ENVOYÉ MILITAIRE DE PRUSSE A ST.-PÉTERSBOURG
États confédérés, n’a pas été faite au Conseil fédéral, et je crois qu'il n’est venu à l'esprit de personne de la faire. Si pourtant on avait demandé un tel partage, j'aurais répondu que la quote-part de contribution, qui est celle de Prusse, représente non la moitié mais les quatre cinquièmes des dépenses communes.
Une autre question a été posée par Ôf. l’orateur; il désire savoir, je crois, si les agents diplomatiques fédéraux sont chargés de défendre les intérêts particuliers des sujets de chacun des États confédérés. Cela ne fait aucun doute. Les chargés d’affaires ou ambassadeurs de la Confédération auront mission de représenter, après le transfert du service à la Chancellerie, les intérêts d’un Oldenbourgeois comme ceux d'un Prussien.
M. le préopinant se plaint des impôts nouveaux qui ont été introduits dans l’'Oldenbourg depuis 1866. Je ne puis que le féliciter de ce que ni lui ni ses ascendants n'ont supporté, comme en Prusse, ces impôts depuis cinquante ans, tandis que nous Prussiens, durant ces cinquante années nous nous sommes chargés de remplir un devoir dont les autres États ne se préoccupaient pas suffisamment, celui de préparer la défense de l'Allemagne, et que nous avons fait dans ce but d’onéreuses dépenses, qui ont assuré aux petits États, et à l’'Oldenbourg aussi, cette paix de 50 années durant laquelle ils ont pu acquérir les ressources nécessaires pour payer les impôts d'aujourd'hui.
Le Chargé d'affaires militaire de Prusse à Saint-Pétersbourg. — Dans le courant de la discussion du budget (même séance) le député baron de Hoverbeck renouvela l'ancienne proposition () de rayer au budget du ministère des affaires étrangères Les 6000 thalers affectés au poste de Chargé d’affaires militaire de Prusse à Saint-Pétersbourg, L'orateur se fondait sur ce que les dépenses pour des postes analogues, ceux de Paris et de Vienne, étaient supportées par le budget militaire.
Le Chancelier fédéral répliqua :
1 Jer volume des Discours, p. 149. IT vol p. 61.
Je me permets de rectifier une assertion de M. l’orateur: le supplément de traitement dont il s’agit est payé à l’attaché militaire de Paris, comme à celui de St. Pétersbourg, par la caisse du ministère des affaires étrangères. La somme qu'il représente à fait plusieurs fois, au Landtag, l'objet d’une discussion, et, en fin de compte, a toujours été votée. C’est pourquoi elle figure au budget actuel. Je me réfère, lorsque j'en demande le maintien, aux motifs politiques que j'ai fait valoir plusieurs fois pour justifier l’importance de ce poste. Permettez-moi de ne pas les répéter, et croyez que ce n’est point pour éviter une fatigue de parole que je ne m'étends pas trop sur ce sujet. Je prends la liberté seulement d'adresser à l'Assemblée cette question. si l’un de vous, Messieurs, quel que soit son parti politique, ou une personne de la classe aisée, un marchand si vous voulez, ayant habité longtemps Saint-Pétersbourg, venait dire ici qu'il est convaincu que le poste en question à son importance et son utilité politiques pour les bons rapports de deux puissants États voisins l’un de l’autre, le croiriez-vous ? Je ne doute pas qu'une longue discussion ne dût se terminer par l'autorité du tiers qui surviendrait ainsi. Ayez done, je vous prie, cette obligeance de me regarder, — moi qui ai été trois ans ambassadeur à Saint-Pétersbourg et qui ne suis point soupconné, que je sache, de dépenser légèrement les deniers publics, — comme un témoin aussi important et aussi capable d'apprécier l'utilité du poste en question que ce tiers, quel qu'il fût, dont vous accepteriez les affirmations. Beaucoup des députés qui m’entendent et qui votèrent autrefois contre le maintien de ce poste, ont la possibilité de s'informer, par eux-mêmes ou par des intermédiaires, de ce qu'on en pense dans la capitale de la Russie. Eh bien, s'il leur est possible de me désigner un seul Allemand capable d'apprécier les choses politiques — qui regarde cette dépense comme inutile, je reconnaîtrai que j'ai tort. Jusque là, veuillez me croire dans une question qui est de mon ressort et qui concerne une ville où j'ai longtemps vécu.