‹ Les discours de m. le comte de BismarckChapitre 97 sur 138 · AMBASSADES PRUSSIENNES EN ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

AMBASSADES PRUSSIENNES EN ALLEMAGNE

ce témoignage aux Cours confédérécs que, reconnaissant la valeur internationale de l’organisation projetée, elles ont elles-mêmes dès l’année dernière, dans des négociations confidentielles, pris l'initiative sur ce sujet, qu'elles n'ont jamais contesté la mesure en soi, et que l’exécution n’en cest à leurs yeux qu'une question de temps.

Si M. le préopinant veut rattacher à cette mesure des propositions d'une plus grande portée encore, je crois devoir mettre en garde contre l’idée de tirer ici des conséquences, comme on pousse à l'extrême une doctrine. Phéoriquement, je puis donner pleine raison à l’orateur; mais la théorie dans la pratique de la diplomatie, sur le terrain diplomatique, est encore plus douteuse, à encore moins de valeur positive que dans la vie usuelle. Pratiquement, c'est pour nous une nécessité pressante de conserver nos ambassades auprès des Cours confédérées, nécessité que je me suis permis déjà l’année dernière, à cette place, d'exposer, en donnant les raisons à l'appui (1). Quant à la question de savoir si les postes diplomatiques que nous avons auprès des Cours de l'Allemagne du Nord et dont nous croyons avoir besoin, doivent ou non être conservés dans leur même forme et sous la même dénomination, je vous prie de la laisser décider par l'expérience pratique de avenir, et de ne rien préjuger dès aujourd'hui, avant que le transfert complet des affaires diplomatiques à la Confédération soit résolu. Donnez nous le temps de faire d’abord lépreuve de cette nouvelle situation, plutôt que de vouloir la régler définitivement à l'avance. Il se peut que d'ici à un an on reconnaisse que ces organes sont devenus inutiles pour la politique prussienne et pour le bien, qui en est inséparable, de l'État prussien. Peut-être aussi, l'opinion contraire que j'ai exprimée l’année dernière et dont je réitère ici l'expression, se fortifiera-t-elle encore dans le cours de l'année. Laissons à la Confédération, sur ce terrain aussi, le temps de se développer pratiquement. Vous pouvez être

? Séance du 9 décembre 1867, p. 51 et suivantes, Vol. IT.

convaincus que l’économie, je pense, avec laquelle on a toujours et en tout administré, depuis que je dirige le ministère des affaires étrangères, — économie qui nous à dissuadés en présence d’un déficit momentané, quoique peu important, de demander aucune augmentation sur tel ou tel article de notre budget, — que cette économie engagera le gouvernement du Roi, ainsi que la Présidence fédérale, à supprimer une organisation relativement coûteuse, dès qu'il sera prouvé qu'elle devient inutile. Mais prenons conseil, au moins, de l'expérience qui sera faite pendant quelques années et ne tranchons pas dès aujourd'hui la question.

Le député de Meppen (Windthorst) ayant déclaré qu'il appartenait au Rerïchstay de prendre une résolution sur la motion du comte Bethusy- Huc, — le comte de Bismarck répliqua :

Je ferai observer, en réponse à ce que vient de dire M. le député Windthorst, que je suis certainement très éloigné de prèter ici la main à une restriction quelconque des droits de la Confédération de l'Allemagne du Nord ; autrement joublierais que je suis Chancelier fédéral. Mais, dans mon opinion, rien de tel ne résulte de la discussion qui a lieu en ce moment, mi de l’acceptation de la motion, dont le sens est d'inviter le gouvernement du Roi à faire le nécessaire pour qu'à partir de l’année 1870, le ministère des affaires étrangères soit transféré au budget de la Confédéation de l'Allemagne du Nord. En quoi consiste ce qui pourra être fait à cet égard? — en ce que le gouvernement use de son influence auprès de la Confédération et que d’abord le Chancelier fasse en sorte de décider le Conseil fédéral à adopter un projet de loi dans le sens indiqué, proyet qui sera présenté au Reichstag. Comme je l'ai déjà dit, je pense pouvoir, cette année, gagner l’assentiment du Conseil fédéral à un projet de ce genre, et j'espère, le moment venu, n'être pas trompé dans mon attente, bien que cette espérance repose seulement sur des négociations confidentielles et préliminaires. J'étais donc complétement

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