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PRÉTENTIONS POLONAISES

Je pourrais multiplier ces exemples, et vous montrer le sang germain coulant dans les veines d'hommes qui se montrent, aujourd'hui, les ennemis les plus acharnés de l'Allemagne. On viola les franchises des villes; on promit plus tard la liberté religieuse, on l’accorda mème en théorie, mais pour la yioler dans la pratique, en fermant les églises, en les confisquant au profit de communautés catholiques qui n'existaient pas, qu'il fallut créer et dont on prié le noyau parmi Jes nobles acquéreurs de biens ou les fonctionnaires envoyés dans la province. Beaucoup de citoyens, — je ne rappellerai ici que l'exemple de la ville de Thorn, — payèrent de leur tête leurs protestations. Sur 19,000 villages, 3000 seulement échappèrent aux ravages des Polonais dans la Prusse occidentale, après la bataille de Tannenberg. On trouva que c'était encore trop. Les guerres entre Polonais et Suédois diminuèrent le nombre des contrées épargnées jusqu'alors, et il est plus d’un exemple d’armées polonaises licenciées, auxquelles on assignait, comme colonies, les villages allemands dévastés.

La contrée de Marienbourg et de Stum, voilà, Messieurs, le berceau de vos électeurs d'aujourd'hui, descendants de soldats polonais établis en colons sur les ruines des fermes allemandes. Vos compatriotes sont originaires de ces contrées de Thorn, de Rhaden, de Friedeck et de Lübau, d'où les sources de la civilisation germaine se sont répandues sur la Prusse.

. Comment, en présence de ces faits, de cette violence que vos ancêtres ont exercée partout où 1ls ont été les maîtres, vous pouvez, Messieurs, invoquer l’histoire, c’est ce que je ne comprends pas. Vos prétentions sur la Prusse occidentale n’ont eu de valeur qu'autant que le glaive qui l'avait conquise a été assez puissant pour la conserver; elles sont tombées quand le droit d’où vous les faisiez émaner a cessé avec votre force.

Il en est de mème pour le grand-duché de Posen. Ce pays, où se trouvent aujourd’hui 800,000 Prussiens parlant polonais, et 700,000 Prussiens parlant allemand, nous

l'avons conquis à la suite de grandes et pénibles guerres. Pendant la guerre de Sept ans, la Pologne, au lieu de nous servir de rempart, a toujours été le point de ralliement et d'asile des armées russes. Nous avons conquis ce pays, pour la seconde fois, en 1815, à la suite d’une terrible lutte engagée contre un ennemi qui nous était supérieur. Les traités ont sanctionné cette conquête. Tous les États se forment de même. Nous possédons la Pologne et la Kilésie en vertu du même droit. Si vous combattez le droit de la conquête, c'est que vous n'avez pas lu votre propre histoire. Mais vous l’avez lue: vous avez soin seulement de la taire.

Les commencements de la Pologne ont été modestes, Messieurs!

Le pays riverain du lac de Goplo et de la Warthe, nommé aujourd'hui Grande Pologne, et qui, d’après les anciennes idées, était une partie très importante du territoire polonais, s’est agrandi insensiblement, par voie d’agglomération, de la Petite Pologne, dans la contrée de Cracovie. Le tout ne dépassait pas les limites de la Galicie occidentale actuelle et du grand-duché de Posen, que dis-je? n’atteignait même pas celles du royaume de Pologne proprement dit. Devenus puissants par leurs alliances avec les grand-ducs de Lithuanie, qui leur apportèrent des pays conquis déjà très considérables, les Polonais furent poussés, par leur soif de conquêtes, à attaquer l'Ordre Teutonique. Ils s'étaient contentés, auparavant, de s’agrandir d'un autre côté et aux dépens de la Russie. Lorsque les colonies fondées par les chevaliers Teutoniques contre les Prussiens alors païens eurent assuré la tranquillité sur cette frontière, en 1230 environ, l’ardeur conquérante des Po-= lonais se tourna contre les Russes, alors pressés par les hordes des Tartares mongols. La Pologne gagna ainsi les territoires composant aujourd'hui la Galicie orientale, et habités par ces mêmes Ruthènes qui peuplent les provinces de la Volhynie et de la Podolie, ainsi que le sud-est du royaume de Pologne. Les armes polonaises pénétrèrent

bien loin au delà du Dniester, elles conquirent l'antique résidence russe de Kiew, plus loin encore, Tschernigow, Smolensk, et d'immenses territoires, plus vastes, à eux seuls, que le lot échu à la Russie, lors du premier partage de la Pologne. A la mème époque, les Läithuaniens avaient largement entamé la Russie proprement dite, en soumettant les habitants de la Russie blanche qui peuplaient les environs de Witebsk. Se sentant alors assez forts, Polonais et lathuaniens réunis fondirent sur l'Ordre Teutonique et lui arrachèrent la Prusse occidentale, — cette province qu'il avait légitimement conquise sur la barbarie et rendue florissante, — pour la dévaster, et pour assujettir les paysans, libres jusqu'alors, à ce régime oppresseur qui a toujours caractérisé la domination polonaise.

Le préopinant nous à dit sans trop de détours ce qu'il ferait des provinces prusso-polonaises, s’il les avait détachées de leur faisceau actuel, et si, — tandis que nous cherchons nous-mêmes à faire disparaitre les servitudes des frontières, — 1l avait pu établir un nouveau cordon de douanes entre la Prusse occidentale et la Pologne d’un côté, l’ouest de l'Allemagne ou la Prusse orientale, de l’autre. Il à nommé le partage de la Pologne un crime. Messieurs, ce n’a pas été un plus grand crime que le partage de la Russie, tenté par vous-mèmes, Polonais, au quatorzième siècle, alors que vous étiez assez forts pour cela. Descendez en vous-mêmes, et dites-vous que le crime de conquête, vous l’avez commis cent fois, quand vous disposiez de la puissance nétessaire.

L'on n’a qu'à admettre par la pensée le rétablissement de la république polonaise, dans ses frontières de 1772, — je ne veux pas remonter plus haut, — pour être convaincu de l'impossibilité d’une telle restauration. Et cela, par une raison bien simple, c’est qu'il n’y a plus assez de Polonais! Les Polonais sont bien moins nombreux qu’on ne croit, de par lemonde. On les porte par erreur à 16 millions. Le territoire de la république de Pologne en 1772, — abstraction faite de la Livonie, conquète polonaise que les traités de paix

de 1660 donnèrent à la Suède, et de tout le pays (que la Russie acquit par la paix d’Andrussow) d’au delà du Dniéper, y compris la ville de Kiew, mais sans le gouvernement du même nom, — le territoire de l’ancienne république, dis-je, est habité aujourd’hui par vingt-quatre nullions d'hommes environ. Dans ce nombre se trouvent sept millions et demi de Polonais, — il n’y en a pas davantage au môénde, — et parmi eux un million et demi sont dispersés dans les vastes provinces occidentales de l'empire russe, au milieu de populations qui non seulement ne sont pas polonaises, mais encore ne veulent pas l'être, et ne retourneraient, à aucun prix, sous l’ancienne domination de la Pologne. Voyez quelle est, en Galicie seulement, l’inimitié des Ruthènes contre les Polonais, auxquels ils étaient soumis autrefois, comme les habitants de la Prusse occidentale. Je cite cet exemple, précisément parce qu'il est universellement connu. Vous pourrez juger par là des sentiments de ces 10 millions d'habitants non-polonais qui peuplent, avec un million et demi de Polonais, l’ouest de l'empire russe. s

Les dix pour cent de Polonais disséminés dans l’ouest de la Russie, et qui ne sont autres que les anciens maîtres imposés par la conquète, ou des renégats ayant adopté les mœurs et la langue polonaises, ont, vis-à-vis d'eux, quatrevingt-dix pour cent d’autres peuples, presque tous de famille russe, tels que les Ruthènes et les gens de la Russie Blanche: Ces populations ne parlent que russe, comme elles pleurent en russe, quand elles sont sous la domination polonaise. Enfin, elles sont et veulent rester Russes, et assistent le gouvernement russe dans ses luttes contre les nobles polonais. Les autres sont des Lithuaniens, des Lettons, des Allemands et, parmi eux, un nombre considérable de juifs. Sur vingt-quatre millions, vous en avez donc douze envers lesquels on serait injuste au suprême degré, si l’on redonnait à un dixième d’entre eux une domination redoutée et détestée des neuf dixièmes restant.

En Galicie, comme je le disais tout à l'heure, vous

avez deux millions de Ruthènes, à côté de deux millions de Polonais habitaut l’ouest de cette province; dans le royaume de Pologne proprement dit, 3,400,000 Polonais, 250,000 Russes au sud-est du gouvernement de Lublin, 250,000 Tathuaniens, du Niémen jusque près de Suwalki à la pointe nord-est du royaume; enfin, 300,000 Allemands et 600,000 juifs. J'ai déjà dit que dans la province de Posen on comptait 800,000 Polonais seulement, et dans celle de la Prusse occidentale, environ 350,000. Tout calcul fait, en ne considérant, bien entendu, que les groupes assez compactes pour se former en communes et avoir au moins chez eux la majorité, vous arrivez, si je ne me trompe, à un chiffre de 6,500,000 Polonais. C’est au nom de ces six millions, que vous demandez à dominer sur vingt-quatre millions d'hommes, et le ton, l’accent que vous donnez à votre demande feraient supposer qu'il n’y à pas pour vous d'humiliation plus profonde, de servitude plus indigne, que de ne plus pouvoir continuer à tenir sous le joug et à opprimer les peuples, comme vous l'avez malheureusement fait pendant des siècles, oui, pendant cinq cents ans.

Il ne faut qu'ouvrir les yeux à la réalité, et cette prétention ne tient plus devant le jugement de l'Europe, elle s'évanouit en utopie, une utopie qui, pour être réalisée, demanderait que l’on renversàt d’abord trois grands empires, l’Autriche, la Prusse et la Russie, que l’on détruisit trois des cinq ou six grands États européens, afin de rebâtir de leurs débris la domination fantastique de six millions de Polonais sur dix-huit millions de non-Polonais. Ces six millions voudraient-ils même être gouvernés à la polonaise? Je ne le crois pas : le passé leur a légué de trop douloureuses expériences.

Pourquoi le mouvement polonais s'est-il arrêté dans la Galicie occidentale? Parce que la noblesse polonaise à dû se convaincre que les paysans devinaient son but: le rétablissement de la Pologne. Effrayée de cette perspective, la population des campagnes a tourné le dos au mou-

vement et aux fallacieuses promesses des mobles. Ceux-ci ont été pris eux-mêmes d’un frisson à la pensée des sanglantes et criminelles horreurs commises par les paysans en 1846; ils ont remis le sabre au fourreau et préféré de vivre en paix, du moins jusqu’à nouvel ordre, avec le gouvernement autrichien. Il me suffira, je crois, surtout visà-vis de MM. les députés polonais, qui connaissent encore mieux que moi-même la vraie situation, d’invoquer un si éclatant exemple, pour prouver que même les six millions et demi de Polonais n’ont nulle envie de retourner sous le joug de quelque deux cent mille nobles.

On à pu en voir un nouveau témoignage dans le cours de la dernière insurrection en Russie. Je ne vanterai pas la domination russe comme bien clémente ; mais le paysan polonais la préfère encore à celle des gentilshommes ses compatriotes. Dans tous les lieux où elles arrivaient et d'où les gendarmes-pendeurs (!) avaient disparu, les troupes russes, il y à trois ans, ont rencontré un accueil et un appui aussi empressés qu'on pouvait l’attendre de la part de populations intimidées.

Je vous y invite donc, Messieurs, vous qui prétendez représenter ici le peuple polonais, renoncez à troubler l’Europe, la Prusse, votre propre province, en poursuivant un but placé absolument hors de votre atteinte. On flatte peut-être vos espérances en vous donnant ce but comme accessible ; mais alors on vous trompe, ou vous vous trompez vous-mèmes, comme trop souvent on s'illusionne sur ce au’on désire. Que la noblesse polonaise éprouve pour l’ancien état de choses une sorte de nostalgie, je le comprends sans peine; nous voyons un fait absolument analogue se produire dans les territoires allemands soumis autrefois à des princes ecclésiastiques. Mais renoncez à courir plus longtemps après un tel fantôme, joignez-vous à nous, joignez-vous à la majorité de vos frères de langue polonaise en Prusse, joignez-vous aux paysans polonais,

1 Avant-garde des insurgés polouais.

pour prendre part aux bienfaits de la civilisation, que vous offre notre pays, et qui trouvent une garantie nouvelle dans les gages donnés à l’ordre et à la paix par la Confédération de l'Allemagne du Nord. Associez-vous avec loyauté à l’œuvre commune, notre main vous sera franchement tendue et nous serons heureux de vous saluer au milieu de nous comme frères et compatriotes.

Mais que l’Assemblée, dans sa grande majorité allemande, médite cet éloquent enseignement des destinées de la Pologne. Elle verra où un grand et puissant État, conduit par une noblesse brave, guerrière, mais égoïste, peut arriver, quand il met la liberté de l’individu au-dessus, je ne dirai pas de l'unité de l'État, mais de sa sécurité extérieure, lorsque, en d’autres termes, les franchises individuelles étouffent comme une plante parasite Les intérèts généraux.

Qui voudrait refuser son admiration au degré d'énergie déployé par la noblesse polonaise dans ses luttes en vue de reconquérir la domination passée? Et cependant, ni les plus énergiques efforts, ni le plus grand dévoüment, n1 la plus brillante bravoure n’ont suffi aux quelques individus engagés dans ces différentes tentatives, pour regagner les biens une fois perdus. Le mot du poète demeure vrai: «Ce moment que tu as laissé échapper, l'éternité ne te le rendra pas.» |

A la suite de ce discours, le député baron de Hammerstein ayant cru nécessaire d'expliquer le point de vue de la noblesse hanovrienne, vis-à-vis de laquelle, suivant lui, le comte de Bismarck aurait témoigné de la défiance comme envers la noblesse polonaise, — le ministre-président répliqua :

Je ne veux que rectifier une erreur de fait. M. le préopinant a mal compris mes paroles. Je n'ai pas parlé des tendances de la noblesse hanovrienne, que j'aurais ainsi comparée, suivant l’orateur, à celle de Pologne, mais bien de la peine singulière qu’éprouvaient nombre d'habitants d’an-

ciens territoires ecclésiastiques de l'Allemagne à oublier la

situation antérieure, plus favorable pour la noblesse de ces pays.

Après un discours du député de Hennig qui combattait énergiquement les tendances des députés polonais et affirmait, entre autres choses, qu'il y a eu en Pologne des priviléges mais point de liberté, — le comte de Bismarek reprit la parole :

Je tiens seulement à faire remarquer que les Polonais, au temps précisément où ils composaient un État, regardaient l'indépendance de l'individu comme le vrai criterium de leur liberté. Je me souviens d’avoir lu sur un écusson polonais une devise à peu près ainsi conçue, si je cite fidèlement: penes Regem majestas, — on laissait au Roi les signes extérieurs de la puissance, — penes senatum auctoritas, penes nationem libertas. Ils ne demandaient pas autre chose pour la nation; mais cette liberté a donné le coup de mort à leur existence politique.

En faisant du parti progressiste prussien actuel cet éloge qu'il n'a jamais eu rien de commun avec les mouvements venus de l'étranger, M. le préopinant regarde 6évidemment les tendances polonaises comme non étrangères et tout-à-fait intérieures. Je me rappelle du moins m'être trouvé, 1l y à quatre ans environ, et sur un autre terrain, engagé dans une lutte très-vive et très-aigre contre les partis polonais et progressiste coalisés.

SÉANCE DU 18 MARS (Suite).

Le Sehleswig-Nord. — Dans cette même discussion de l'art. Ler du projet de Constitution (territoire fédéral), le député Kryger avait demandé que la partie nord du Schleswig demeurât en dehors de la Confédération; — le comte de Bismarek lui répondit :

Je puis me référer, en réponse au discours que vous venez d'entendre, à ce que j'ai déjà dit sur la mème ques-

s SCHLESWIG-NORD. 328

tion dans la Chambre prussienne des députés, et aux pièces lues à cette tribune par le premier orateur que l’assemblée a entendu aujourd'hui, — pièces qui figureront au procèsverbal de la présente discussion. Mon seul but, en prenant la parole, est de réfuter deux assertions du préopinant. D'après la première de ces assertions, les frontières septentrionales de la Confédération du Nord seraient encore douteuses, indécises. Le projet de Constitution étant accepté, comme 1l vous est soumis, la Confédération aura pour frontières (au nord des Duchés de l’Elbe) celles qui ont été stipulées, lors de la paix de Vienne, entre le Danemark, d’une part, la Prusse et l'Autriche de l’autre. Une nouvelle hgne, si elle doit être tirée, suppose des négociations nouvelles, et Je ne crois pas que les concessions auxquelles pourra se déterminer la Prusse, sous ce rapport, rencontrent quelque opposition de la part de ses confédérés. Opposition difficile à prévoir, en effet, puisque nos alliés y ont renoncé en quelque sorte d'avance, en reconnaissant, par le traité d’albance qu'ils ont conclu avec nous, la validité du traité de Prague, dans tout son contenu, celle aussi, par conséquent, de la disposition (article V) relative au Schleswig-Nord.

La seconde assertion, que je combats comme inexacte en fait, consiste à prétendre que tout habitant du Schleswig pourrait, sur le traité conclu entre la Prusse et l'Autriche, fonder un droit quelconque à réclamer le vote des populations. Sa Majesté l’empereur d'Autriche à seul le droit de réclamer de nous l'exécution de la paix de Prague. Dans quelle mesure? C’est là un point que l'instrument même du traité laisse indéfini, donnant ainsi au gouvernement prussien la latitude de se diriger d’après ce qu'il croit lui même équitable et conforme aux intérêts de l'État.

En faisant à la Chambre prussienne des députés la :déclaration que le député Kantak à citée aujourd’hui, savoir que la Prusse pourrait dans certaines circonstances, étant: don; née la situation géographique d’une nationalité. étrangère

soumise à l’État prussien, lorsque, d’ailleurs, cette, natio- 21°

nalité manifeste ses vœux avec persistance, et qu'on sait clairement ce qu’elle deviendra quand la Prusse aura renoncé à la retenir..... — en faisant, dis-je, ces déclarations, jai précisément eu en vue le Schleswig septentrional; j'ai voulu dire qu'il n’était d’un intérêt capital ni pour la puissance ni pour l'existence politique de la Prusse qu’elle comptât ou non parmi ses sujets quelques habitants qui, parlant danois, préféreraient appartenir au Danemark.

La ligne frontière que nous ne pouvons ni ne voulons dépasser, sera marquée par l'intérêt et le soim de notre sécurité militaire. Nous ne reconnaîtrions , ni n’accorderions à aucun prix, — rien d’ailleurs ne nous y oblige, — une frontière qui affaiblirait de ce côté notre position stratégique, et pourrait nous mettre dans la nécessité de reconquérir une fois de plus ce Duppel qui nous a coûté tant d'efforts et un sang si précieux. Il n’est pas dit, dans l'instrument du traité de paix : Le district-nord du Schleswig, ce qui aurait pu faire supposer que le Schleswig était divisé en deux districts, l’un du Nord et l’autre du Sud. Il n’est pas dit non plus: un district indiqué par la différence de langue; Von s’est servi de cette expression : les districts nord du Schleswig. Le Schleswig peut compter plusieurs, et même un nombre considérable de ces districts. On peut se les représenter de très petite, comme aussi de très grande dimension; mais je ne crois pas que leur étendue définitive atteigne les proportions qu'on leur donne à Copenhague.

Je n'examinerai pas dans cette Chambre si, pour fixer la ligne frontière, nous avons besoin d'être d'accord avec l'Autriche. Dans le cas où le Cabinet impérial le demanderait, nous ne nous refuserions pas à négocier, mais à négocier sur le point de savoir si nous sommes obligés ou non de requérir cet assentiment. Nous devrons toutefois, au préalable, entrer en négociations avec le gouyernement danois, pour savoir s'il veut accepter la rétrocession, dans quelles limites il l’accepte et à quelles conditions. Supposé que, dans les districts à rétrocéder, il se trouvât des Alle-

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