‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 87 sur 175 · LA QUESTION POLONAISE · texte numérisé non relu

LA QUESTION POLONAISE

droit de faire ce qu'ils font et de s'efforcer d'obtenir ce qu'ils souhaitent?»

— ainsi donc d'obtenir la Pologne de 1772! —

(Protestations au Centre et de la part des Polonais.)

Je continue, Mesrieurs, à citer les paroles de M.Windthorst:

«La chose est simple: de tout ce que vous désirez, de tout ce à quoi vous tendez,

— de tout^ pénétrez-vous bien de ceci —

«de tout cela vous ne pouvez rien réaliser par des voies illégales;

— précisément comme les Guelfes —

«mais que vous pensiez d'ailleurs à votre ancienne patrie et que vous souhaitiez sa restauration, personne ne peut vous l'interdire;

(au Centre: Très juste!) et je dois protester pour ma part contre des excès du sentiment national allemand comme ceux qui se sont produits ici.»

— sentiment national allemand! A mon regret nous ne sommes que bien rarement arrivés à avoir ce sentiment; je me réjouirais si je remarquais en Allemagne un certain tapage et quelque agitation (^) dans ce sens-là

(HilaritéO mais jusqu'à présent ça ne m'est pas encore arrivé.

M. le député Windthorst accorde donc ainsi aujourd'hui ce que M. de Vincke n'accordait pas à l'époque dont je parle, bien qu'il fût mon adversaire personnel (*) ; il trouve que rébus sic stantibus on ne doit pas s'étonner de pareilles choses. Je me rappelle que, dans une discussion au Reichstag

Q) Ein gémisses Rumoren und Radschlagen; expressions familières: Rumoren, tapage d^cnfant; Radschlagen^ action de faire la roae; — on poarrait traduire: si j^entendais quelque sabbat, et si je voyais quelque remuement en ce sens- là.

(-) principalement au temps où M. de Bismarck était député (1847-1851).

relative à l^attentat Knllmann sur ma personne (0, M. le députe Windthorst s'exprimait à peu près de la même façon ; — je ne Foublie pas; que ma vie et ma santé soient à quelqu'un si parfaitement indifférentes, cela me cause toujours une impression,

(Hilarité.)

et j'ai toujours conservé un souvenir de ce moment- là. — M. le député Windthorst disait alors — il se rappellera bien lui-même ce qu'il a dit, et d'ailleurs le compte-rendu sténographié l'attestera — :

«quand quelqu'un se comporte ainsi, on ne doit pas s'étonner si fort de pareilles conséquences.»

(HUarité à droite.)

C'est donc à peu près la même chose.

Je reviens au discours de M. de Yincke, qui continuait en ces termes:

«Si ce que vous venez d'entendre n'était pas encore assez net pour nous, je vous citerais encore un autre membre éminent, qui, je le regrette profondément,

(') Kullmann, onvrier tonnelier, do la province de Saxe; — le 13 juillet 1874, aux bains de Kissingen, il tira un coup de pistolet sur le prince de Bismarck et le blessa à la main.

Parlant incidemment de cet attentat, au Rekhstag (4 décembre 1874), le prince do Bismarck disait: — «Dans Tunique entretien que j^eus avec ce Kullmann», quand je lui fis cette question: «Si vous ne me connaissez pas, pourquoi donc avez -vous voulu me tuer?* — Il me répondit: «à cause des lois sur TEgliso en Allemagne. . . . Puis il ajouta: «vous avez offensé mon parti!» — Quel est donc votre parti?» lui dîs-je. Et il me répondit devant témoins: «Le parti-centre an Reichstag».

Les membres du Centre ayant fait, à ces mots, do violentes protestations, le chancelier leur dit: «Oui, Messieurs, je le répète, répudiez cet homme tant que vous voudrez! il ne s^accroche pas moins à vos pans d'habits. ...» (Vol. VI des Discours^ p. 49.)

Dans sa réplique (même séance), M. Windthorst était arrivé à cette conclusion (qui est rappelée ci-après par le chancelier): — «En définitive, à qui faut-il réellement imputer la possibilité que ce crime insensé ait été commis, sinon à ceux qui ont créé la conittelkttion politique actuelle? . . ,*

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