours aussi légers que ceux qui ont été prononcés par ces messieurs dans la commission ...» {Ibid.)

— Dans une dernière réplique, à la fln de la séance, M. Kichter

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