LES REFUGIES POLONAIS EN ALLEMAGNE
de nos années au retour de guerres victorieuses et justes; mais à peine était-elle aussi chaleureuse que l'ovation faite dans chaque ville allemande i ces fagitifs polonais,
(Exclamations.) qui, nullem^t désarmés par un tel accueil, — je lenr ai parlé à eux-mêmes, — n'en persistaient pas moins dans leurs tendances hostiles à TÂllemagne et aux Allemands.
Je me rappelle que parlant par hasard avec un de ces messieurs des réminiscences slaves que trahissaient encore les noms de plusieurs localités dans mon pays natal, comme un reste des anciens temps wendes(*), — il me dit •— la conversation se tenait en français — : attendez ^ noua leur rendrons {*) bientôt leurs noms primitifs.
Vous trouvez dans les proclamations également des révolutionnaires de 1846 et 1863 la confirmation de ceci: — c'est-à-dire que les restaurateurs de la Pologne ne renoncent pas même à une seule dépendance (de l'ancien Etat polonais); — la voîvodie de Poméranie fait partie do ces dépendances tout aussi bien que la Pomérellie, et la Pomérellie exactement comme Varsovie.
J'ai déjà rappelé quel grand accueil, en 1848, les habitants de la capitale allemande actuelle avaient fait aux Polonais. Il me souvient que mêlé au public, je vis, au coin de la rue Charlotte et des Tilleuls, défiler Tenterrement des combattants tués dans les journées de mars, et qu'au milieu du cortège, dans une voiture richement décorée, — et vêtu d'un pittoresque costume polonais, le tout assez peu d'accord avec une solennité funèbre, se tenait Mieroslawski (''), le
(*} Wendes, Venèdes, Vindiles, Vandales, grande division de la race slave; ils occupèrent diverses régions de Tancionno Germanie, dopais la Baltiqne jasqa^aux Alpes camiques et illyriennes, parlicalièrement le Brandebourg, la Poméranie^ la Saxe, la Silésio etc. .
(') sons- en tendu: à toutes les autres localités.
(*) général Mioroelawski ; en avril et mai 184S il commanda Tîn- Borrcction polonaise de Poson. — Lorsque la Pologne russe se souleva de nonveau en 18C3, le gouvernement provisoire de Varsovie appela Mieroslawski à la dictature. — An l«r Volume des Discours du prince
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véritable héros du jour. Son apparence — et rhonimo avait fort bel air, je puis vous l'assurer —
(HilarUé,) faisait presque plus d'impression sur les Berlinois, occupait presque plus les esprits que la vue du Roi, qui exprimait aux yeux l'idée que la Prusse devait s'absorber dans l'Allemagne (^). Ainsi la nationalité allemande s'eifaçait alors complètement, bien qu'elle fût représentée par les sommités les plus hautes de la nationalité prussienne.
Un peu plus tard encore, quand je siégeais déjà, comme ministre prussien, à cette place, les . sympathies pour la Pologne s'affirmèrent avec la plus grande force. — Il y aura, le mois prochain, juste vingt-trois ans que j'eus à soutenir, ici même, des débats sur la Pologne, dont la vivacité, je l'espère, ne sera pas atteinte par ceux d'aujourd'hui ('). J'étais, à cette époque, récemment rentré de l'étranger et j'avais accepté de me charger du ministère, principalement afin de prêter mes services à Sa Majesté le Roi dans la lutte pour la monarchie contre la prédominance que prétendait alors le parti progressiste. Si en outre j'avais accessoirement un autre but encore, personnel et positif, c'était celui de servir autant que possible, dans cette très influente situation, le développement de la nationalité allemande.
(Applaudissements.)
Les publications qui ont paru depuis lors sur mon rôle
do Bismarck (dans la discussion relative anx affaires do Pologne on 18G3) il est fait mention, à plnsiears reprises, de ce général polonais, pp. 51, 64.
0) quelques jours ayant cette cérémonie funèbre, où triompha Tagitateur polonais, le Roi Frédéric-Guillaume IV, accompagné de sa maison militaire, avait parcouru Berlin, portant les couleurs allemandes (le tricolore noir, jaune ot rouge).
(') débats sur la convention conclue entre la Prusse et la Russie à propos do Tinsurrection polonaise en 1863. — Cette convention était attaquée d^autant plus violemment par les progressistes, à la Chambre des députés prussienne, quMls en ignoraient la teneur, le ministère persistant à tenir ce traité secret; — v. le 1er Volume des Discours^ pp. 54, 62 et suiv.