‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 27 sur 138 · POLITIQUE ALLEMANDE DE LA PRUSSE · texte numérisé non relu

POLITIQUE ALLEMANDE DE LA PRUSSE

annexions dans la mesure où elles sont faites, sil a toujours tendu à un développement de la politique allemande par la voie actuellement choisie. Quant à l'étendue des annexions, elle dépendait avant tout de la grandeur des succès militaires et de la manière dont les puissances européennes se grouperaient au moment décisif; ce résultat futur se dérobait done aux calculs diplomatiques; mais, que victorieux, nous ne fissions aucune annexion, — il est vrai, je ne l'ai pas cru. |

Pour ce qui est de ma situation dans la question allemande, j'aurais pensé qu’à cet égard MM. les préopinants devaient avoir les éléments nécessaires pour s'orienter d’avance d’une manière assez exacte. Je ne puis exiger, sans doute, que vous connaissiez les débats intérieurs de la Diète germanique et les procès-verbaux de ses séances. Je ne sais pas non plus si les tentatives en faveur d'un parlement douanier allemand, faites au début de mon ministère actuel, sont arrivées officiellement à la publicité et sous quelle forme, mais je puis affirmer avec certitude que dès l’automne 1863, on a opposé aux visées autrichiennes dans le congrès des princes à Francfort (!) un programme portant ma signature, le même exactement qui vous est soumis aujourd'hui; vous ne pouvez donc, Messieurs, être dans une si complète ignorance du but que le gouvernement poursuit en fait de politique allemande, — et que vous ne l'aidez pas à atteindre. |

Pour ce qui concerne les «droits fondamentaux», j'espère, Messieurs, que vous aurez senti vous-mêmes qu’en disant que ces droits ne sont pas de mon ressort, j'ai voulu indiquer par là que je ne m’engagerais pas dans une discussion sur ce sujet au moment où nous nous occupons de la loi électorale. L'examen de ces droits appartient à la discussion

1 Congrès des princes souverains de l’Allemagne tenu à Francfort S. M. sous la présidence de l’Autriche, du 15 août au 1er septembre 1863. — La Prusse n'avait pas accepté l'invitation qui lui était faite de prendre part à cette assemblée princière.

de la future Constitution allemande; ce sera le moment alors de se prononcer à cet égard.

Dans la suite de la discussion, le comte de Bismarek répliqua en ces termes à une observation personnelle du député Dr Virchow :

Je crois que l'honorable orateur dans sa péroraison n’a pas bien rendu le sens de mes paroles. Je n’ai aucunement contesté le droit de tout député d'exprimer son opinion sur les résultats obtenus par le gouvernement; j'ai dit seulement que, si J'avais rendu le succès plus difficile par tous les moyens possibles, par le refus de tout concours, je n’aurais pas ensuite le courage de dire au gouvernement: Tu n'as pas obtenu assez.

Dans la discussion du projet de loi relatif à un crédit de 60 millions de thalers demandé par le gouvernement pour couvrir les dépenses extraordinaires de l’armée et de la marine oecasionnées par la guerre de 1866, le comte de Bismarck qui assistait à la séance, quoique très souffrant, prononça le discours qui suit :

Je ne suis malheureusement pas en état, Messieurs, de suivre cette discussion importante comme je le souhaïtais, mais je n'ai pu résister au vif désir de vous adresser en quelques mots une prière, celle de juger le projet moins au point de vue financier qu’au point de vue politique.

Par ce projet le gouvernement du Roi vous demande surtout si vous avez confiance dans la direction quil a donnée jusqu'ici à la politique extérieure, si vous voulez témoigner 161 la ferme résolution du peuple prussien de maintenir les résultats acquis par la dernière guerre et de les défendre, s'il le faut.

J'espère que cette dernière nécessité ne se présentera pas, j'espère que durant les années prochaines, nous pourrons développer en paix pour le bien de l'Allemagne ce

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