‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 83 sur 175 · LA QUESTION POLONAISE EN · texte numérisé non relu

LA QUESTION POLONAISE EN

n'était pas possible qnMl en fût ainsi. Car notre situation n'est plus exposée comme elle l'était à l'époque dont je parle; nous avons aussi maintenant plus d'amis à l'étranger. Mais je dois cependant rappeler qu'en réalité les principaux arguments qu'ont fait valoir nos adversaires au Reichstag, étaient empruntés aux discussions parlementaires d'une puissance étrangère, puissance amie il est vrai, mais toujours étrangère, l'Autriche; c'était comme un écho, un écho adouci des débats de 1863 Q). Aujourd'hui, les temps sont en somme devenus meilleurs.

(Hilarité.)

Un autre télégramme de Londres, daté du 23 février 1863, disait:

c L'opinion publique est de plus en plus excitée en faveur de la Pologne, et même les amis de la Prusse regrettent vivement l'appui qu'elle prête à la Russie. Le langage des feuilles françaises, notamment du Constitutionnel^ effraie ici dans le public et fait craindre une intervention de la France. Aujourd'hui, une interpellation est faite de nouveau à la Chambre des communes.»

Je vous lis ce télégramme pour que vous puissiez apprécier complètement la disposition d'esprit où je me trouvais quand j'eus à combattre id, à cette époque, les attaques faites dans l'intérêt de la Pologne.

J'ai encore là un rapport de Paris, daté du 5 mars suivant, dont je vous lirai seulement les premières lignes:

« Déjà depuis quelques jours on ne pouvait plus douter que l'essai tenté par la France, — et considéré déjà comme fait accompli dans la presse d'ici, — de concerter avec l'Autriche et l'Angleterre une

Q) M. Windthorst, on particulier, avait soutena que ces expulsions altéraient profondément les relations avec les deux empires voisins, la Russie et TAutriche, et s^était surtout référé à certaines déclarations parlementaires autrichiennes.

action diplomatique collective contre la Prusse, à l'occasion des conventions conclues par le gouvernement royal avec la Russie, — que cet essai n'eût échoué ...»

— échoué, et cela contre la résistance de l'Angleterre! — Ici j'ai en outre des communications que nous avons adressées sur ce sujet aux gouvernements allemands; je ne les lis pas; peut-être en donnerai-je copie à la presse.

Il me reste à citer quelques exemples qui confirment ce que j'ai dit sur l'analogie de la situation d'alors avec celle qui s'est actuellement présentée au Reichstag. Dans l'intervalle, vingt- trois années de civilisation politique ont passé sur nos têtes, et nous ne sommes plus d'aussi méchante nature qu'en ce temps -là. Ainsi, par exemple, un député, encore vivant et agissant parmi nous, M. le Dr. Yirchow, tint à cette époque un discours, qui d'un bout à l'autre se réfère uniquement à ce qui se passait à l'étranger, aux c communications» que nous avions reçues soit par le parlement anglais, soit par la voie indirecte du sénat français (*),

— aux déclarations en apparence authentiques des gouvernements anglais et français, — aux articles du Times et aux dépêches officielles que, dans l'intervalle, le gouvernement français avait publiées. — Dana ce discours, il était dit (^) :

«En face des attaques du Moniteur (prussien) et des feuilles officieuses, il n'est assurément pas sans importance pour nous d'apprendre de Londres comme de Paris qu'à un moment où M. le ministre-président niait encore avoir reçu des représentations quelconques de la part des gouvernements étrangers, — l'ambassadeur d'Angleterre a fait des représentations, et que l'ambassadeur de France eut ordre de prendre position contre le Cabinet prussien.»

(}) c.-à-d. ce qne le public apprenait par les informations qae les ministres anglais et français donnaient à leurs Chambres sur l'état de la question polonaise.

(^) L^analyse de ce discours de M. te Dr. Virchow se trouve dans le l*r Volume des Discours^ p. 63.

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