‹ Les discours de M. le comte de Bismarck: avec sommaires et notesChapitre 89 sur 175 · LA CI- DEVANT DIVISION CATHOLIQUE · texte numérisé non relu

LA CI- DEVANT DIVISION CATHOLIQUE

dire d'eux-mêmes: vexilla régis p'odeunty nos drapeaux avancent, — est très certainement incontestable.

Si Ton recherche les causes de ce fait, celle surtout que j'ai présente à l'esprit, c'est la ci-devant Division catholique(0,

— qui en définitive, jusqu'à ce qu'elle fût supprimée après l'expérience directe que j'eus comme ministre-président l'occasion de faire, — avait purement le caractère d'un organe polonisant au sein de l'administration prussienne.

(Bruit au Centre et du côté des Polonais.) Cette Division, sous la direction de M. Erâtzig, qui, je l'espère, existe encore, était devenue un institut entre les mains de quelques grandes familles polonaises, au service desquelles cette autorité s'était mise pour l'œuvre de polonisation dans tous les districts allemands- polonais douteux; c'est pourquoi me parut-il nécessaire d'acquiescer aussi de mon côté aux propositions de supprimer cette Division, et ce fut réellement la première raison qui m'engagea dans le Kulturkampf. Pour ce qui est de ma manière de voir personnelle, il n'y aurait sans doute jamais eu de Kulturkampf.

{Vives dénégations au Centre.)

— Messieurs, vous pouvez protester contre ceci, — je vous laisse vos doutes à cet égard; peut-être y aura-t-il quelques gens qui me croiront; il m'est en somme assez indifférent que quelqu'un me croie, mais j'ai besoin cependant de dire mon opinion personnelle à qui veut s'informer sur ce sujet. Celui qui m'a induit dans le Kulturkampf c'est M. Er&tzig,

(}) Division catholique (au miniatère des cultes prussien); — pourquoi cette Division fut supprimée (Vol. IV dos Discoure^ P*,^^); — instituée pour sauvegarder les droits do PËtat vis-à-vis de PÉglise, cette Division avait fini par agir en sens inverse (Vol. V, p. 33; Vol. VI, p. 90); — elle avait créé un État dans l'Etat et était devenue un ministère du Pape en Prusse (Vol. VI, p. 89); — les instruments avaient manqué pour réaliser Tidée première do cette institution (Vol. VI, p. 97).

C^est par la suppression de cette Division (janvier 1872) et par la loi sar Piospection scolaire (février 1872) que commença le Kulturkampf; c^est aussi de là que date Topposition absolue faite au gouvernement, en Prusse et dans PEmpire, par la fraction-Centre.

le chef de la Division catholique, de cette Division qui avait été instituée, au sein de la bureaucratie prussienne, pour défendre les droits du Roi et ceux de TEglise, mais qui développait son activité exclusivement dans le but de sauvegarder au moyen et sous le sceau de son autorité les droite de l'Eglise romaine, comme et surtout les tendances polonaises,

— envers et contre le Roi. C'est pour cette raison qu'elle dut être dissoute.

(Exclamations au Centre et du côté des Polonais,) Une seconde explication du progrès fait par les Polonais se trouve dans la facilité que ceux-ci ont acquise pour leur agitation grâce à l'établissement de la Constitution de l'Empire et à la mise en vigueur des lois de l'Empire sur la presse et le droit d'association. Messieurs les Polonais n'y sont pas allés modestement en exploitant toutes les lois qui avaient été créées dans l'Empire et en Prusse. De leur côté, ils ne reconnaissent point ces deux constitutions; ils ne reconnaissent faire partie de la Prusse que comme dépendance congéable, voire même congéable dans les vingt- quatre heures; s'ils avaient aujourd'hui l'occasion de marcher en avant contre nous, et s'ils étaient assez forts pour cela, ils se sépareraient de nous non seulement en nous donnant congé dans les vingt-quatre heures, mais sans congé même.

(Ch'and h^it du côté des Polonais.)

— Eh! Messieurs, s'il en est un parmi vous qui puisse donner sa parole d'honneur que ceci n'est pas vrai,

(^Bruyante hilarité,) sa parole que tous ces messieurs resteront chez eux si Toccasion se présente de se mettre en campagne bannières déployées, — alors je retirerai ce que je viens de dire; mais je demande la parole d'honneur.

(^Hilarité,) Et que vous vouliez me persuader que ce soit une erreur, . . .

— Messieurs, nous ne sommes réellement pas si sots; je ne le suis pas du moins.

(Nouvelle hilarité.)

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