‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 64 sur 175 · PROLONGATION DE LA LOI CONTRE LES SOCIALISTES · texte numérisé non relu

PROLONGATION DE LA LOI CONTRE LES SOCIALISTES

qui se tiennent derrière les dépotés démocrates-socialistes, commencent à demander à leurs représentants une participation sérieuse aux travaux des pouvoirs législatifs, notamment à la solution législative des problèmes politiques- sociaux de notre temps.

«Il faut conserver Pespoir qu^en présence du sérieux de ces diverses tâches, les tendances révolutionnaires, chez les chefs mêmes du parti, reculeront peu à peu au dernier plan, — sinon, les masses qui aujourd'hui suivent ces chefs aveuglément, arriveront à reconnaître qu'il n'j a pour elles rien de bon à attendre d'un changement violent des institutions politiques et sociales maintenant existantes.

«Mais ce serait une illusion de croire que déjà ce moment soit arrivé ou même qu'il approche. C'est pourquoi les gouvernements confédérés ne peuvent de leur côté prendre la responsabilité de rouvrir aujourd'hui la porte aux agitations du parti de bouleversement, en renonçant aux pouvoirs extraordinaires qui leur ont été confiés.

Par ces considérations se justifie le projet d'une nouvelle prolongation, pour cinq années, de la loi contre les tendances dangereuses de la démocratie-socialiste.»

Première lecture du projet de loi^ — 18 et 19 février 1886.

La discussion fut ouverte par M. le député Mayer^ qui, au nom de ses amis, représentant comme lui le parti du peuple (démocratie du Wurtemberg), déclara que ses principes ne lui permettaient d'accepter aucune loi d'exception; en conséquence son groupe voterait contre la prolongation de la loi anti-socialiste.

Après lui, M. Bebely démocrate-socialiste, occupa tout le reste de la séance par un discours, où les conservateurs, les libéraux-nationaux et même le parti-Centre étaient tour à tour fort peu ménagés. — L'orateur conclut en ces termes:

«Vous voulez. Messieurs, nous anéantir; vous n'y êtes pas parvenus et n'y parviendrez jamais. Soyez certains, au contraire, que notre parti, dans son développement futur, ira toujours en se fortifiant. J'ai la conviction que lorsque le dernier père de la loi contre les socialistes aura été rejoindre ses aïeux, non seulement la démocratie - socialiste existera encore, mais fleurira et prospérera. Vous pouvez nous opprimer, mais nous serons vos vainqueurs!»

Le lendemain, 19, l'Assemblée entendit d'abord un député progressiste, Dr. Meyer (Halle), contre la loi, — puis M. le ministre de

rintérienr de Puttkamer, qui défendit le projet, et prouTE par les faits combien il était nécessaire de maintenir en vigaenr la loi de 1878. Sans être d^nno efficacité absolaê contre Tagitation socialiste, dn moins cette loi Tempêchait de se propager, comme il arriverait sans ancnn donte si le parti da bonleyersement politique et social se troQTait libre de tonte entrave.

Sontenn par les applaudissements de la Droite, M. le dépnté Dr. de Schlieckmann se prononça énergiqnement en favenr du projet — Le chef dn parti -Centre, M. Wmdtharst^ prit ensuite la parole et refit à peu près le discours que, deux ans auparavant, il avait prononcé sur le même sujet; s^il ne rejetait pas la loi, du moins voulait-il j apporter certains adoucissements; d^ailleurs il persistait à nier Tefficacité de cette loi répressive; suivant lui, les classes laborieuses ne peuvent être ramenées de leurs égarements que par la foi chrétienne, par réducation religieuse • . . 0)

Suivirent deux autres orateurs: M. le Dr. Marquardsen^ libéralnational, favorable au projet, et M. Oeiser, député démocrate- socialiste.

— Apres quoi, la discussion fut close et le projet du gouvernement renvoyé à une commission de 21 membres.

vn.

La commission tint quatre séances, dont la première fut consacrée à la discussion générale du projet, et les trois autres à celle des articles. Tout Tintérêt de cette discussion spéciale porta sur les amendements présentés par M. Windthorst, lesquels, de Taveu de leur auteur, avaient pour but (Tadoucir essentiellement et (Taffaiblir la loi contre les socialistes. Ces adoucissements étaient apportés aux prescriptions ou interdictions de la dite loi qui concernaient: 1® le droit de réunion, 2^ la presse, 3® la composition de la commission dVppel, 4® ce qu^on appelle le petit état de siège y considéré au double point de vue de ses circonscriptions et de ses conséquences. — Finalement, M. Windthorst proposait que la prolongation de la loi ainsi modifiée fot accordée par deux ans seulement au lieu de cinq

La commission avait d*abord adopté ces propositions de M. Windthorst par 12 voix contre 7, mais lorsqu^on en vint au vote définitif, le projet tout entier fut purement et simplement rejeté par 1 1 voix contre 5.

Seconde lecture du projet de loi^ — séance du 30 mars 1866.

M. le député Fritzen, dans un rapport verbal, résuma sommairement les travaux de la commission, — et conformément an vote de celle-ci, proposa de rejeter le projet du gouvernement.

(*) V. Vol. XI. des Discovrs^ p. 95-96, Tapalyse des discours déjà prononcés en 1884 par MM. Bebel et Windthorst.

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