RECTIFICATIONS PERSONNELLES
suite à son dessein, on pourrait négocier sur ce sujet; j'ai indiqué le chemin le plus court; mais il me semble qu'il faut me lire avec des yeux bien hostiles pour tirer des lignes contenues dans le compte-rendu sténographié, — je ne veux pas, Messieurs, vous retenir et prolonger inutilement ce discours, - pour en tirer, dis-je, la preuve de mon éloignement à l'égard des accessions.
Je demande maintenant quel intérêt le précédent orateur peut avoir à donner au public tout entier, à l'opinion publique, sur la confiance de laquelle je dois compter, une idée aussi inexacte de mes tendances, de mon but et de ma manière de voir. Ne conviendrait-il pas, sinon par égard pour moi, tout au moins en considération du bien public, que l’on écoutât plus attentivement dans de telles circonstances, afin de ne pas représenter ensuite au public, avec tant d'assurance et tant de fleurs de rhétorique, mes intentions tout à fait dénaturées.
Je craindrais, Messieurs, d’abuser de votre attention, si, avec la même abondance que le préopinant et en épuisant la matière qu'il a fournie à ma réplique, je voulais rectifier l’une après l’autre les interprétations inexactes, — il me vient toujours à l'esprit un mot plus vif pour les caractériser, — les interprétations inexactes de mes paroles; nous n’en verrions pas la fin. Je veux seulement prier l’'orateur de lire de plus près mon discours; il se convaincra lui-même qu'il s’est trompé à mon égard et que, parlant avec le porte-voix retentissant de la tribune, il à contribué à répandre une fausse idée de ma situation dans une grande partie de ce public qui ne lit que les journaux où les discours de son parti sont donnés tout au long, tandis que les miens s’y trouvent écourtés et défectueusement reproduits.
Du reste, je reviens malgré moi, — vous m'avez reproché précédemment d’avoir, étant à bout de raisons, déclaré quelque chose comme ceci: «je ne veux plus continuer le jeu; tirez-vous en comme vous pourrez», — Je
reviens malgré moi sur un pareil thème; mais M. de
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Blanckenburg l’a dit justement: si vous comprenez mieux les choses, vous devez être vous-mêmes Chancelier fédéral; il ne faut plus, en ce cas, que vous siégiez à la place où vous êtes, car ce n’est pas de cette place, mais de celle où je suis que se dirige la politique publique de l'Allemagne; si donc vous savez tout mieux que moi, venez vous asseoir à ma place; j'irai, moi, siéger à la vôtre, et, là, je pourrai exercer la critique dont une expérience de vingt ans dans les affaires de la politique allemande peut m'avoir pourvu; mais je vous assure que mon patriotisme n'imposera silence, quand je sentirai qu'il serait intempestif de parler.
Dans la suite de la discussion, le député Læwe (progressiste) avait vu avec regret, disait-il, que le Chancelier fédéral parût établir, au point de vue militaire, une distinction entre les Etats allemands du Sud et ceux de la Confédération du Nord. — Le comte de Bismarck répondit
Je donne très volontiers à M. le préopinant l’explication qu'il désire, en déclarant n'avoir pas voulu parler des conséquences militaires de la configuration géographique du territoire fédéral, parce qu’à ce point de vue, je ne pense pas que pour le Sud il y ait bien grande différence entre la situation que lui ont faite les traités (avec le Nord) et celle que lui donnerait l’entrée dans la Confédération: J'ai accordé qu'il existe, il est vrai, une différence, non pas essentielle, dans le nombre et la force des troupes, dans la rapidité avec laquelle on peut en disposer, parce que les lois de la constitution militaire de l'Allemagne du Nord règlent toutes choses avec plus de rigueur, de fermeté et d'énergie, que les dispositions analogues en vigueur dans les différents États du Sud; mais je n'ai pas exprimé le moindre doute que nous n’ayons le droit de compter, et, j'en suis convaincu, que nous ne puissions aussi dans toute guerre compter sur l’entier appui de toutes les forces existant dans les États allemands du Sud. Je n’ai point laissé soumettre les traités d'alliance à des interprétations; j'ai parlé d’une communauté entre nous d’ennemis et d’amis en