MAI
La haute industrie et le haut commerce de Berlin donnèrent, le 21 mai 1868, dans sa salle de la Bourse, un grand banquet en l'honneur de la réunion du premier Parlement douanier“,
Les paroles que prononça le comte de Bismarck dans cette fête patriotique, peuvent trouver place à côté de ses discours parlementaires.
M. Simson, président du Parlement douanier, avait remercié la ville de Berlin et porté un toast à sa prospérité.
Le comte de Bismarck prit ensuite la parole, et dit :
Le toast que vient de porter mon honorable collècue, le président du Parlement douanier, n’est peut-être pas exempt d'une petite pointe d’égoïsme: c'était une captatio benevolentiæ fort habile, à l'adresse du jury d'invitation, afin d’en obtenir un: «Vous avez bien fait votre devoir!» Permettez-moi de me garder du même écueil et d'exprimer ici le sentiment de tous, en adressant un salut d'adieu à nos frères du Sud de l'Allemagne.
Le temps si court de notre réunion est passé vite, comme un jour de printemps; puisse-t-il avoir les mêmes effets que le printemps sur les jours à venir! (Applaudissements.)
Après le travail que vous venez de faire en commun pour les intérêts de l'Allemagne, vous emporterez chez vous, je l'espère, cette conviction que, dans toutes les situations de la vie, vous retrouverez ici des cœurs et des
mains de frères (applaudissements); et chaque nouvelle réunion, jen suis persuadé, rendra le rapprochement plus intime et plus solide. (Applaudissements.) Entretenons de notre mieux cette vie de famille. C’est pénétré de ce sentiment que j'adresse à mes frères allemands du Sud un cordial: «Au revoir!» (Applaudissements bruyants et prolongés.)