REPRÉSENTATION DIPLOMATIQUE DE LA PRUSSE
moyen indiqué par le précédent orateur comme pouvant mener au but, aurait l'effet précisément contraire, moyen qui consisterait ainsi à abréger la durée de la Confédération de l'Allemagne du Nord en étendant celle-ci à l’Allemagne tout entière. Les difficultés de résoudre la question du droit d’ambassade n’en deviendraient que beaucoup plus grandes; la Bavière, par exemple, aurait encore à cet égard de tout autres prétentions que la Saxe, — et la manière dont nous agissons maintenant envers nos confédérés peut avoir une influence considérable, soit comme encouragement à l'union avec le Nord, soit dans le sens contraire, sur la résolution future des États allemands du Sud.
Mais je prends surtout la parole pour contredire l’assertion suivant laquelle le comte de Platen-Hallermünde (1) et autres pensant comme lui, lesquels ont refusé de reconnaître le nouvel ordre de choses, recevraient de nous soldes de retraite, pensions, ou n'importe quels émoluments; — je ne sais pas à quelle source trouble M. l’orateur a puisé de telles communications. Mais que nous ne puissions dépouiller ceux qui se sont soumis au nouvel ordre de choses d’un traitement bien acquis, par exemple d’une pension qu'ils ont gagnée au service de l’ancienne souveraineté du pays et dont la loi les autoriserait à poursuivre le paiement, sans doute le préopinant devra nous l'accorder.
Si une attitude hostile envers le gouvernement royal prussien entraînait, malgré la loi, perte de pension, nous serions par là, je crois, menés à des conséquences que M. le préopinant lui-même ne voudrait pas reconnaître dans toute leur étendue.
Lorsque l’orateur nomme une largesse ce respect d’un droit légalement exigible, lorsqu'il part de là pour accuser en général la politique prussienne de ne procéder qu'avec largesse, — à la facon marchande, a-t-il dit, je crois, — et ainsi jusqu'à un certain point par voie de subornation, cette assertion est chose pour moi d’un haut intc-
1 Ministre du Roi Georges de Hanovre, en 1866.
rèt, et elle montre combien la manière de voir de M. le préopinant et la mienne sont différentes. Quand l’orateur, par exemple, a voulu rechercher dans son souvenir tous les jugements, toutes les critiques tranchantes sur la politique prussienne du ministère actuel, sur la diplomatie prussienne, qu'il m'a lui-même fait entendre pendant les cinq années que j'ai eu l’honneur de me tenir ou de siéger à cette place, — quand il à voulu rappeler comment je me suis permis de lui demander, un jour (1), ce qu'il dirait, si dans la spécialité où l’on reconnaît qu'il est passé maître, beaucoup plus que je ne le suis dans la mienne, il entendait quelque jugement absolu et tranchant porté par un homme peu compétent, et que celui-ci füt, à ses yeux, mille fois convaincu d'erreur par les faits et les résultats de la science, — observation ou question à laquelle je me permis encore d’ajouter que M. l’oratcur m'accordait, je crois, d’entendre mieux que lui les choses que l’on discutait en ce moment, cest-à-dire celles de la diplomatie, — en vérité, quand je rappelle à M. le député ce souvenir et qu'il veut bien luimème se remémorer toute cette série de critiques prononcées par lui d'un ton si décisif, mais auxquelles les faits n'ont point donné raison, j'admire qu'il ait le courage de continuer encore ces critiques.
Le député Kanngiesser ayant ensuite défendu la proposition dont il était l’un des auteurs, le comte de Bismarek lui répondit par le discours qui suit:
Le gouvernement du Roi considère la proposition qui vous est présentée et qu'un de ses auteurs vient de défendre, comme incontestablement juste en principe dans sa première partie, indiquant, comme elle fait, le but où doit tendre la Constitution fédérale dans son développement, le but où tend la politique allemande de la Prusse. Je me trouve d'accord à cet égard, — et je le constate, pour la areté du fait, — avec l’un des orateurs précédents (Dr Vir-
1 jer volume des Discours, p.93. Séance du 18 décembre 1863.