RÉPONSE A CERTAINES ATTAQUES
nements d'accord sur un tout petit paragraphe, ou même sur une simple question de ponctuation, alors surviennent des personnes qui ne savent que peu de chose de toutes ces luttes, qui ne peuvent rien savoir de ce qui s’est passé dans la sphère officielle, et qui agissent — je ne trouve que cette comparaison, — comme quelqu'un qui jetterait une pierre dans ma fenêtre fermée, sans savoir à quelle place je me tiens. Il ne sait où il m'atteint, il ne sait quelles difficultés 11 me crée à l'instant même pour les affaires qui m'occupent et qui me deviennent impossibles par suite de cet acte d’hostilité. Il ne sait, .….. Vous ne savez quelles sont, dans ce moment, les questions de politique étrangères pendantes, qui, avec un appui énergique donné au gouvernement par cette assemblée, pourraient être traitées tout autrement que si l’on voit les deux pouvoirs ne pas marcher absolument d'accord, et sil suffit du moindre motif pour créer une séission sérieuse et profonde. Ainsi attaqué, Messieurs, on arrive très facilement, sans avoir besoin d'irriter ses nerfs par une excitation artificielle, à se trouver dans une disposition d'humeur que je ne puis mieux caractériser, pour M. le député, qu'en l’engageant à relire une des premières scènes de Henry IV; il y verra quelle impression éprouva Henry Percy, quand certain chambellan vint lui demander ses prisonniers et lui fit à lui, Percy, blessé et brisé par la fatigue du combat, tout un cours sur les armes à feu et les blessures intérieures. Le passage se trouve au commencement de la pièce et débute par ces mots : «1 remember that when the fight was over, there came a certain Lord» etc. Ce que Percy éprouvait, je l'éprouve un peu moi-même lorsque j'entends, sur des choses pour lesquelles j'ai souffert et combattu, et que je dois connaître mieux que personne, — prononcer de tels discours.
De la présence du Chancelier fédéral aux débats du Parlement. — Dans cette même séance, du 29 mars, le député Dr Braun proposait ajouter à l’article 23 du projet de Constitution: que le Parlement aurait le droit d'exiger la présence du Chancelier fédéral aux débats. — Le comte de Bismarck s’exprima sur ce sujet comme il suit :
Je crois que M. le préopiuant exagère l'importance du Chancelier fédéral quand il est d'avis que l’absence de ce fonctionnaire pourrait dans certaines circonstänces paralyser le Reiïchstag au point qu'il a indiqué. Je considère cette addition réellement comme superflue. Les gouvernements ont l'intérêt le plus grand, le plus pressant à défendre leurs vues dans le Reichstag et à sy faire représenter. Je ne puis me figurer comme possible labsence de tout représentant des gouvernements qu'en un seul cas, celui où les gouvernements se trouveraient dans l’impérieuse nécessité de se taire sur la question discutée. Si, dans un cas pareil, vous vouliez, par une sorte de mandat d'amener, forcer le Chancelier fédéral à faire acte de présence devant vous, je ne vois vraiment pas, — en me mettant à la place de ce fonctionnaire, — quel moyen de contrainte, J'entends du moins quel moyen parlementaire pourrait me forcer à parler quand je veux me taire, et cet acte de présence pure et simple, sans mot dire, serait en certaines circonstances un embarras pour les gouvernements, encore plus pour les personnes qui les représenteraient, surtout quand il s'agirait de questions extérieures. Il se peut bien que précisément par le fait de l’absence de ses représentants, le gouvernement ait l'intention daffranchir les débats du Parlement, en telle occasion, de toute gêne et de toute réserve. Il se peut encore qu'il veuille se taire, et le silence d’une personne présente à toujours quelque chose qui ressemble à un consentement. Toutefois, je ne puis imaginer que bien peu de cas de ce genre, où les. gouvernements seraient d'accord pour ne point paraître à la séance, malgré le désir qui en aurait été mamifesté par le Reichstag. Agir ainsi, ce serait avoir l'air de chercher de gaité de cœur des difficultés et d'abandonner vo-