LA PRESSE OFFICIEUSE
nal, même du Staats-Anzeiger (1). Bien que je ne puisse pour celui-ci me décharger de la responsabilité légale, je décline du moins la responsabilité personnelle. Je serais bien empêché de rédiger un journal ou de le censurer; il m'est le plus souvent impossible même de lire un journal, mes ressources de temps ne me le permettent pas. C’est une prétention qui témoigne d'une complète ignorance de ces choses de presse, que de vouloir rendre un gouvernement responsable de tout ce” que renferme tel journal qui de temps à autre, ou aussi souvent qu'on le demande, — mais on ne le demande pas tous les jours, — insère un article du gouvernement. Ce fait suffit pour donner au journal le caractère officieux. Si le gouvernement veut se rendre responsable de tout ce qu'il y a dans la feuille, il doit la rédiger lui-même, et alors elle sera tout aussi ennuyeuse que le Staats-Anzeiger, comme mainte autre feuille ei-devant officieuse, défunte aujourd’hui, en a donné l'exemple. Frédéric-le-Grand disait : «les gazettes ne doivent pas être gènées»; je vous prie de laisser aussi les feuilles officieuses jouir jusqu'à un certain point de cette tolérance. Le gouvernement ne saurait remplir leurs colonnes, il doit laisser ce soin à la fantaisie de leurs rédacteurs et rejcter la responsabilité à cet égard, — ce que je fais personnellement. Je ne pense pas qu'aucun de vous, Messieurs, ait le temps d'écrire dans un journal, — bien que parfois il l’enrichisse peut-être de communications bienveillantes, — d'y écrire dans une telle mesure qu'il puisse être rendu responsable de tout ce que cette feuille contient, — et je vous prie de le croire: j'ai autant à faire que le plus occupé d’entre vous.
Dans une des séances suivantes (26 mai), M. le député Günther voulut corriger une citation que le Chancelier fédéral avait faite de Wallenstein (voir le premier des discours qui précédent), et prétendit rétablir ainsi le texte de Schiller : , Wächst mir ein Kriegsheer auf der flachen Hand?“(?) — Le comte de Bismarck répondit :
1 Moniteur prussien.
? Une armée me croît-elle sur la paume de la main?
J'ai rarement le temps, il est vrai, de rafraîchir mes réminiscences classiques, mais je crois néanmoins que M. le préopinant à fait parler notre grand poète d’une manière qui s'accorde peut-être mieux avec ses propres idées politiques. Jusqu'à preuve du contraire, je prétends citer correctement quand je dis :
«Wächst mir ein Kornfeld auf der flachen Hand? « Kann ich Armeen aus der Erde stampfen? » (1)
1 Un champ de blé me croît-il sur la paume de la main? Puis-je, en frappant du pied, faire sortir de terre des armées?
DU
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