‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 34 sur 138 · PROVINCE POLONAISE PRUSSIENNE · texte numérisé non relu

PROVINCE POLONAISE PRUSSIENNE

témoigner sa reconnaissance, ainsi que son attachement au gouvernement prussien et à la Maison royale. Tous les moyens de séduction mis en œuvre pour «raviver le sentiment national », — dans les insurrections, qui se renouvellent presque tous les quinze ans, — n'ont pu entrainer les sujets prussiens de langue polonaise à prendre part, en nombre relativement considérable, à ces mouvements de la minorité, auxquels se sont mêlés surtout la noblesse, les employés des biens seigneuriaux et la classe ouvrière. Quant aux paysans, on les a toujours vus protester avec une grande énergie, et les armes à la main, contre toute tentative ayant pour but de ramener un état de choses qu'ils connaissaient pour avoir entendu leurs pères en parler, — protester, dis-je, avec une si grande énergie que le gouvernement fut obligé en 1848, par des raisons d'humanité, de faire marcher contre les insurgés d’autres troupes que des

troupes polonaises. Sur tous les champs de bataille, — je m'en rapporte, à ce sujet, au témoignage de l'honorable général placé à la tête du cinquième corps d'armée, — les

soldats polonais ont fait preuve des mêmes sentiments de fidélité. En Danemark et en Bohème, ils ont, avec la bravoure particulière à leur nationalité, scellé de leur sang leur attachement au Roi.

Ces mêmes habitants auraient-ils, dans les dernières élections, où ils ont pris une part si active, témoigné d’autres sentiments, — des sentiments pouvant faire naître la pensée que l’orateur auquel je succède a parlé au nom d’un nombre considérable d’électeurs? Cette prétention m'oblige à revenir sur les débats de la dernière semaine à propos des élections polonaises.

J'ai fait entrevoir alors au préopinant que je lui communiquerais quelques-unes des nouvelles qui nous avaient été transmises sur ces élections (1). Son discours d’aujourd'hui m’oblige à tenir parole; je prends donc la liberté de déposer sur le bureau de la Chambre un rapport de la

1 Voir page 281.

Présidence de la province de Posen. La lecture complète de cette pièce serait trop longue; avec la permission de M. le président, je lirai seulement quelques-uns de ces renseignements officiels, afin de donner plus de clarté à ce que je veux exposer.

Vous avez entendu dire à Messieurs les députés de nationalité polonaise que les partis, que le clergé ne s'étaient jamais renfermés, vis-à-vis des élections, dans un rôle plus passif qu'ils ne l’ont fait cette fois. Je ne crois pas que le dixième des cas où le contraire a eu lieu soit arrivé à la connaissance des autorités, car le Polonais, dans le respectable attachement qu’il porte aux desservants de son Église, ne se résout qu'avec peine à témoigner contre eux. Ce que nous avons appris suffit néanmoins pour reconnaître ex ungue leonem. Je me permettrai de citer trois ou quatre faits, sans les donner comme plus saillants que les autres, car ils se valent tous. |

Le prêtre Wieczorkiewiez, de Splawie, dans une réunion de paysans polonais, a parlé en ces termes :

, Les élections sont proches; soyons unis et fermes, autrement on nous ,défendra de parler polonais, de dormir en polonais, de prier en polonais, ,de chanter et de pleurer en polonais, de prêcher en polonais. Tous ,n0s enfants deviendront Allemands, et alors, il en sera de nous en »Allemagne comme en Russie; l'on nous pendra, si nous nous disons , Polonais.“

Autre Cas :

Le prêtre Kunze, de Kiebel, l’un des candidats de Bomst-Meseritz, à non-seulement convoqué des réunions électorales en différentes localités, dans la ville de Wollstein, par exemple, et, en contrevenant d’une manière formelle au mandement de Monseigneur l’archevèque, recommandé sa propre candidature; il à parcouru encore les paroisses de Priement, d’Altkloster et de Schlussenze, dont les curés s’abstenaient de toute agitation, et engagé les gens à lui donner leurs voix, en employant les moyens connus, c'est-à-dire en faisant croire aux Polonais qu'on en vou-

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