‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 133 sur 138 · LE CHEMIN DE FER DU SAINT-GOTHARD · texte numérisé non relu

LE CHEMIN DE FER DU SAINT-GOTHARD

on sait, prolongé le terme de l'accord. Mais tout ce qui s’est fait, à notre connaissance, dans cette affaire, montre bien qu'un nouvel ajournement, sil fallait remplir toutes les conditions auxquelles M. le député Lasker subordonne le vote de l'allocation, pourrait être mis à profit pour faire échouer le projet.

M. le député Lasker dit que le prochain Reichstag peut très aisément prolonger la concession, s’il approuve l'affaire. Mais le prochain Reichstag ne pourra rien sur les décisions des autres gouvernements, rien sur l’action des nombreuses influences que l’on met en jeu contre l’entreprise. Une enquête pour établir les avantages que le Saint-Gothard peut avoir sur le Splügen, et réciproquement, est, à mon sens, tout à fait en dehors de l’intérèt que l'Allemagne, et notamment l'Allemagne du Nord, à dans cette affaire.

Pour nous l'intérêt majeur cest d’avoir une voie de communication presque directe avee un pays ami, et qui, croyons-nous, restera notre ami, — l'Italie.

Cet avantage, nous avons failli le perdre parce que la décision entre les deux lignes proposées ne pouvait être prise en temps utile, et l'irrésolution sur le point de savoir laquelle de ces deux lignes devait être construite, était le meilleur et le plus fort levier pour tous les efforts qui voulaient empêcher l'établissement du nouveau chemin, quel qu'il fût. Aussi avons-nous eu à cœur avant tout d'écarter par notre déclaration très formelle en faveur de l’une de ces deux lignes, l’empêchement qui provenait de cette difficulté du choix, — où l’on s’arrêtait au risque de s’asscoir entre deux siéges. Nous croyons avoir rendu ainsi un service essentiel aux intérêts suisses en ce sens que notre choix très positivement déclaré à mis fin à l'incertitude où l'on flottait entre le Saint-Gothard et le Splügen. Mais ayant déclaré, comme nous l'avons fait, et comme nous réitérons encore aujourd'hui cette déclaration, qu'en aucun cas nous n’accepterions la ligne du Splügen, — tenons-nous en fermement au Saint-Gothard, non que nous ne souhaiïtions pas aux intérêts du Splügen d'avoir, eux aussi, satis-

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faction, mais parce que nous supposons que du jour où la possibilité seulement serait encore admise d'examiner si le Splügen n’est pas préférable, aucun chemin ne se ferait, tandis qu'il n’est pas interdit d'espérer que, si maintenant la ligne du Saint-Gothard est construite, celle du Splüg'en la suivra un jour.

REICHSTAG

DE LA CONFÉDÉRATION DE L’ALLEMAGNE DU NORD

IIème SESSION DE 1870

DU

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