‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 135 sur 138 · LA DÉCLARATION DE GUERRE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

LA DÉCLARATION DE GUERRE DE LA FRANCE

autres gouvernements comment les choses se sont développées. Toutefois, ces pièces ne peuvent pas rester absolument dans l’ordre où celles sont produites ici, et je prie M. le Président de permettre que je m’entende ensuite avec Messieurs les membres du bureau pour la rédaction de ce qui doit être imprimé.

Parmi ces communications se trouve le fameux télégramme de journal, qui est resté, à la fin, pour le ministère français, l’unique motif de guerre, et encore que l’on n'a pu utiliser dans ce but qu’en le donnant comme une Note qui aurait été adressée par le gouvernement du Roi aux autres gouvernements. Je ne veux pas entrer dans la définition de ce qu'est une Note, mais la communication d’un télégramme de journal, qui était destiné à orienter nos représentants près les Cours allemandes et les autres gouvernements que nous considérons comme amis, — à les orienter sur le développement que l'affaire avait pris et à les convaincre que nos dispositions, du moment où nous penserions être arrivés à la limite que nous trace l’honneur national, seraient plus fermes qu'on ne l’a cru peutêtre d’un autre côté, — une telle communication de journal a été qualifiée publiquement de Note par le ministère français. Ces ministres se sont bien gardés de céder aux instances des quelques membres de l’opposition qui raisonnent à Paris et de produire la pièce en question; car tout l'échafaudage, tout ce qui ‘a servi de base à la déclaration de guerre aurait été réduit à néant, dès que la représentation nationale eût connu cette prétendue pièce officielle et surtout sa forme ... Ce n’était point une pièce officielle, mais un téléocramme d'informations.

Les documents Nos 2 et 3 sont deux exposés authentiques, — déjà publiés par les journaux, — des événements d'Ems, qui sans être au fond des faits de politique officielle, n’en ont pas moins une haute importance dans le développement de la situation. Vous connaissez, Messieurs, ces exposés par les journaux, mais ils ont acquis une plus grande valeur en étant classés, comme d’après leur

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origine ils méritaient de l'être, parmi les documents officiels.

La quatrième pièce est un rapport du baron de Werther, daté de Paris le 12 juillet. C’est un document officiel, mais une communication entre autorités prussiennes, et non pas, comme tel (comme pièce officielle), entre la France et la Prusse. Ce rapport de l'ambassadeur de Prusse faisait part et rendait compte d’un entretien que notre représentant avait eu avec le ministre français des affaires étrangères et, en même temps, avec le garde des sccaux, M. Ollivier. Le rapport nous informait de la demande inacceptable — que vous connaissez — d’une lettre d’excuses que Sa Majesté devait écrire, et nous indiquait le contenu de cette lettre.

Je n’ai fait à notre ambassadeur d'autre réponse officielle à ce sujet que celle-ci: — j'étais convaincu, lui disais-je, qu'il avait mal compris les ouvertures verbales du ministre français; des ouvertures de cette sorte me semblaient absolument impossibles, et, en tous cas je me refusais, comme ministro responsable, à soumettre officiellement son rapport à l'examen de Sa Majesté. Que si le gouvernement français avait des communications de ce genre à nous faire, il pouvait les rédiger lui-même et nous les transmettre ici

à Berlin par l’ambassadeur de France.

Cinquièmement, une circulaire du 18 juillet donnant communication des quatre pièces ci-dessus aux gouvernements allemands et aux Cabinets étrangers.

La sixième pièce, — et c'est ici le seul document de cette nature, tandis que d'habitude dans le développement d'une semblable crise beaucoup de pièces de ce genre arrivent à la connaissance du public, — la sixième pièce, relative à un essai d’entremise d’un gouvernement ami, celui de la Grande-Bretagne, est une lettre de l'ambassadeur anglais (à Berlin) lord Auguste Loftus, datée du 17 juillet, et écrite en anglais; — la traduction de cette pièce forme le septième document.

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