DIVISIONS PROVINCIALES
de la Saxe jusque vers Wittenberg; — puis rendre à la Westphalie l’enclave méridionale du territoire de Goettingue, détachée du Hanovre, et les anciennes parties du district impérial de Westphalie, Osnabrück et la Frise orientale; — enfin former une province de Basse-Saxe — ainsi que je l'aurais appelée — au territoire de laquelle on aurait joint la contrée de Magdebourg. Cet idéal, — comme je l'ai nommé, — ne s'est point réalisé, peut-être par manque de temps, peut-être par absence des forces nécessaires. Il est facile de comprendre que si de pareils changements doivent être opérés dans la division des provinces, les affaires auxquelles on a déjà peine à suffire imparfaitement et à la hâte, ne pourront plus ètre traitées avec les rouaœes administratifs et le personnel actuels. On à travaillé partout autant que possible, peut-être incomplétement, peutêtre même quelquefois inhabilement, mais nous employons les moyens tels que nous les avons, car nous ne pouvons nous les faire.
Ces obstacles toutefois ne m’eussent peut-être pas rebuté, mais jeusse été conduit à créer quelque chose de provisoire, si je n'avais rencontré une résistance plus forte, dont le parti progressiste précédemment à fait grand bruit. Je me rappelle qu'on objectait toujours, lorsqu'il était question de décider du sort du Schleswig-Holstein, que le peuple de ce pays devait prononcer sur son sort, qu'il fallait convoquer les États et demander leur avis. C’est précisément ce principe du parti démocratique que nous avons suivi en Hanovre, et nous n'en sommes pas moins blâmés, par ce que notre conduite ne s'accorde pas avec les tendances locales. — Dans la Hesse on s’est élevé contre un démembrement de l’organisation politique du pays. Les Hessois désiraient rester unis sous une constitution provin- Gale qui, dans la forme, et autant que possible dans le fond, se rapprochàt de l’ancienne constitution du pays; ils ne voulaient voir séparer d'eux ni Hanau ni Fulda. Mème en Nassau on était peu disposé à se joindre toialement à la province rhénane, et en Hanovre, il se produisit, parmi
les hommes de confiance et dans le sein des États provinciaux, une opposition bien accentuée à toute division du pays. À Osnabrück, autant que j'ai pu lapprendre, on était unanime à repousser la séparation d'avec le Hanovre. Dans la Frise orientale, ainsi que le prouve la pièce qui a été lue, les avis étaient partagés. Je pense que les trois grandes villes de commerce penchaient vers la réunion à la Westphalie, tandisque les populations rurales désiraient ‘ rester dépendantes du Hanovre; du moins, parmi les hommes expérimentés, riches ct instruits qui ont représenté 1e1 ces populations, il ne s’en est pas trouvé un qui ne partageât cette dernière idée. Tous ces faits, ainsi que la répugnance témoignée par les intéressés ct spécialement par les Frisons, m'ont découragé de suivre mes idées; les choses sont devenues ce qu'elles sont, et j'ai peine à croire qu'on puisse les modifier maintenant. Dans cette question aussi, les intérêts particularistes ont été presque plus puissants que ceux de la province, plus puissants mème que ceux de l’État. Les habitants de la Frise orientale avec lesquels je me suis entretenu de la question, m'ont toujours déclaré qu'ils tenaient plus à l'établissement d'une préfecture à Aurich ou dans toute autre ville frisonne qu'à leur union avec la province. La seule pensée d’avoir à traiter avec un gouvernement ayant son siége hors de leur pays, à Osnabrück, par exemple, leur était désagréable, et dès que le cours de la conversation leur eut fait soupçonner que cette dernière ville deviendrait le chef-lieu de la nouvelle régence à créer dans la province de Westphalie, ou avait plus de chances de le devenir qu'Aurich ou toute autre ville de Frise, ils laissèrent voir à cet égard de l'éloignement et de la répugnance.
Tels sont les motifs qui nous ont guidés. Je ne puis croire que la mesure projetée aurait eu ou aurait encore des suites désavantageuses pour la province et pour cette partie de la Frise orientale; car les limites de provinces dans lPintérieur d’une Union douanière ne sont certainement pas comme celles du pays entier ou d’une telle Union. Il n’a point