AGENTS DIPLOMATIQUES PRUSSIENS
dans son ensemble, aux époques même où le Conseil f6déral n’est pas réuni, l'influence sans laquelle les affaires ne peuvent pas être conduites facilement dans le sens d’une Présidence fédérale.
Représentez-vous qu'à un moment où le Conseil fé6déral ne siége pas, la Présidence ait en vue de préparer des projets de loi pour ce Conseil; — le gouvernement prussien tient naturellement à gagner pour ces projets qu’il a conçus les voix des autres gouvernements représentés dans le Conseil fédéral, et à prévenir une opposition de leur part. Je suppose, par exemple, que nous communiquions d'avance confidentiellement à Dresde un projet que la Prusse se propose de présenter au Conseil fédéral; nous nous attendons à ce que ce projet rencontre peut-être des difficultés auprès du gouvernement saxon ou que, dans la forme par écrit, sous laquelle il est présenté, il ne soit pas suffisamment clair; en pareil cas, à moins d'envoyer spécialement quelqu'un, nous n'avons pas d’organe — par nous j'entends exceptionnellement le gouvernement prussien — pour exposer clairement et expliquer à Dresde notre opinion auprès des autorités saxonnes et pour obtenir que le représentant de la Saxe au Conseil fédéral recoive des instructions qui s'accordent avec nos vues. Il est évident que dans ce but un envoyé permanent, en relation intime, par un commerce régulier, avec les personnes à qui il à affaire, sur lesquelles il doit exercer une influence amicale, — et sachant le ton qu'il faut employer avec ce gouvernement pour une telle négociation, est plus utile qu’un attaché de Ja Chancellerie fédérale envoyé à l’occasion pour donner les explications verbales sans lesquelles une entente n’est pas facile à obtenir. Si ce second mode était adopté, et qu’il échouât, il faudrait peut-être envoyer de nouveau quelqu'un huit jours après pour donner d’autres explications. Je ne puis ne pas déclarer que ces rapports diplomatiques mutuels sont un moyen indispensable dans l'intérêt des bonnes relations fédérales et pour atteindre le but de la
Yonfédération. On nuirait à l’accord entre les États con-
900 REICHSTAG. — Ière SESSION DE 1870.
fédérés, on nuirait à leur cohésion durable, en dehors des périodes où le Conseil fédéral est rassemblé, si l’on voulait dans les Chambres prussiennes nous supprimer ces ambassades. Je ne sais quelle institution il faudrait alors inventer pour établir autrement des communications durables de ce genre. J'avais à prouver dans le sein du Landtag la nécessité absolue de ces ambassades; mais j'ai été empêché par la maladie de le faire en temps utile; je le reorette, et me réserve d'y revenir à la prochaine occasion. Ici, je n’ai qu'à tranquilliser votre conscience sur ce point que les fonctionnaires rétribués par la Confédération vaquent en effet à des affaires prussiennes, dont le service fédéral ne les oblige pas de s'occuper. Il est 1incontestable que ce serait à la Confédération de représenter communément tous les petits États à l'étranger, quoique même sous ce rapport, tant qu'il y aura des intérêts spécialement saxons, des traités particuliers de la Saxe représentés, où il y a lieu, par des fonctionnaires saxons, l'équité demande, puisque le droit de représentation diplomatique est garanti par la Constitution, qu'il y ait au moins trace au budget que nous reconnaissons ce qui existe à cet égard.
Messieurs, que la Confédération, aujourd’hui, paie les traitements de fonctionnaires de la Chancellerie fédérale qui dirigent des affaires spécialement prussiennes, — c’est-àdire d’abord les affaires du ministère prussien de l’extérieur, ministère qui existe budgétairement et n'est pas payé par la Prusse, puis les relations du gouvernement prussien avec les gouvernements confédérés, — je crois vous l'avoir prouvé jusqu'à l'évidence. Vous pouvez encore ajouter qu'une des plus hautes places de l’État prussien, celle de ministre-président, est remplie gratis par un fônctionnaire fédéral. En calculant déjà la quote-part qui incomberait à la Prusse dans ce traitement, vous trouverez qu'elle couvrirait seule la somme dont il s’agit dans ce débat; je puis en effet témoigner que les affaires dont s'occupe ce fonctionnaire au service de deux États proviennent en majeure partie de sa présidence du Conseil des