TJN TRAIT DU CARACTERE ALLEMAND
taioe prédilection qui nous est propre encore pour l'étranger. Si vous comparez les temps passés avec le nôtre, vous trouvez que la langue allemande a cédé dans tous les pays la place qu'autrefois elle y occupait. Dans les Etats du nord Fallemand était jadis la langue des affaires, et^ au Danemark très certainement, en Suède tout au moins, la langue des relations sociales entre gens bien élevés. L'impression en caractères allemands y subsiste bien en partie, (') mais elle est combattue par ceux qui ne nous aiment pas.
L'exemple le plus frappant est fourni par l'Alsace, race allemande pur sang, qui finalement ne peut résister à la tentation de dire au Souabe son voisin: «nous sommes de plus haute qualité que vous, car nous avons été à Paris, nous appartenons à Paris (^), Paris est nôtre; nous sommes Paris; Louis XIV, nous le sommes; avecMélac(') déjà nous avons brûlé le Palatinat, et avec Napoléon nous sommes entrés en vainqueurs dans toutes les capitales.» — Qu'un Allemand puisse réellement se glorifier de cela, c'est encore un sujet d'orgueil pour l'étranger anti-allemand. — Cette fierté de valet sous la brillante livrée française est ce qui fait regarder avec dédain son frère voisin, le paysan son parent de race, son cousin, et lui dire: «nous Français, nous sommes plus distingués»!!
Jamais il ne viendra sur les lèvres d'un Français de se priser au-dessus de ses compatriotes, parce que peut-être il aura pris part aux victoires de la guerre allemande ou
(') en Danemark et en Norwége.
(^) «Il est en outre dans le caractère allemand que chaqne race revendique quelque sorte de supériorité, notamment sur son plus proche Voisin; PAlsacien, tant qu^il fut français, avait derrière lui Paris avec son éclat et la France avec la grandeur de son unité nationale; vis-àvis de son compatriote allemand, il s^enorgueillissait de cette idée: «Paris est à moi», et il j puisait un sentiment de supériorité particulariste.* (Vol. III des Discours^ 2^n»e édition, p. 421.)
(') Ce général de Louis XIV sVst acquis par ses exploits une digne immortalité; encore aujourd'hui, dans le Palatinat, le nom de Mélac est donné aux chiens de boucher.
qu'il aura été à Berlin. Mais pensez y, que chacun songe aux propres expériences faites par lui-même, — un Allemand qui a été à Paris, n'est-il pas dans son entourage comme un être supérieur?
(Dénéffations.) — je veux dire vis-à-vis de tous ceux qui n'ont pas été à Paris; — il a tout au moins le galon de sous-officier. C'est là une petitesse que je déplore au plus haut point.
En Bohême, en Hongrie, — M. de Rauchhaupt en a déjà fait la remarque — partout les Allemands abandonnent la situation quMls possédaient (^), en Pologne de même; ils sont plus fiers quand ils en reviennent comme Polonais. Combien des plus ardents adversaires de la nationalité allemande, parmi les Polonais, portent des noms allemands, — je ne parlerai pas des Uutten, des Kalkstein^ des Rautenberg, qui sont depuis longtemps habitués à estimer plus haut les privilèges de la noblesse polonaise que leur sang originel allemand; mais prenez les gens qui sont depuis peu de temps arrivés en Pologne. — Quand au bout de trois ans quelqu'un revient d'Amérique et parle de «là- bas, chez nous», ou emploie des expressions anglaises, — il impose ainsi à ses compatriotes et en qualité d'étranger il se sent, comme on dit, un plus fort gaillard (*).
(BUarité.) Mais si quelqu'un va en Pologne avec un nom purement allemand, et qu'ensuite il revienne : un Krauthofer changé en Krautowski^ un Schumann s'écrivant avec un Sz, un Wollschlâger avec une orthographe polonaise, — alors, Messieurs, je dois dire: il y a là un danger.
Considérez les autres nationalités, vous n'en trouve^ aucune qui croie pour ainsi dire monter en grade si elle
(') «Regardez le moavement do ces cléments slaves- polonais; Toyez comme il pousse généralement contre lo germanisme. Voyez ce qu'il en est en Bobcmo, ce qu'il on est dans les provinces baltiqnos de la Russie!...» (Discours de AL le député de RauchhaupL)
(') forscher.