RAPPEL DES DEBATS PARLEMENTAIRES EN 18G
Il ïoe faut cependant — parce que cette revue rétrospective des événements de 1863 ne sera pas sans eifet sur le jugement que Tattitude actuelle de certains partis trouvera dans le pays, — il me faut citer encore quelques autres opinions émises en ce temps-là.
Ce fut alors que le député de UnruhQ) . . — le même qui, en face de moi, précédemment, lorsque j'étais Envoyé de Prusse à Saint-Pétersbourg, m'avait dit dans un entretien conGdentiel ce mot: «Pour avoir un parlement allemand nous accordons tous une dictature»; — je crois que par là il entendait la sienne même; —
{Hilarité.) plus tard, lorsque nous eûmes le système (d'un parlement allemand), la dictature ne m'a jamais été offerte.
(Hilarité.)
M. de Unruh disait donc (à la Chambre):
«M. le ministre-président a refusé de répondre à l'interpellation; nous avons cependant suffisamment lieu et sujet de discuter ici une question si brûlante. ...»
— je n'ai nul besoin de répéter toutes les injures qui m'ont été dites, mais il en est une toujours digne d'attention pour certains messieurs qui font de la politique; — je cite:
(}) Daos la discnssion sur la convention prasso - rasse , le dépatô de Unraha) avait fait entendre, aaz applaudissements de la majorité, que si par suite des mesures que le gouvernement avait prises pour la protection de la frontière prussienne, des complications extérieures venaient à se produire, la Chambre refuserait au Roi les moyens nécessaires pour la défense du pays.
Le ministre-président de Bismarck, répondant à ces paroles, disait: «Cela équivaut à dire à Tétranger: venez, le moment est favorable, la Prusse. ...»
C*est là-dessus qa^éclata la scène violente, rappelée un plus loin par le prince de Bismarck {v. la note 1, p. 219).
n) le député de Unruh était on do ceux qui avaient attaché leurs noms au refus do Timpôt en 1848.
c La politique russe a la vue très loDgae, et par
là se distingue malheureusemeut de la politique
prussienne.»
(Hilarité.)
Or, les deux politiques russe et prussienne s'étaient précisément unies en cette occasion, et le germe de leur union nous a été plus tard fort utile sous plusieurs autres rapports.
Maintenant, pour caractériser le ton sur lequel on disentait à cette époque, je citerai seulement une parole, que je me rappelle, du député Waldeck(*); — sans doute, de mortuis nil nisi benè; mais vraisemblablement feu ce député tenait pour bon ce qu'il a dit; — il s'exprimait ainsi, dans cette enceinte:
«Celui à qui le fait que la Prusse fasse le service de gendarme pour la Russie, ne met pas au front la rougeur de la honte, n'est pas digne d'être Prussien.»
— par ces mots-là j'étais jugé!
(HUanté.)
Tout cela — rappelez-vous. Messieurs, la manière dont pareilles choses étaient dites, le ton sur lequel on les disait
— tout cela faisait ici une impression foudroyante — pour mes amis peut-être, pour moi personnellement, non.(-)
(Hila7^té.)
(I) alors, député progressiste de Berlin. — v. Panaljse du discours ici rappelé, 1" Vol. des Discours, p. 67.
(^) Quelques autres traits empruntés à ces débats de 1863 donnent un spécimen de réloqucnce parlementaire à cette époque:
— Le députe de Ilennig: «Imaginez, Messieurs, M. de Bismarck ministre-président et une Chambre anglaise! Cela s^ajusterait comme le poing sur Toeil; mais je peux croire que M. de Bismarck aurait le rôle de Vœil, ...»
— Un des orateurs éminents de TÀssemblée, M. le Dr. Simson^ plus tard président du Reichatag^ aujourd'hui président du tribunal supérieur de VËmpire à Leipzig, comparait les membres du ministère à des danseurs de corde.