AMBASSADE DE PRUSSE A DARMSTADT
primé le vœu que j'empèchasse le plus possible qu’on ne prit texte de cette question, dans les Chambres prussiennes, pour invectiver le gouvernement impérial (russe), — attendu que celui-ci ne désire rien moins que de voir un débat s'élever à l'étranger sur ces affaires et qu'il ne croit pas qu'elles aient rien à y gagner.
Dans le cours de la discussion, le deputé de Hennig recommanda la seconde partie de la proposition, c’est-à-dire la suppression des am-
bassades prussiennes à l'intérieur de la Confédération. — Le comte de Bismarek répondit :
Je prierai M. le préopinant de considérer que la situation d’un ambassadeur présente des avantages que n’a pas un commissaire envoyé ad hoc, chargé d’une négociation spéciale, — notamment la facilité, grâce à une connaissance directe et personnelle, d’être admis auprès du souverain qui est pour nous le dernier recours en ce qui concerne les mesures à prendre dans l’intérieur d’un pays confédéré, — et ce recours, 1l serait très fâcheux pour nous de le perdre. Si nous déléguons, à cctte occasion, un commissaire, ainsi quil est d'usage pour la conclusion des traités de chemins de fer, de douanes et de télégraphes, ce délégué ne peut négocier qu'avec les autorités analogues ou les institutions techniques de l’État fédéral auquel nous avons affaire, et il excéderait ses attributions si, passant par dessus les autorités locales, lorsque sur un point cellesei refusent de faire un pas en avant, il voulait s'adresser au souverain; il lui faudrait pour cela un pouvoir signé par notre souverain, et dont l’autre souverain serait avisé. Autrement, il ne pourrait exprimer ses griefs (en haut lieu) qu'occasionnellement et d’une manière officieuse.
Le député Dr Waldeck demandait spécialement la suppression de l'ambassade prussienne à Darmstadt. — Le comte de Bismareck combattit cette demande comme il suit :
L'ambassade à Darmstadt n’est pas un poste de si fraîche date que le suppose M. l’orateur; elle existe depuis aussi longtemps que je puis me rappeler, mais avec ce désavantage jadis que la représentation prussienne près la ville
b8 CHAMBRES PRUSSIENNES. — SESSION DE 1867-68.
libre de Francfort avait également sa résidence à Darmstadt. C'était à une extrème incommodité pour les relations commerciales, notamment pour les voyageurs arrivant à Francfort; car celui qui était obligé de paraître en personne à l'ambassade, devait faire, dans ce but, le voyage de Francfort à Darmstadt. C’est pour cela qu’à l’époque où j'étais ambassadeur à la Diète, le poste de ministre résident près la ville libre de Francfort fut séparé de l’ambassade de Darmstadt. Cette dernière, autant que je me souvienne, est un poste qui existe depuis longtemps; car je connais des diplomates âgés de 60 à 70 ans, qui dans leur jeunesse ont été ambassadeurs à Darmstadt. C'est à titre d’éclaircissement historique seulement que j'ai rappelé ainsi que le poste de ministre-résident à Francfort était un dédoublement et une création nouvelle, — et de ce que ce poste n'a pas existé antérieurement, on ne peut conclure qu'il soit possible ou nécessaire de supprimer aujourd'hui l'ambassade à Darmstadt. Si dans cette résidence il n'y avait rien à faire pour un ambassadeur, j'ai peine à croire que les autres puissances étrangères y conservassent des postes diplomatiques, et le seul fait qu’elles ne les suppriment pas nous oblige à avoir là un agent, quel qu'il soit. Que cet agent, à l'avenir, porte le titre d’ambassadeur, on qu'on veuille donner, dans l’intérieur de la Confédération de l'Allemagne du Nord, — si la Hesse-Darmstadt doit un jour y centrer complétement, — qu'on veuille donner aux agents diplomatiques permanents dont la Présidence, dans ma conviction, ne peut, sans préjudice, être privée auprès des différents gouvernements, une autre désignation, un autre nom que celui de représentant international, c’est là une pure affaire de convenance. Mais dans l’état de choses actuel, mon opinion est que pratiquement je ne saurais me priver de ce poste diplomatique, quel que soit le titre qu’on doive lui donner.
Lorsqu'il fut question, dans le débat, de l'ambassade prussienne à Dresde, le député Wælfel cita, en s’étonnant de les y trouver, certaines pages contenues dans l’Almanach des sociétés militaires saxonnes,