‹ Les discoursChapitre 11 sur 21 · II · texte numérisé non relu

II

' ^ mvm^ RE MIB4PEAH

^9}|[jGnt|a gi(^i:re, çirrliler notre rég^jiératiop, ^puj^er nos |j]^p.pççs, ap^siptjf Ros armées; mais que répopdr^-t-on ï ce f*i|ppï?!^? QH l'Angleterre yeut |$i guerre? Qp e|le pe ]8^ vept pa§. 3i elle lie j^ yep); paç, si plje p'arp^ qu<5 P9pr p^goci^r ftveç plus <je succès, )ç|, cop(}uite que pous ypus'propogon^ pe saurait êj^re regarç|ée par elle comité ppe provoçq-ijon, ej; vpps remplissez vos epgagepiepts s^pi^S çQipproipet^re yp^re tranqpijjité : si, au contraire, î'I^pgifperr^ veut 1^ gperre, ^lors vous ne devez pjus j;oç}R),§r gpr ^a jp^tjp?, sur sa gèn^rosi^é ; nojre ipaçtjpn apgfp^pjpr^tjj pp§ périjs au jiep de les éloigper, gi }!gsjg.gpg y^pait ^ è'ucpoipber, pp serions-ppus pas bieptôt I'pWS* 4§ î^ ^^J^^ f^^^P^^^OTi et d'une vepgeapce plus ^B^fflé^î jjp§ ip0mes niallxeprs que j'on recjpp^e (}ap? |e igjfiipijep d'upç aljiapçe pe piepaceraien);-i|s p^^ ajors et gps fipapceg ej; po^ arpiéçs? ÇJJ çopibiep 4'9'Ptrep m^-^x ^îpst-ij pas facile de préyoir !

1^3. natipp <^uj npps a choisis pour ^tre les jpstjtpt^prs ^P §fis jpjs, pous depiandfe aussi la spreté de sas possessions et de son commerce. L'inquiétude affaiblirait Tesgçij ppWjp pept^-ètre, e^ certaipep^ept le respect 4Ô ^ YQg çj^pisjpps ; j^ l^asard semblerait accuser potre pré- "jfpyapce ; une copliapce expessive, piêpie enjpstifiapt vQtrç lQyq.uté, compromettrait yptre sagesseJ|l serait à Çfàipdrp qVp les bons citoyens, dopt la fortpne serait j^^ppép pg-r ie premier coup 4'upe guerre ipipr^ype, pe |us5§pj; fijgris p^r le pialheur; que je i^egret 4!avoir

g^rd^ P'^ WP*!^^ ^P^^ ^^ ^^^t' ^^ mêler ?^!4 ^pptipiept 3;aptre§ p^r^e^ f|,cç}impjées ; eplpi qu'op pe nops r^pro- Ç\\^j ppi^gp'il fçip); pous déci(}er entre cjes chances éçal^fl^ppt ipcpr^inps, dç n^avojr ps-s préféré celle qui, içèip^ pp parant des périjs égapx, pous foprpit plp» de moyeîi§ ^Q les ^pr^^^^^^r- P^ pepsera pept-^tre qpQ ifç^pjigpp, sûrp 4® notre ap{)ui, se rèprlra difficile 4an^ jpi p^gqq}3.tiop 4© |a paix ; au IJeu, 4ira-t-op, qp'en ne ppps ipêjant pas de cette quere|le, |'accopip|ot|enient qpQ ppus 4ésirops n!éprouverait ni lenteurs ni difii^

ASSEMBLEE NATjp]yAl.E 99

Npfls aypîis déjà réprouvé cette objection; }es principes que nous vous proposons de (Jécp^tef ne laisseront aucun doutp à ja Gr?Ln(|e-Bre|;agne sur nos inteqtipns, et feront éyjcjemment connaître à TEspagne que npjire copstitutipp regarç}<q seulement comme obligatoires jes engagements défénsif^; notre conduite ne la porlerçf donc à aucupe démarcfie hostile que ne nécessiterait pas une juste défense; e*|le pe pourra poja plus contrarier les Apglais qqe da^ns le cas où ils voucjraient être agresseurs. P'aijjeurs, s'il esj; cerj,ain que l'aj^andon de nos engagements forcerait l'Espagne à négocier plus prorpptenqei)! la p^ix fiyec j'-^ngleterye, \\ n'est que Jfop facile qe préyojr qi^elle pourj'fiit être danî^' ce cas la nature 4^ cet accommoderpent, et }e tort irréparable qu'une sen}f)lable négociation pourrait fq-ife i potre crécjit, h notre çpmnierce. Ce ii'pst point je pacj;e de familje en entier que nous vous proposons de ratifjer, i conclu dans un temps où les rois parlaient seuls au nonfi [des peuples, comme* si les pays qu^ijs gouvernaient \ n'étajept que lepr patrimoine, ou que la vojdnfé du monarque pût décider de leurs destinées.

Ce traité porte le riom singulier de pacte de famille^ et il n'existe aucun cj^ nos décrets qui n'ait annoncé à l'Europe entière que nous ne reconnajtrjops (jésormais que des pactes â(e nation. Ce mênae traité, préparé par un ministre français dont l'ambition brûlait de réparer les huniiliatiops d'une guerre malheureuse, renferipe plusieurs articles propres à |ief l'Espagne à ses vues, et à l'obliger à npus seçoifrir tjans |e 'cas mênie où nous auriops été les agresseurs. Or, puisque nous renonçons à observer c^e parêijjes clauses envers jés autriss, ^ ne les féclaipons plus popr nous-mêmes.

|1 es^ des ârtiçjes qui doivent êfre ratifiés : ceux qui sont relatifs à la garantje réciprpque des possessions^ aux secours mutuels que les deux nations dojvent se (jonner, aux avantagés de commerce qu'elles s'çLssurent. D'autres ont (>esoin d'être éclaircjs; car vous n^ pouvez soufiff ir gg.s même l'apparence cjes clauses ôjT^nsiye^j

auxquelles, les premiers dans l'Europe, vous avez donné l'exemple de renoncer.

La seule mesure que vous propose à cet égard votre comité, dans le cas où vous adopterez en ce moment le projet de décret qu'il va vous soumettre, c'est que vous le chargiez d'examiner en détail les articles du pacte de famille, pour vous mettre à portée de resserrer nos liens avec l'Espagne, en faisant de ce traité un pacte national, en retranchant toutes les stipulations inutiles et offensives, et en priant le roi d'ordonner à son ministre de négocier en Espagne le renouvellement du traité, d'après les bases qui auront reçu votre approbation. Ici l'intérêt de l'Espagne sera d'accord avec le vôtre. Qu'est-ce qu'un pacte de cabinet à cabinet? Un ministre l'a fait, un ministre peut le détruire ; l'ambition l'a conçu, la rivalité peut l'anéantir ; souvent l'intérêt personnel d'un monarque Fa seul dicté, et la nation, qui en est l'unique garant, n'y prend aucune part. 11 n'en serait pas ainsi d'un pacte vraiment national qui assermenter,ait en quelque sorte deux pays l'un à l'autre, et qui réunirait tout à la fois de grands intérêts et de puissants efforts. Ce pacte seul lie chaque individu par la volonté générale, produit une alliance indissoluble, et a pour base inébranlable la foi publique.

Tel est le résultat du travail de votre comité. Il renferme trois points distincts l'un de l'autre, quoique indivisibles, comme vous le voyez : le développement des deux principes qui doivent être la base de votre système politique ; une décision qui conserve une alliance utile, en assurant le roi d'Espagne que nous remplirons nos engagements ; la demande d'un décret qui charge votre comité des modifications qu'exige celte alliance lorsqu'il faudra la renouveler. Mais cette détermination, si vous l'adoptez, indique nécessairement d'autres mesures; le maintien de notre alliance avec l'Espagne serait illusoire, si, même au sein de la paix, et en nous bornant à ajouter tout le poids de notre influence aux négociations qui doivent assurer le repos d'une partie

ASSEMBLÉE NATIONALE i(H

de TEorope, nous n'augmentions pas nos armements I dans la même proportion que ceux de nos voisins. Ce n'est pas lorsqu'on a des possessions éloignées, ce n'est pas lorsqu'on croit avoir de grandes richesses à une grande distance, qu'on peut se résoudre à ne prendre les armes qu'au moment même de I^agression. Le commerce a besoin d'être garanti non seulement des dangers réelsj mais de la crainte des dangers ; et il n'a jamais été plus important d'apprendre à nos colonies qu'elles seront protégées. Voilà les maux où conduit cette exécrable déOance qui porte les peuples voisins à se surveiller, à se redouter, à se regarder comme ennemis. Pourquoi faut-il que la nécessité même d'assurer la paix force les nations à se ruiner en préparatifs de défense? Puisse cette affreuse politique être bientôt- en horreur sur toute la terre ! ^

C'est pour réunir les différents objets annoncés dans son rapport que votre comité vous propose son décret suivant, comme le plus propre à remplir vos engagements sans imprudence, à changer l'ancien système sans secousse, à éviter la guerre sans faiblesse. L'Assemblée Nationale décrète : « !• Que tous les traités précédemment conclus continueront à être respectés parla nation française jusqu'au moment où elle aura revu ou modifié ces divers actes d'après le travail qui sera fait à cet égard, et les instructions que le roi sera prié de donner à ses agents auprès des différentes puissances de l'Europe ;

2^ Que, préliminairement, la nation croira devoir conserver ou changer ; le roi sera prié de faire connaître à toutes les puissances avec lesquelles la France a des engagements, que,- la justice et l'amour de la paix étant la base de la constitution française, la nation ne peut, en aucun cas, reconnaître dans les traités que les stipulations purement défensives et commerciales ;

« Décrète en conséquence que le roi sera prié de faire connaître à sa Majesté catholique que la nation française, en prenant toutes les mesures propres à main-

loi (ÊtJVhES DE illRA^EAU

tenir 1^ paix, ôoserverà loiis les engageiiiénts coKltaclés avec r Espagne.

« piécrète, eh outre, que le roi est prié de chargei* son aÊQDassadeur en Espagne de négocier avec les ministres de Sja Majèst^ Catholique, à reffet.de resserrer par un traite hatioiiàl des liens utiles aux deux peuples, ^* .1;. h,;^^ ^y^j^ Jjlrétision et ciîrlé toùle siipulàtiôh qui pas entièi'ement liniforine aux vues de paix ît aux princijies de justice (Jiiî seiront à jamais je des Français.

rblus, l'Assemblée lN"ai,iorla|e, {prenant en coh-

i les arinemeiits de différentes riatioiis de l'Eii-

" accroissement progressif et la sûreté de nos

3t dû commerce national, décrète q^ë le roi

de donner des ordres pour que hos hottes en

commission soient portées à trente vaisseaux de ligne,

dont huit ad ihoins seront ariiiés dans les ^bi'ts de la

Méditerrahéie. »

Robespierre demande que Ton délibère sur lé. projet de décret de Mirabeau et ctu'il ne soit pas adopté sans avoir élé étudié. Maury propose d'ouvrii: la discussiori.'

Mirabeau. — J'allais faire cette demande poiir cela même que la niatière est également importante et pressante, et que c'est au moins un point de décence, (jue de n'en pas précipiter la détermination. La discussion peut donc être ouverte et continuée demain.

L'abbé Maury demande la division du projet de décret: une partie est Urgente, celle qui tient à Tàdminiatration; l'autre est moins pressante, celle qui tient à la constitution.

La discussion est ajournée au lendemain.

Le projet de décret fut adopté le 26 avec quelques modifications.

Assemblée tiiAtidj^fÂLfe id

SÉÀNCfc litT 27 AOÛT

Uh iapp'orl sût là aelte puDiique avail été prés^le gar de Môtttesqùioii, etâ li suite, fetû noiiâ du coplilë deâ flïiànôës; il avait (ît-oposé deux (jilestîofas i TAsseiliblée i c 1° L'es^ëtféll donnés efi remboursement seroiit-ils eil quittances de flhaiié6 ou en assigiiats-ihonnaie, ou l'un et l'autre au choiii dèk créanciers remboursés ? 2° Ces effets porteronl-ils iiktérêt, et quel ^era-t-il? » La discussion est oUvertQ. Mirabeau demafide Ia.pa{;o,le, mais un, se.créfaire se présente à la tribune pour lire un mémoire iie Necker.

Mirabeau. — Je demande que TAssemlplée décidp si la lectiire du naémoire, du ministre sera faite a^vant ojf après que j'aurai parlé. Quant à , moi, que dix-huij|; mois jl|e. travaux par npii vous n'ont, pas acço)itunaé à rinitiativè qainisténeU j'avoue (\\ïi\ me cadrait sii^Ur liej" (jue quand iia menibre.de cette. Assemblée esf à la triBiinè, on ren écarte par le mémoire d'un ministre.

^ L'À8sei)abIee .décide que Mirabeau aura la parole avant la lecture dii mémoire ae Necker.

MiRABÉAti. — Étôîiné (l'abord, enrayé nlème. je ràvôue* de là mesure des assignats-monnaie, et néanmoins ne ,x — ».^^ L — — g^^ milieu de

plus éxeircés du pliis confiants qiie pioi, njais h'^n^iiii^ vàat pab moiii^, ,âveç rinq^ui'étuae !iu doute et l'intérêt du patrioiisnie^ toiis les.m'opvemeiitk qiie ^la iioUyêlle création iies assignats devail imprimer aux. affaires. Aujourd nui, muni de lexpérience et de réflexions no\i-

velles, voyant li crise ou nous ilous trouvons et. les mer naces de l.avenir, pressé d ailleurs par les,, projets gui vous OUI été soumis, je me suis décidé sur toutes ces

i04 ŒUVRES DE MIRABEAU

circonstances réunies ; et je ne balance pas à vous exposer mon opinion actuelle sur le seul parti sage et conséquent que ces circonstances sollicitent.

Cette Assemblée, obligée de mener de front beaucoup d'objets, a déployé sur tous de grandes vues ; mais il n'en est aucun, ou très peu du moins, qu'elle ait pu amener à sa perfection ; et parmi ces objets qu'un puissant intérêt recommande, mais que de nombreuses difficultés environnent, nous pouvons mettre les ûnances au premier rang.

Rappelez-vous, messieurs, ces moments d'où nous sortons à peine, où tous les besoins nous pressaient si cruellement, où la dette publique se présentait à la fois comme un engagement sacré pour la nation, et comme un abime dont on n'osait pas môme mesurer la profondeur. Des biens immenses étaient en réserve ; mais ces biens avaient une infinité de possesseurs qui lés regardaient comme leur partage. Armés de la rigueur des principes, de la force de l'opinion et du courage de la nécessité, nous déclarons la vérité ; ce qui n'existait qu'en système devient une loi ; les biens ecclésiastiques, réunis aux biens du domaine, sont reconnus nationaax ; et la France, qui ne voyait que le gouffre, voit al(;rs de quoi le combler, et respire pleine d'espérance.

Cependant il y avait loin encore de la déclaration d'un drv)it à son exercice ; et cet exercice ne pouvait plus être retardé. A l'excédent des dépenses sur les recettes ordinaires se joignait un déchet énorme des revenus, qui s'augmentait de jour en jour par l'état déplorable du royaume, et la stagnation de toutes les affaires. Mille besoins, mille dangers sollicitaient àTenvi des secours; et dans le petit nombre d'expédients qui se présentaient, celui qui parut le plus efficace réunit par là même vos suffrages. Vous décrétâtes successivement que l'on procéderait à la vente de quatre cents millions de biens nationaux, et qu'en attendant que la vente en fût effectuée, le gage de cette vente et son produit anticipé tiendraient lieu de numéraire. Vous créâtes, à cet

effet, sous le nom d'assignats, des billets, espèce de lettres de change, qui sont, en fait de valeur, tout ce que peut être un effet qui n'est pas de l'argent réel.

Cette mesure eut tout le succès annoncé par ceux qui l'avaient conçue. Les mauvais effets présagés par ses adversaires ont été relégués parmi les fictions malheureuses ; et la chose publique sortit alors de cet état de détresse qui nous menaçait d'une ruine prochaine.

Mais ce n'était là qu'un remède passager, et non une cure complète. L'effet ne peut avoir plus de latitude que la cause ne comporte. La restauration du crédit tient à des combinaisons aussi délicates qu'étendues ; et le rétablissement général auquel, nous travaillons, doit nécessairement produire des embarras momentanés, qui empêchent le crédit de suivre de près l'espérance. Ainsi le temps qui s'écoule ramène assez promptement les mêmes besoins ; ces besoins ramènent la même détresse ; et tant que nous n'établirons pas sur la base dont nous avons reconnu la solidité une opération vaste, une grande mesure générale, qui nous mette audessus des événements, nous en serons les éternels jouets, et nous périrons de langueur, dans la seule crainte d'une décision hardie, qui nous sorte de l'état où nous nous trouvons.

Messieurs, qu'avez-vous pensé quand vous avez créé des assignats-monnaie ? Qu'avez-vous dit à ceux dans les mains desquels vous faisiez passer ce gage de fidélité? Vous avez pensé que la vente des biens sur lesquels ce gage est assis, s'effectuerait- incontestablement, quel qu'en fût le terme. Vous avez dit aux porteurs d'assignats: voilà des fonds territoriaux: la nation engage son honneur et sa bonne foi, à les échanger en nature, ou à échanger le produit de leur vente contre ces assignats qui les représentent; et si l'argent n'est lui-même qu'une représentation des biens de la vie, vous avez pu donner, et l'on ^ dû recevoir comme de l'argent cette représentation de propriétés territoriales, qui sont la première des richesses.

m teuvbÉs DE liliiilBkÂii

Il fàtil lé dire; messieurs, h i'liblinêlil* de la nàliôn et de la Conflàiice qu'itispifent ses promesses jjl fâul le dire à l*hoiiheur des luniièreâ ^ut se rëpàhlleni; en Francis, el de reë{)Ht public ^ui niît dô i'espht (le lîbèrlé : là dôctHne de^ kssignats-monnàië est géûëtaîeniélit entendue et admise pai'itit nos compatriotes, telie qu'elle est professée daiis rAssemtJlëe Nationale. Ils savent fort bieti difetlngueb ce ijue l'dh k[)j)eilé ailleurs, et ce que, nolis àppelloHs jidi^ idii papieir-iiibhhaie, d'aVec ndtire piàpîer lerHlorial ; et leâ Bonlmès de sens (jui sotit patriotes, he se laissent {ioiiit é'girer par des équivoques, ou par de trbmpeiisek subtllltës.

Je pense dohcl liiessieur^, àjprès l'Kèiireiix essai (|iie rioiis avons fkit; eii partaiit des li^mlèreè rfepdndues sllr celte matière ; je peiise que nolis ne dëvoHs pôiiit changer de marche et de systèthe ; qiie nous pôilvohs, due nous devons accoihplii' ce que nolis ayons commehcÔ ; que hous devons faii^é, pbilr la îibiératidli de là dette hationiie; titié ojlératlbn ^iii li'adiiiètté d'aiitre iiilermédiairë entre là tiâtlbh débitrice et kes ci*éànc{èrs, que là mêiiie espèce de pàpiei' àctiiellëiiieht êii circdlâtion, que ce^ meniez âssignats-mdiinaie, doiit les fonds nationaux ei la nation ehtièi*e gàrRhiissetit le paiemeiit.

Je veux m'écarter également ici d'iin projet Jtléiilëraire par bon ëteiidue, él d'un projet insliflîsdltil pair sa tiinidilé. Je ine défib d'iihe boiiceptioii ti'O^ exirâdtdtii^ire, qui |)eUt éblouir pat* âa hàmi^ssei et n'bttrir àti fend que des hasards. Je prupbsCj en satisfaisant à de vastiès beSoiils, de se borhbr Heaiimbiris ^u riétessairë, et d'bbséi^vër deë rnésdtes; tout en s'élâriçant d^ns ùnb côiirâgedse déterniinàtlonl , . - i ,

Je fais de la dette deux parts très connues : rune qui est instàitte, dont rlibnneur et la justice {iressèril là liàtibU de s'acquitter incessamment : c'est là partie exigible, là partie ai^riéréé, les effets suspeUdus,. de mènie que le Iremboui-senient des charges et offices. L'autre est belle des Côilti*àts, des irèhtes queiconques : eh un mot, tout ce qui n'est pas comjihs Sbiis là preml^i^e

AësfckBLÉE NAtlÔNALk 107

dénomination. Quand là totalité de la dette n'est t)as encore bîeti ciririnue, quand là yàleur des biens nationaux destinés à soH bâiement est moins connue encore, oii lié ]3eul savoir laquelle des cleux sur{)asse l'autte ; et vraiment il serait éltange qii'on se proposât d'entrée de rembourser ce qu'oii ne doit pas, au risqiie de tie pouvoir pas alors rembourser ce qu'on doit.

Je propose donc d'acquitter dès à présent la dette exigible, là (iètie airîérëe, et la finance des charges supprimées. C'est à cette |)artie de la dette publique qiie je borne le reniboursëtneiit actuel que iioiis devons faire ; et je prôjîose pour cela une émission suffisante (i'assignats-riibnnaie : car les émissions partielles pourraient bien ai)portei» Quelques facilites momeiitariées au Irësor public ; niais tout en àitkiblissarit le gage national, elles ne changeraient point l'état de la nation.

Sans doute, messieurs, vous êtes assez familiarises avec les grandes affaires et lés graiides vues pour ne J)iàs vous étoniler du foiids immense 4u'iih parpil remboiil'senierit exige, et ne pas rëdodter les elïets d'uiie {Pareille diffusion de richesses au milieu de nous. La masse d'eaux que roulent les torrents et les i'ivières est prôdi gieasè, mais c'est dans l'Océari qu'elles sb'verseht. Dèi longtemps notire sol est allérié, desséché, et jpendan, longtemps àiissi il absorbera ceseaiix fécohdaiiies isLvâht (ju'il les refusé, et 4^'ellGs croupissent à la surface. Il lie s'agit doiic que de garder une prbportioti entre le besoiii et le naoyen d'y pourvoilr, de manière que l'iin n'excède pas l'autre.

Or, messieurs, deux cbiisidëratiôns décisive^ se présentent ici : c'est diie^ d'dH côté, notis aivons iiri besoin pressant ,dë rai3pefèr l'activité^ la cîrculatipn ddns îios alîaires, d'é iious y rattacher eii quelque sorte, un besoin pressaht de ihoyeris qui les favorisent: c'est que, de ràj^tre, les assignâts-inonnâie, en même temps qu'ils pialent la dette, Hous fournissent ces moyens d'émulation, d'dbtivité, de restaiiràtio4 ; et quabd lefe ti'esbiiis à cet égard serbul satisfaits, le surplils dies.assigiîats, s'il

108 ŒUVRES DE iMlRABEAU

en est, le trop-plein^ qu'on me passe cette expression, se reversera naturellement dans le paiement de la dette contractée pour Tacquisition des biens nationaux. De cette manière, tous les effets qu'on peut attendre d'une mesure bien calculée seront obtenus, autant du moins que les circonstances peuvent nous permettre de Fespérer.

Car, messieurs, on dirait, à entendre certaines personnes, qui ne veulent jamais voir que le côté défavorable ou incertain du parti que Ton propose; on dirait qu'il existe dans les embarras où nous nous trouvons, et dont il faut sortir, quoi qu'il en coûte, une foule d'expédients tout prêts, qui n'ont ni inconvénients, ni incertitudes, et qui méritent hautement la préférence ; et, quand on examine ces prétendus expédients, on voit qu'ils nous jettent de Charybde en Scylla; qu'ils ne remédient en aucune manière au mal qui nous presse ; et qu'on y sacrifie, je ne dis pas le présent à l'avenir, ou l'avenir au présent, mais l'un et l'autre tandis qu'il importe si fort de tout concilier, de tout sauver à la fois.

Quand la pénurie des espèces nous tourmente ; quand les métiers, les arts, les manufactures, le commerce, demandent à grands cris d'être sustentés, est-ce une mesure de restauration, je vous en fais juges, que celle qui ne met pas un écu réel ni fictif dans les affaires? que dis-je ? une mesure qui exige elle-même des remboursements futurs et successifs sans créer aucun moyen d'y satisfaire? Que se propose-t-on par là? ne voit-on pas le gouffre? ou si l'on veut nous y précipiter?

Osons, messieuriS, fixer le mal dans son étendue ; ou plutôt, pénétrons-nous de cette espérance, tout se ranimera ; les affaires marcheront vers un rétablissement général ; les esprits, agités par le besoin ou par la crainte, reprendront leur calme, quand l'industrie sera réveillée, quand les bras trouveront de l'occupation, quand un ressort énergique sera employé à un mouvement nécessaire, quand enfin la circulation des espèces, par des

ASSEMBLÉE NATIONALE i09

moyens sages et faciles, atteindra les classes moins aisées de la société.

Tout s'avance par Tardeur et la constance infatigable de vos travaux, dans l'ouvrage de notre constitution. Hais, s'il faut que la constitution soit achevée pour rétablir tout à fait Tordre et la prospérité, croyez aussi qu'un commencement d'ordre et de prospérité n'est pas moins nécessaire pour la faire marcher à sa fin. Croyez qu'attendre tout d'elle, c'est la faire précéder de trop de hasards; c'est peut-être l'exposer à être renversée avant qu'elle ait atteint sa perfection.

Eh ! messieurs, si vous aviez dans les mains un moyen simple et déjà éprouvé, de multiplier les défenseurs de la révolution, de les unir par l'intérêt aux progrès de vos travaux; si vous pouviez réchauffer par quelque moyen, en faveur de la constitution, ces âmes froides, qui, n'apercevant dans les révolutions des gouvernements que des révolutions de fortune, se demandent, que perdrai-je? que gagnerai-je ? si vous pouviez même changer en amis et en soutiens de la constitution, ses détracteurs et ses ennemis, cette multitude de personnes souffrantes, qui voient leur fortune coi;nme ensevelie sous les ruines de Tancien gouvernement, et qui accusent le nouveau de leur détresse ; si, dis-je, il existait un moyen de réparer tant de brèches, de concilier tant d'intérêts, de réunir tant de vœux, ne trouveriez-vous pas que ce moyen joindrait de grands avantage^ à celui de faire face à nos besoins, et que la saine politique devrait s'empresser de l'accueillir ?

Or, considérez, je vous supplie, les assignats-monnaie sous ce point de vue ; ne remplissent-ils pas éminemment cette condition? Vous hésiteriez à les adopter comme une mesure de finance, que vous les embrasseriez comme un instrument sûr et actif de la révolution. Partout où se placera un assignat-monnaie, là sûrement reposera avec lui un vœu secret pour le crédit des assignats, un désir de leur solidité; partout où quelque partie de ce gage public sera répandue, là se trouveront

HO qpUypES DE ^flRAPEAU

(les fjommes qui yoi:f4ro^*' q^® la conversion de ce gage soit effectuée, que les assignats soien), échçingés contre des biens nationaux ; et comme enfin je sort do la constitiftion tient à la sûreté de cette ressource, partout où se trouvera un porteur d'assignats, vous compterez un défenseur nécessaire de vos mesures, un créancier intéressé à vos succès.

lï faut donc ouvrir une mine plus ricjie, plus abondante, dont jes parties se répandent parfont (\\\ moins où des parcejles d'or peuvent pénétrer. C'est alors qu'on sera surpris de l'étonnante diffusion d'assignats quj peut avoir lieu, sans que ja surabonrjance se nianifeste; car la ric}iesse n'est pas dans la classe où se |;roijve la p}iis nombreuse population; et nos assignats-monnaie, qui sont jes nouveaux signes de cette richesse, sont (}e trop forte somme pour être parvenus encore jusqu'à cette classe.

Quand j'ai proposé de comprendre les titu|a|,jf es des ofiices supprimés parmi ceux qui doivent touchôr incessamment l'acquit (le leurs créaîices, je n'ai peut-être paru que juste, équitable dans cefte proposition ; mais elle entre aussi dans les mêmes vues politiques qui me dirigent, en donnant la préférence au parti des assignats-monnaie. Sans doute, messieurs, il n'est aucun de nous qui ne sente que la (inance des offices est pon seulement une dette sacrée pour la nation, ]Tiais une dette instante, dont on ne peut différer le paiement sans s'exposer aux plus justes reproches. t.a nation a pu exiger des titulaires le sacrifice de leur éfat ; mais la nation c|oit leur laisser du moins la disposition die leur ifortune. Ces créanciers publics sont eux-même^, pour un très grand nombre, 4ébiteurs du prix rje jeurs charges, pn acquittant ces charges, non seulement vous paierez une dette, mais vous fournirez à une série de débiteurs le moyen de remplir leurs engagements.

Quel poids, messieurs, ne vient pas se joindre à cette consi((érafion, si vous pensez à rimporlance qij'il y a, pour l^ chose publique, à c^ que je çorp^ immease déjà

judjqat,ufe s|[|ppf:jmée, soit payé sur-le-c|iamp, par des assïgi]a|^, (jîi'ij sef^ forcé alors (je soutêfiir par intérêt, s'ji ne le fft|j, par patriotisme! Les officiers ^iant ainsi acquittés p^r une monnaje légale, c'esjf f^lors qu'ils seront yr^jinent expropriés. La vénalité des cjiarges ^. du ipoips cel^ de pommôçle : elles onj, été achetées ; op |es reifjbourse, ej; tout est |îni. Les titulaires seront donc dépQuiïIés paj; là du 4erï^i®r rayon d'espérance ; et cette partie 4e l^*réyo}ûtion, qui tient h Ja grande réforme des corps judiciaires, ser^ consommée sçins retoifr.

Et suiyeç, je vous prie, messjeprs, le cours 4es assignats ef leurs effets, relativepien^ à )^ vepfe des f)iens nationa|:}^. ]Lfj^ mesures qu'on vous* propose sont-él)es confpî[râbjps à la disséminatjop des fissignats, pour étejiçjriç, poÙT faciliter pej;j,e yenfe, popr metffe l'acquisition (|e i^'es l)jpns |i la portée ^e toufes les classes 4e la sopji^fé, et (}es pjllions d'indiyidps qqi la composent? On yo'ps propose (j'eptasser des masses 4e contrats 4^ns les mains des ç^pjtalis^es. pes capitalistes eux-mèn^es sonj; eptâssés daps les grandes villes. C'est à Paris surtoi|J que le^ portefeuilles sont gon^és 4'eflFets royaux : vofjà pii rpn yeift établir j'échange 4es coptrafs coptre les propriétés nationales. Or comfnent croire que cet échapge soit fort aniipé, sj Ton coippare je produit cj^'c^s contrçi^s à celui des terres; s| l'on pense que, si})r cent porfeurs de contrats, il n'y en a pas un peutêtre à qui ce placemen); d'argent puisse conyenir? Les fonds natippfiij^ se vepdr^nf donc peu, et se vendront ma}, 4^ cette manière ; ou du moins ceux qui se vendropt? ce sef fi en sûife de quelque spèçif|atioii copsidérabje. Les capitalistes féupirpnj; pes fonds en gran4epiasse; et les acguisïtiops, comnie on le pense bien, seront assortie^, ^p général, à l'espèce d'acquéreurs qije l'on y appfïlie!

pst-ce jà, piessieurs, ce que nous devons à nos frètes, à nos concitoyens de tovftes les classes, répanjus dans toiis lès (jéparfements de ce royaume? Travailjoiis-nous pour créer un nouvel ordre de gran4§ propriétaire^

fonciers, qui donnent plus au luxe et à la ruine des campagnes, qu'àTartde fertiliser la terre et d'étendre les bienfaits de l'agriculture? Ne travaillons-nous pas, au contraire, pour rétablir Tégalité par la liberté; pour faire reverser sur les terres le produit des arts, du commerce, de l'industrie laborieuse; pour répartir, avec le plus d'égalité possible, les avantages de la société et les dons de la nature ; pour mettre de petites possessions territoriales à la portée des citoyens peu moyennes, comme nous voudrions pouvoir en faire passer les fruits dans les mains des plus indigents?

Soyons donc conséquents à nos principes. Cessons de regarder les capitales, comme si elles formaient tout le royaume ; et les capitalistes qui les habitent, comme s'ils formaient le gros de la nation ; et dans la liquidation de la dette nationale, préferons les moyens les mieux appropriés à l'avantage du plus grand nombre ; puisque enfin c'est le grand nombre qui supporte la dette, et que c'est du fonds commun qu'elle s'acquitte. J'insiste donc sur ce que l'intérêt des ci- devant provinces, aujourd'hui les départements, soit particulièrement consulté dans le parti que nous allons prendre. J'insiste sur ce qu'on écarte tout projet dont la con séquence serait d'appeler les capitalistes à l'invasion des biens nationaux, et sur ce que les créanciers de l'Etat soient remboursés, en suivant la juste distinction que j'ai présentée. J'insiste sur ce que le remboursement se fasse, sans aucune métamorphose arbitraire des créances, mais au moyen du papier précieux que nous pouvons délivrer ; papier qui arrivera aux biens nationaux par sa destination naturelle, après avoir fécondé dans son cours les différentes branches d'industrie; papier qui ne commencera pas par tomber au hasard dans des mains plus ou moins avides, mais qui sera livré d'abord à la classe des créanciers les premiers en titre ; papier qui commencera son cours sous les auspices de la justice, et qui le continuera comme un instrument de bienaisance publique.

Car est-il douteux, messieurs, que rémission d'assignats, faite avec Tabondance et dans le but que je vous propose, en même temps qu'elle est un étai moral et infaillible de notre révolution, ne soit le seul moyen certain de nous soutenir, dans la disette d'espèces que nous éprouvons ? Notre numéraire territorial, ou (pour transporter, puisqu'il le faut, des mots connus dans une langue nouvelle), notre numéraire fictif, étant fait pour représenter le numéraire réel et le reproduire, pouvunsnous douter que son abondance ne fasse tôt ou tard ce que ferait l'abondance d'espèces effectives ; je veux dire, (l'élever le prix des effets publics, de libérer le propriétaire de ces effets des mains de son créancier, qui les retient en nantissement, et qui dicte à son malheureux débiteur une loi ruineuse ; de faire baisser sensiblement l'intérêt de l'argent, de faciliter les escomptes, de multiplier les affaires, de remonter le crédit, et surtout de donner une plus grande valeur aux biens nationaux ?

Quoi? serait-il nécessaire de le dire? on parle de vendre, et l'on ne fournirait au public aucun moyen d'acheter ! On veut faire sortir les affaires de leur stagnation, et Ton semblerait ignorer qu'avec rien on ne fait rien ! on semblerait ignorer qu'il faut un principe de vie pour se remuer, pour agir et pour reproduire ! Certes ce serait là vraiment le chef-d'œuvre de l'invention, la pierre philosophale des finances, si, sans argent et sans rien qui le remplace, sans crédit quelconque, au sein d'une inertie qui nous tue, nous trouvions le moyen de revivifier tout à coup les affaires, et de ressusciter, comme par enchantement, travail, industrie, commerce, abondance !

Ce que nous pourrions attendre à peine d'un miracle, nous pouvons l'espérer de moyens adaptés à notre but. C'est le numéraire qui crée le numéraire ; c'est ce mobile de l'industrie qui amène l'abondance ; c'est ce mouvement qui anime tout, qui répare tout : au lieu que la misère est toujours misère; et qu'avec elle, sans courage, sans expédients pour en sortir, il n'y a qu'une

Page 1