LA POLOGNE PRUSSIENNE EN
ment à conserver ce pays à la patrie prussienne, mais aussi à faire qu'il soit bien pensant, c*est-àdire animé de sentiments allemands.
Je lirai encore une page qui me semble particulièrement significative et qui est déjà comme un prélude aux mesures que nous prenons aujourd'hui:
Dans le grand-duché de Posen se trouvent quelques centaines de nobles polonais grands -propriétaires, lesquels avec leurs biens ('), avec leur suite de mendiants, de petits gentilhommes polonais, de maires de villages, d'intendants et domestiques, composent quelques milliers de têtes qui sont le mauvais élément de la province,
— dit le général de Grolmann —
et dont Téloignement, peu à peu, serait essentiellement utile, car des générations passeront encore avant que leur nature polonaise se soit transformée en celle de citoyen prussien.
(Très bien! du coté des Polonais.) Comment débarrasser la Prusse de ces hommes dangereux sans commettre d'injustices? — le Mémoire ciannexé développe à cet égard quelques idées qui me semblent mériter d'être prises en considération, et que par cette raison je joins ici. Il n'est pas douteux assurément que si la Prusse, pendant les quinze dernières années, avait employé à acheter des biens de propriétaires polonais les sommes considérables que nous ont coûtées les mesures prises contre l'insurrection polonaise ('), le grand-duché de Posen ne fût devenue une province prussienne toutà-fait sûre, au lieu qu'à présent nous serons obligés, par tout événement imprévu, et peut-être dans des
(}) id est avec les gens qui vivent sar leurs biens. (') 1830-31.
conditions bien pires que jusqu'à ce jour, — de faire des sacrifices encore beaucoup plus grands . . . etc.
La pièce — comme vous en jugez déjà par ce petit échantillon — n^est pas de nature, en raison de sa forme polémique tranchante, à permettre une entière publication, mais je communiquerai prochainement à la presse ce qui peut en être publié sans incivilité envers des personnes vivantes (^). Je renonce donc à poursuivre ma lecture.
(') Ces extraits D^oot pas été jasqa^ict commnniqaés à la presse; mais la Gazette de Silésie (2 février 1886) a publié des fragments très étendas d*aii Mémoire da président-sapérienr de la province de Poscn, de FloUwell, daté de 1841.
De Flottwell, an des administratears et hommes d'Etat prussiens les pins éminents, président- supérieur de la province de Posen de 1830 à 1841, fut appelé an ministère des finances en 1844, et au ministère de Pintérienr en 1858; — mort en 1865. ^ Les idées développées dans le Mémoire du général de Grolmann sont celles mêmes auxquelles est resté attaché le nom de politù/ue • Flotttrell.
Lorsqu'on 1841, de Flottwell exposa personnellement, dans le Mémoire précité, la situation et les besoins de la province qu'il avait administrée pendant onze années consécutives, il mettait en première ligne la nécessité «de resserrer et d^afferroir l'union de Posen avec TÉtat «prussien, en écartant peu à peu les penchants particuliers, les habî- «tudes et les tendances contraires à cette union, et en faisant pénétrer «de plus en plus dans les relations matérielles et intellectuelles de la «population les éléments de la vie allemande». — C'était principalement par les progrès de l'instruction que ce but pouvait être atteint.
Venait ensuite un tableau peu flatteur de l'action exercée dans la province par les chefs du clergé catholique, «fanatiques et hostiles à l'État» pour la plupart. — L'auteur du Mémoire ajoutait: «L'influence «la plus directe de ces sentiments du clergé se fait sentir sur les femmes «de la noblesse polonaise, très portées au fanatisme, et s'étend, ce qui «est encore plus regrettable, sur Téducation domestique au sein des «familles. . . . Quant aux nobles polonais, possesseurs de terres, la plu- «part ont pris part directement à la révolution polonaise, et soit par «une erreur de patriotisme, soit par vanité, appelés à être les coryphées «de la nationalité polonaise, ils sont par suite toujours prêts à la re- «présenter et à la défendre....*
La dernière partie du Mémoire -Flottwell traite spécialement de P acquisition par PEtat de biens-fonds polonais:
«Four augmenter le nombre des propriétaires fonciers intelligents «et en même temps sûrs au point de vue des sentiments politiques, une «ordonnance royale, du 13 mars 1833, a prescrit d'acheter pour le