‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 26 sur 138 · TRAITÉS DE CONFÉDÉRATION · texte numérisé non relu

TRAITÉS DE CONFÉDÉRATION

tiquer la mesure des avantages acquis, si je devais me dire que jai entravé de toutes mes forces dans sa tâche celui qui les a obtenus. Le préopinant avait donc perdu de vue une chose sur laquelle je ne puis assez insister, c’est que nous ne sommes pas au terme de notre politique mais au commencement, et vous commettez une injustice envers nous lorsque vous traitez ce qui est aujourd'hui comme quelque chose d'accompli, de terminé. L'orateur a donné à entendre que nous n'arriverions pas au but; si cependant nous l’atteignions, il se rangerait alors du côté du gouvernement. La haute valeur que j'attache à ce concours, m'engage à soumettre au jugement de l'orateur lui-mème une considération. Depuis quatre ans, il à toujours prophétisé, quant aux résultats de notre politique, le contraire de ce qui est arrivé; je crois donc et j'espère que cette fois encore 1l se trompera de la même manière, et que par suite il peut hardiment se rallier, dès aujourd'hui, à la politique du gouvernement.

Le comte de Bethusy-Huc avait proposé d'ajouter dans l’art. [er (tel que la commission l'avait modifié), après le mot ,délibération* ceux de , et de concert‘ (1); les députés Schulze-Delitzsch et Waldeck débattirent cet amendement. — Le comte de Bismarek reprit ensuite la parole :

Avant que la clôture soit prononcée, j'ai voulu seulement constater que si vous persistez à maintenir l’art. [®r, le gouvernement, comme je l'ai déclaré au début de la séance, l’acceptera dans l’intérèt de la paix entre nous, mais que la rédaction de cet article, telle que M. de Bethusy-Huc l’a amendée, lui plait mieux, parce qu'elle se rapproche davantage des termes du traité que nous avons conclu avec les autres États confédérés. Le préopinant (Waldeck) donne peu de-poids à la résistance possible des autres États. Sans doute leur résistance matérielle ne serait pas importante, mais je ne veux pas estimer si bas la résistance légale que ces États sont en droit de nous faire. Je ne demanderai pas si la situation générale, pen-

1 Voir plus haut l'explication de ces termes.

dant que la question se déciderait, — au cas où celle-ci dût se traiter à loisir et commodément, et qu’on se donnât toute latitude de temps pour la résoudre, — ne pourrait pas se modifier essentiellement, de telle sorte qu'il nous fallüt attacher nous-mêmes plus d'importance que maintenant à la résistance matérielle. Mais ce qui, selon moi, importe au plus haut point, c'est la résistance légale que nos confédérés sont en droit de nous faire.

Quant aux appréhensions, plusieurs fois exprimées 101, que le Parlement ne réduise singulièrement la sphère d’action et la plénitude des pouvoirs de la représentation nationale prussienne, je répondrai que ce Parlement se composera en majeure partie de représentants prussiens et librement élus par le peuple prussien, c’est-à-dire de vos compatriotes, peut-être de vous-mêmes. Pourquoi, en effet, la plupart d'entre vous ne se retrouveraient-ils pas au Parlement, puisque les élections, quelle que soit la loi électorale, ont toujours et en tout un résultat exactement conforme au courant du jour? C'es pouvoirs parlementaires (dont vous craignez le déplacement)seraient doncreportés du peuple prussien au peuple prussien. Vous auriez dans ce Parlement, borné comme il est à l'Allemagne du Nord, — de 238 à 240 membres prussiens sur un chiffre total d'environ 290, et ainsi se composerait une forte majorité née prussienne sur laquelle vous pouvez très bien vous reposer avec confiance du soin de sauvegarder, de son côté, les droits du peuple prussien. Si donc l’amendement du comte de Bethusy-Huc est adopté par la Chambre, cette autre rédaction, je le répète, paraîtra plus-acceptable au gouvernement que le texte de la commission. il est rejeté, le gouvernement cherchera, comme je l’ai déjà dit précédemment, à surmonter les difficultés, plus grandes, il est vrai, qu'on lui aura créées ainsi; y réussira-t-1l? ... le succès dépend de Dieu.

Les deux préopinants ont soulevé la question de savoir si le gouvernement du Roi, — spécialement si le ministre actuel des affaires étrangères a calculé d'avance les

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