‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 84 sur 138 · DIÈTES TERRITORIALES ET PROVINCIALES · texte numérisé non relu

DIÈTES TERRITORIALES ET PROVINCIALES

dre à la Confédération. Ceux qui s'opposent à l’accession ce sont les partis réactionnaires.

Je ne veux pas désigner autrement ces partis rétrogrades; les dernières élections dans l'Allemagne du Sud les ont mis en évidence, et vous pouvez bien penser avec quelle hilarité intérieure j'entends vos rires et j'y réponds, vos rires qui témoignent d’une telle ignorance des faits.

Si nous pouvions, si nous voulions faire à ces partis qui ont la haute main dans l'Allemagne du Sud quelques concessions dans le sens réactionnaire, si nous voulions leur accorder certaines garanties qui en ce moment peut-être vont être abolies dans un État voisin(!), vers lequel se tournent des désirs impatients, si nous voulions faire de telles concessions, — et il ne s'agirait certainement pas de mesures libérales, — peut-être alors gagnerions-nous une majorité dans l'Allemagne du Sud pour l’accession. Je ne décide point si c’est un avantage d'être libéral ou de ne pas l'être; mais celui-là connaît bien peu l'Allemagne du Sud, Bade excepté, qui ne sait pas qu’en fait de libéralisme ces pays, — je ne dirai pas depuis un âge d'homme, mais bien pendant cette période de temps écoulée depuis la révolution de juillet, — sont restés en arrière de nous.

Le député baron Nordeck de Rabenau proposait que le Chancelier fédéral fût invité à faire en sorte que désormais les Sessions des Diètes territoriales et provinciales ne coïncidassent plus avec celles du Reichstag. — Sur cette motion, le comte de Bismarck fit la déclaration suivante :

L'objet de la motion est d'inviter le Chancelier fédéral à faire en sorte que désormais il n’y ait plus coïncidence

1 Bade. Des réformes libérales allaient s'accomplir dans la légis-

lation badoise.

entre les sessions des Diètes territoriales (1) et provinciales et celles du Reichstag. J'accueille très volontiers cette motion et me déclare tout prèt à faire ce qu’elle demande. Obtiendra-t-elle partout aussi bon accueil? je ne puis le garantir. Je l'espère pourtant; mais je ne suis pas autorisé à lirniter sur ce point la liberté des gouvernements confédérés. En Prusse, je puis, il est vrai, user de ma situation dans le ministère prussien pour empêcher que ce qui à lieu actuellement sous ce rapport ne se renouvelle, aussi longtemps du moins que les idées qui prévalent aujourd'hui à cet égard, d’une façon assez inattendue pour moi, resteront les mêmes.

J'avais prévu sans doute que la session des Diètes provinciales pourrait en partic coïncider avec celle du Reichstag, mais ce que je ne prévoyais pas, c’est qu'un membre d’une Diète provinciale, député en même temps au Reichstag, aimât mieux remplir son premier mandat que le second; c'était d'autant moins présumable que chaque membre des Diètes provinciales à un remplaçant légalement élu qui peut toujours être appelé à siéger en son lieu et place, surtout quand il y a un empêchement aussi sérieux (que celui du double mandat). Je n’ai pas moins été surpris de ce que des fonctionnaires, sans même s'être assurés, autant que je le sache, de l'approbation de leurs supérieurs, aient allégué les nécessités de leur service comme un empêchement à ce qu'ils vinssent occuper ici leurs siég'es de députés. Je n'ai pu me permettre là dessus aucune observation, le kReichstag ayant mis une indulgence extrème, une indulgence que je regrette, à accorder ces demandes de congé.

Si J'avais eu l'honneur d’être membre de la Haute Assemblée, j'aurais repoussé presque toutes les demandes de congé qui ont été présentées, toutes celles qui n'étaient pas fondées sur des motifs de santé, car j'estime qu’un citoyen de la Confédération de l'Allemagne du Nord auquel ses

1 Diètes des différents États de la Confédération.

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