LA QUESTION CONFESSIONNELLE EN POLOGNE
domestiques catholiques slls entraient au service d'Allemands et sMls y restaient.
On ne nous accusera pouiiant pas de mêler le Kulturkampf à cette affaire;
(Bruit au Centre.) — Messieurs, avec ces accents inarticulés de l'indignation vous ne me réfutez pas; — je disais donc, ce n'est pas nous qui l'y mêlons. On nous a reproché au Reichatag d'avoir expulsé les juifs. Or, Messieurs, nous aurions été suspects au point de vue confessionnel, si nous avions dit: tous les Polonais seront expulsés, à l'exception de ceux qui sont juifs, — ou encore si nous voulions excepter les évangéliques; — mais nous n'avons en vue que la nationalité qui est notre adversaire. La confession... — mon dieu! nous n'expulsons personne des autres provinces à cause de sa confession chrétienne, pourquoi le ferions-nous précisément dans le duché de Posen?
L'ecclésiastique sus-nommé a donc dit dans son sermon que ce serait un péché pour des domestiques catholiques s'ils entraient au service de maîtres évangéliques. Vous voyez par là de quel côté le Kulturkam})/ est mis en jeu. On vient dire aux Polonais: «Vous perdriez votre religion!» L'erreur de la langue polonaise qui, au lieu de confession «évangélique», dit très souvent confession «allemande», est soigneusement utilisée pour dire: «Il vous faudrait renoncer à votre religion». C'est de cette manière qu'on attise le feu.
(Rires au Centre,)
Messieurs, si vous contestez cela, — je peux bien vous ouvrir toute une boite de Pandore, tout un sac de semblables documents, qui seront pour vous beaucoup plus fâcheux que celui-ci, et d'après lesquels la participation des ecclésiastiques (à l'agitation polonaise) va encore beaucoup plus loin(^).
{}) Dans plosieare occasions précédentes le prince de Bismarck a ouvertement dénoncé et déploré cette participation du clergé catholique, même allemand^ à Tagitation polonaise. (Vol. IV des Discours, pp. 93, 114; Vol. V, pp. 35, 50; Vol. X, p. 113; Vol. XII, p. 87.
Pour éviter de telles commnnications, je n'ai fait que toucher ce point-là; mais si vous croyez pouvoir, par vos moqueries entre parenthèses, discréditer devant le public des choses aussi notoires, vous êtes dans Terreur; je veux vous accabler de preuves, au point que déjà vous en ayez assez à la moitié.
(Très bien! à droite. — G^ù au Centre: Allez toujours!)
Comme preuve, un fait qui a soulevé dans la commune IMndignation générale: le personnel au service de plusieurs maîtres juifs, et allemands les a déjà quittés; — ceux-là ont donc obéi. i
Messieurs, vous me rendrez ce témoignage que dans ma longue explication j'ai toujours aussi peu que possible touché le Kuliurkampf et la position que le Centre a prise, sauf — à tout seigneur tout honneur — sauf à l'égard de M. le député Windthorst, et je n'aurais pas mentionné non plus le cas Marchwicki, s'il ne m'eût été communiqué maintenant même, aujourd'hui.
Notre impression après tout, en considérant tous les faits que j'ai tâché de récapituler, c'est que les efforts pour gagner aux idées d'État prussiennes, par la bienveillance, la population polonaise, au moins ses chefs, la noblesse polonaise, ont été une idée fausse, une erreur, que, sur l'initiative du feu Roi, nous avons poursuivie pendant quarantecinq ans, mais dont je crois que notre devoir envers notre pays et l'Allemagne est de nous départir;
(^Applaudissements à droite,) et c'est pourquoi il ne nous reste pas d'autre effort à faire que de tâcher autant que possible de rectifier à l'avantage des Allemands la proportion numérique entre les deux populations polonaise et allemande, afin, comme disait en 1832 le général Grolmann, de gagner dans cette province des gens sûrs qui tiennent fermement à l'Etat prussien. Il est possible de corriger cette proportion numérique d'un côté par l'accroissement de la population allemande, d'un autre côté