RÉSULTATS OBTENUS EN
Je prierais, d’ailleurs, le préopinant de considérer que ces choses là ne se créent pas, ne se peuvent faire à volonté sur des plans théoriques, mais qu'elles naissent d’un développement historique. Il est facile à une représentation nationale de céder au penchant de faire des amendements et de corriger les projets de loi du gouvernement, — facile quand on est exempt de toute responsabilité, d'attendre les résultats et de laisser après cela le reste au ministre, à qui la tâche incombe de composer un tout en harmonie avec les autres pouvoirs qui régissent la vie politique à l’intérieur et à l'étranger. Combien cette tâche est rendue difficile par le fait que vous vous dégagez vous-mêmes de toute responsapilité à l'égard du résultat, c'est ce que celui-là seul peut apprécier qui a accompli une semblable tâche.
L'orateur nous fait un reproche de ce que la victoire
remportée par les troupes n'ait pas été mieux mise à profit sur le terrain politique. Messieurs, évaluer la portée d’un succès militaire au moment où on le remporte, est un des problèmes les plus difficiles de la politique. On peut bien facilement se tromper; si nous nous sommes trompés nousmêmes, l’avenir le montrera peut-être; il pourra montrer Si nous avons bien choisi le moment pour conclure la paix et la suspension d'armes, et si nous avons bien fait de nous contenter des conditions que nous avons pu obtenir alors. C’est à l’histoire qu'il doit être réservé de mettre en lumière toutes les causes qui ont concouru à produire le fait; et quand vous les connaîtrez toutes, je crois que vous ne refuserez pas au gouvernement le témoignage quil a profité assez hardiment de la victoire.
On peut très facilement dépasser le point au delà duquel l’ardeur à profiter encore de la victoire dégénère en une confiance aveugle qui remet en -jeu tout ce qu'on à gagné, — et plus ce gain est déjà grand, moins aisément on se décide à faire de la victoire un tel usage, qui aurait non plus le caractère du courage, mais celui de la témérité.
J'ai déjà indiqué que nous croyons posséder dans ce qui est obtenu la base nécessaire pour créer des institutions
qui répondent à un sentiment raisonnable de nationalité allemande; il se comprend de soi que nous ne pouvons immédiatement vous offrir sur table ces institutions déjà toute faites, Rome n’a pas été bâtie en un jour, et des créations historiques moins importantes que Rome veulent aussi leur temps et leur préparation. Ni M. le préopinant était du côté de la Chambre ou du monde politique où je suis moi-même, il reconnaitrait cette vérité avec plus d'équité qu'on n'en peut trouver dans le blâme exprimé par lui.
Le député Dr Virchow, prenant ensuite la parole contre le projet de la commission, prétendit que le gouvernement, pour suivre la voie régulière, aurait dû communiquer les bases de la Constitution fédérale aux Chambres prussiennes et se mettre d'accord avec elles sur divers points; il déclara qu'il voterait le rejet de toute la loi afiu d'obliger le Cabinet à en présenter une nouvelle, où fussent définies les attributions du Parlement futur, et tracées les dispositions principales du Statut fédéral. — Le ministre-président répondit :
Je crois qu'avec la motion finale de M. le préopinant nous nous engagerions plus avant dans la voie, fausse à mon avis, que plusieurs amendements ont déjà prise, — en voulant qu'à propos des débats sur la loi électorale, la Constitution de l'empire d'Allemagne soit faite et achevée déjà dans la Chambre des Députés prussienne. L'orateur que nous venons d'entendre montrait lui-même dans la première partie de son discours les inconvénients de cette voie, quand il à fait ressortir les difficultés qu'il y aurait à imposer le résultat de cette délibération à l’autre partie, c'est-à-dire à nos confédérés. Je suis d'accord sur plusieurs points essentiels avec M. le préopinant; mais il y à cette fatalité entre nous que, là mème où l’entente existe pour le fond, la forme est plus semblable cependant à celle de la divergence qu'à celle de l'accord.
J'ai pris la parole principalement pour rectifier une assertion. M. le préopinant à cité une tournure dialectique, dont je me serais servi, et il ne l’a pas fait exactement, ce me semble. Autant qu'il m'en souvient, j'ai dit à un des orateurs précédents : Je n'aurais pas le courage de eri-