LES DEBATS PARLEMENTAIRES EN
Je ne me suis pennis alors de me défendre qu'avec des armes émoussées, parce qne je ne voulais pas engager de querelle inutile sur les aiFaires extérieures; et je ne vous lirai rien de mes réponses.
— C'est en ce même temps qu'eut lieu le litige sur la question du pouvoir présidentiel de la Ciiambre(*), relativement au droit d'interrompre le ministre -président. Le député Behrend (de Danzig) occupait alors le siège de la présidence. —
Je me bornai à représenter qu'en face de difficultés extérieures, — peut-être, au jugement même de ces messieurs, l'injure que l'on profère contre les ministres de son propre pays pourrait se renfermer dans de certaines limites. Sous ce rapport les avertissements, venant même de leurs amis, n'ont pas manqué à ces messieurs de la gauche. Notamment, le député de Vincke(^) prononça un maître- discours, que se rappellent encore tous ceux qui ont connu l'orateur. Il y exprimait bien le vœu de voir ce ministère (celui d'alors) céder la place, sans qu'il eût lui-même la pensée
{}) Lorsque M. de Bismarck répondait au député de Unruh (cité plus haut), il fat interrompu par les cris: à Pordre! Le président de la Chambre, M. Behrend, lui maintint cependant la parole, mais en laissant entendre quUl se réservait, au besoin, de le rappeler à Tordre. — M. de Bismarck ayant formellement contesté ce pouvoir disciplinaire de la présidence à Pégard des ministres, le président de Behrend soutint son autorité présidentielle et prétondit même avoir le droit d^intorrompre le ministre. — Nouvelle protestation, tumulte général et menace du président de lever la séance. Cest à grand^peine que M. de Bismarck put continuer son discours. (Vol. 1er des Discours, p. 49.)
C) Le baron de Vincke, antérieurement le chef de Topposition libérale, n'était plus des lors, en face de la majorité progressiste, qu'un simple doctrinaire constitutionnel. — Dans la discussion dont il s'agit (27 février 1863), il avait très nettement rompu avec la Gauche, dont les sympathies se manifestaient visiblement pour l'insurrection polonaise.
•Pour me résumer», disait-il en finissant, «je souhaite que, sans aucune entrée de nos troupes en Pologne ni des troupes russes en Prasse, la Russie soit d'ailleurs favorisée autant que possible, afin qu'elle pnisse réprimer au plustôt une insurrection dangereuse pour la Prusse; en un mot je souhaite que le gouvernement agisse dans l'intérêt de la Prusse et sans compromettre l'honneur de la Prusse.»
de prendre la succession ; mais sur la question même il cita certaines paroles d'adversaires ministériels, il les cita d'une manière qui fait le plus grand honneur à la rectitude de son jugement politique; il disait:
«Par ce qui s'est passé précédemment (dans ces débats) nous sommes en état de savoir à peu près ce que ces messieurs —
— c'est-à-dire les Polonais —
«pensent sur ce sujet.
«Je me permettrai de citer un membre qui dernièrement, lorsque fut discutée l'interpellation, s'est placé en première ligne, c'était le député Kantak (*). Il nous a dit, dans une précédente discussion:
«Maintenant, Messieurs, ce qui est notre solution, à nous, ce que nous avons dans le cœur, dans l'âme, dans le sentiment et aussi dans l'espérance, permettez, c'est notre affaire, — quand ce serait même la Pologne avec ses frontières de 1772. Personne ne saurait nous en faire un reproche. »
— À mon regret, dans les dernières discussions du Reichstag, ces paroles, précisément, d'un Polonais ont trouvé leur confirmation dans la bouche de M. le député Windthorst. Celui-ci disait, le 16 janvier 1886, — non pas 1863 — :
«Si Ton défend ainsi de semblables mesures ('), alors nous avons certainement fait bien du chemin. Nos compatriotes polonais sont-ils donc mis en dehors du droit public? N'ont-ils pas, aux termes des traités, en vertu desquels ils font partie de notre Etat, le
(') député polonais qui avait signé avec son collègue Chlapotrski, une première interpellation, portant sur la situation exceptionnelle dans le grand-duché de Posen. (1er Volume des Discours, p. 41.)
(^) c. à d. Tex pulsion de Polonais russes et autrichiens des provinces orientales prussiennes, (o. ci-dessus, p. 79 et suiv.)