PROVINCE POLONAISE PRUSSIENNE
De l'entrée dans la Confédération de l'Allemagne du Nord de contrées autrefois polonaises. — Dans cette séance du 17 mars, le Parlement discutait l’article 1er du projet de Constitution (territoire fédéral); le député Kantak (Posen), au nom de ses compatriotes polonais, protesta contre l'attribution au Reichstag du droit ,d'anpuler, par une décision unilatérale, des traités internationaux et d’agréger à la Confédération du Nord les districts anciennement polonais appartenant à la Prusse.“ — Le comte de Bismarek, à ce sujet, prononça le discours suivant : |
Messieurs, sil est un point hors de doute, c’est que nous avons tous été élus, les députés de la province de Posen comme les autres, — pour constituer la Confédération allemande du Nord. Ce n’est pas dans un autre but que les électeurs de la province dont je parle ont été invités à donner leur suffrage, et l’on peut juger, par les rapports électoraux, de l’empressement inaccoutumé qu'ils ont mis à répondre à cet appel: sur cent électeurs, près de quatre-vingt-dix ont voté.
En protestant néanmoins contre l'étendue que nous voulons donner à la Confédération, l’orateur auquel je succède nous à, dans ma pensée, fait entendre assez clairement que sa protestation est dirigée, non pas contre la fédération, mais contre l'unité de la monarchie prussienne. Reconnaître cette unité, et contester, cependant, que l'État auquel on appartient ait le droit de poursuivre, de concert avec les gouvernements voisins, un but politique quil espère ainsi plus facilement atteindre, — voilà une contradiction qui ne viendra jamais à la pensée de tout homme ayant conservé la moindre logique.
Je le répète, — et, sur ce point, le discours que vous venez d'entendre n’a laissé subsister aucun doute, — la protestation est dirigée contre l’unité de la monarchie prussienne. Sinon avec plus de droit, du moins avec un peu
plus de logique, l’orateur aurait pu, à mon avis, saisir, 20 *
pour protester, une précédente occasion, je veux parler du moment où à été discutée la Constitution prussienne. On me dispensera d'entrer ici dans l'examen des arguments empruntés par l’orateur à une époque remontant au delà de cette Constitution. Au besoin, ceux d’entre vous, Messieurs, qui ont entendu dix fois, vingt fois ces mêmes arguments, littéralement les mêmes, dans la Chambre prussienne des Députés, pourraient, à leur tour, répéter, sans y changer un seul mot, les réfutations qui en ont été faites.
Ma tâche n'est pas de mettre ici en relief les détails dénaturés, les faits inexacts ou prescrits, maïs d'établir les principes plus généraux du gouvernement prussien vis-àvis de ces aspirations hostiles à l’unité de l’État, que garantit l’article 1% de la Constitution. Il m'importe, avant tout, — et nous le devons, je crois, à nos confédérés, — de combattre l'illusion à laquelle on s’abandonnerait, en imaginant qu'un nombre considérable des électeurs représentés ici par Messieurs les députés de nationalité polonaise, s'associent à de telles démonstrations contre l’unité de la monarchie prussienne, que ces Messieurs ont mandat pour représenter ainsi la province, et qu'ils étaient autorisés à exprimer au nom de leurs électeurs, de leurs commettants, comme le préopinant vient de le faire, des opinions purement personnelles.
À qui apprendrai-je que les habitants de la partie prussienne de l’ancienne république de Pologne ont été les premiers à ressentir et à reconnaître les bienfaits d’une civihsation infiniment supérieure à celle qu'ils possédaient jusque là? Je peux le dire avec orgueil, cette portion de la république de Pologne, placée aujourd’hui sous la domination prussienne, est plus prospère, plus assurée de ses droits, plus attachée à son gouvernement que ne l’a été, de mémoire d'homme, et aussi loin qu’on remonte dans l’histoire, une province quelconque de cette même république. La grande majorité des habitants de la province, toutes les fois que l’occasion lui en a été offerte, n’a pas manqué de