FINANCES FÉDÉRALES
Le député de Hoverbeck ayant insisté pour que cette dépense de 6000 thalers fût motivée, — le Chancelier fédéral reprit la parole et dit:
Si je ne me trompe, M. le préopinant a reconnu, lorsqu'il à parlé des Lavres-Bleus, que ces publications ne pouvaient donner un compte-rendu toujours exact de tout ce qui s’est passé. Les raisons de ce fait sont les mêmes que celles sur lesquelles je m’appuie pour demander qu’on n’exig'e pas de moi que j'expose tous les motifs qui militent en faveur du maintien du poste dont il s’agit. L’orateur a prétendu qu'un appel à la confiance fait par moi avait toujours le même succès. Malheureusement j'ai pu me convaincre du contraire. Mais il me sera permis de croire que, dans une question spéciale, toute de mon ressort, vous pourriez bien m'accorder pour 6000 thalers de confiance.
Projets d'impôts et finances fédérales. — Dans la discussion du projet de loi relatif à l'impôt sur les boissons alcooliques, M. le comte de Bismarck, prenant la parole, après le député de KXardorfÿ, exposa comme il suit le point de vue du gouvernement, tant au sujet de l'impôt qu'on discutait que des nouvelles taxes projetées :
Je n'ai pas l'intention de traiter en ce moment la question technique, dont M. le préopinant m'a refusé l’intelliœence. Je veux seulement protester contre la manière dont l'orateur à compris ma responsabilité, ma position responsable par rapport à l’un des projets de loi déposés ici et pour lequel il a cherché à me mettre hors de cause, — peut-être parce qu'il lui en coûte plus de m’attaquer personnellement moi-même que de s’en prendre à M. le commissaire spécial qui, à côté de moi, défend le projet. Je lui suis reconnaissant
de cette bienveillante intention, néanmoins je ne suis pas assez modeste pour accepter son aide, surtout lorsque l’orateur la motive d’une façon qui n’est pas tout à fait flatteuse, en me faisant porter la responsabilité pour la forme de choses que je ne comprendrais pas.
Je ne m'imaginais pas que mon instruction dans la matière présente fût d’une ligne moins étendue que celle de M. le préopinant, qui pourtant, 1l me semble, assume avec une grande confiance la responsabilité des données un peu excessives portées par lui à cette tribune. M. l’orateur a puisé sa connaissance de la question dans son expérience pratique comme propriétaire d’une distillerie. Qu'il me soit permis de faire observer que je m’appuie sur la même expérience (1), pas aussi longue peut-être que celle du préopinant, mais pourtant assez grande pour former mon opinion comme contribuable. Il y a des années que je suis propriétaire d'une distillerie et je le suis encore maintenant. M. le préopinant, lui aussi, né tire pas d’une autre source sa science technique.
Quand je me suis trouvé d'accord avec des autorités en matière de finances sur la valeur de cet impôt, je supposais être tout à fait en état de porter la responsabilité d'un projet de loi à cet égard. Il est toujours désagréable pour un gouvernement d'avoir besoin d'argent, car ceux auxquels 1l en demande, — naturellement, n'aiment pas à en donner, et, sans doute, ils ont un emploi de leur argent, sinon meilleur, du moins plus agréable pour eux que le paiement de l'impôt. Mais un gouvernement peut dire avec Schiller : «Est-ce qu'il me pousse du blé sur la paume de la main?»
Il nous faut frapper aux portes qui, dans notre espérance, peuvent nous être ouvertes par le Reichstag. C'est ce que nous avons fait l’année dernière, mais fort malheureusement, les projets de loi, d’où nous espérions de l’argent, ayant été rejetés, au Parlement douanier, — en par-
1 Beaucoup de grands propriétaires en Prusse ont à côté de leur exploitation agricole une distillerie,