AU 21 JUILLET
Sur l'origine de la guerre avec la France. — A la fin de la séance du 20 juillet, le comte de Bismarek communiqua au Reichstag les pièces qui se rapportaient à la déclaration de guerre du gouvernement impérial français, — et fit, à cette occasion, l'exposé suivant :
Messieurs, je vous prie de me pardonner si, pressé par l'urgence des affaires, je suis arrivé ici trop tard. Je m'étais proposé de soumettre au Reichstag la collection des pièces officielles relatives à toute l’histoire du présent cas de guerre, — qui se trouvent dans les mains du gouvernement; ces pièces ne me sont pas encore parvenues, mais je les attends d’un moment à l’autre.
Je me borne, en attendant, à déclarer qu'il est bien rare qu'un événement d'une si grande importance européenne se soit accompli, ait été préparé entre les différentes Cours, — et qu'en même temps le nombre des pièces officielles où l’histoire un jour recherchera les causes de
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cet événement, soit aussi restreint que dans l’occasion présente. :
Nous n'avons reçu, en effet, du gouvernement impérial français, dans toute l'affaire, qu’une seule communication offfciclle : c’est la déclaration de guerre arrivée hier.
Telle est la première et l’unique «ouverture» officielle qui, à ma connaissance, — depuis que le chargé d’affaires français nous a demandé, — c'était, je crois, le 5 ou le 4 de ce mois, — ce que nous savions de l'affaire (candidature Hohenzollern) et que nous lui avons répondu n’en rien savoir, — ait été faite du côté du gouvernement français, ou, en tout Cas, ait été reçue par nous. Tous les entretiens que le comte Benedetti — qu'il y ait fait valoir ou non sa qualité d'ambassadeur de France — a eus en tête à tête avec Sa Majesté le Roi, mon très gracieux maître, dans une ville de bains, ne sont, — comme il sera évident, sans autre assurance, pour quiconque se connaît en matière de négociations internationales, — que des conversations particulières et de nature privée, sans aucune valeur officielle pour les relations internationales. “
De même toutes les déclarations personnelles que l’on a essayé d'obtenir de Sa Majesté le Roi par le moyen de conversations particulières toute bienveillantes en apparence, et que peut-être, si Sa Majesté ne conservait pas la fermeté de caractère qui La distingue, même dans le commerce de la vie privée, on eût obtenues en effet, — n’auraient pourtant jamais été des actes d'État, mais seulement des expressions personnelles, tant que le monarque ne les eùt pas confirmées d’ailleurs en Sa qualité formelle de souveraln et n'eût fait connaître par là Sa volonté de les transformer en actes officiels.
Après avoir fait ces remarques préalables au sujet de la déclaration de guerre française, je me permets de jeter rapidement un coup-d'œil sur les autres documents, — lesquels se composent surtout de communications de l'Office fédéral des affaires étrangères, faites à un moment où l'affaire ne pouvait plus être réparée, et dans le but d'exposer aux