POUR MIGNON
CIIILN DE S. A. U. MADAME DOUAUlÈRE d"0ULÉA>S. 16G7.
Petit chien, que les destinées T'ont lilé d'heureuses années !
Tu sors de mains dont les appas De tous les sceptres d'ici-bas
Mi'f du l'oussay clail au Lusembouig, à la cour di' M»"" de Guise.
Ont pensé porter le plus rictie ; Les mains de la maison d'Autriche Leur ont ravi ce doux espoir :
>ous ne pouvions que bien échoir.
Tu sors de mains pleines de charmes :
Heureux le dieu de qui les larmes Mériteraient, par leur amour, De s'en voir essuyer un jour !
De ces mains, hôtesses des grâces, Petit chien, en d'autres tu passes, Qui n'ont pas eu moins de beauté.
Sans mettre en compte leur bonté.
Elles te font mille caresses :
Tu plais aux dames, aux princesses ; Et si la reine t'avait vu.
Mignon à la reine aurait plu.
Mignon à la taille mignonne ; Toute sa petite personne Plait aux Iris des petits chiens, Ainsi qu'à celle des chréliens :
Las ! qu'ai-je dit qui te fait plaindre ?
Ce mot dlris est-il à craindre ?
Petit chien, qu'as-tu ? dis le moi :
i\"es-tu pas plus aise qu'un roi ?
Trois ou quatre jeunes fillettes
Dans leurs manchons aux peaux douillettes
Tout l'hiver te tiennent placé:
Fuis de Madame de Crissé'
N'as-lu pas maint dévot sourire ?
D'où vient donc que ton cœur soupire ?
' M"" do Crissé es! l'original de la comtfs.sc de Fimiesilic dos tlai- Jeurs.
Que te faut-il ? un peu d'amour.
Dans un côté' du Luxembourg,
Je t'apprends qu'Amour craint le suisse;
Même on lui rend mauvais offîce
Auprès de la divinité
Qui fait ouvrir l'autre côté
— Cela vous est facile à dire,
Vous qui courrez partout beau sire ;
Mais moi.. — Parle bas, petit chien ;
Si l'évêque- de Bethléem
Nous entendait, Dieu sait la vie,
Tu verras pourtant ton envie
Satisfaite dans quelque temps :
Je le promets à ce printemps
Une petite camusette.
Friponne, drue, et jolielte,
Avec qui Ion l'enfermera -.
Puis s'en démôle qui pourra.
I \I"e de Mont])ensicr s'était réservé un côté du Luxembourg.
-G était un cainicin protégé par la duchesse douairière d'Orléans.