PREFACE XI II
dessein que pour empoisonner le roi par le moyen de ce place l '.
2* 1 VIT : qu'il y avait un autre dessein dans ce même temps du placet, que ce même dessein était d'empoisonner M"" de Fontanges par le moyen de gants, d'extraits, et d'étoffes qu'il y en avait une entre autres parfaitement belle qu'auparavant M"' de Fontanges ne pourrait se défendre de prendre que cette pièce serait préparée et accommodée de telle sorte qu'elle ferait l'effet d'empoisonner et faire mourir en langueur M°"^ de Fontanges.
(Observer en le même temps les deux desseins).
« Observer premièrement ce que la fdle Voisin dit qu'en ce même temps il y avait un autre dessein. C'est-à-dire dans le temps du dessein du placet dès avant le mois de mars l679 il y avait suivant les actes un dessein contre la personne du Roi et un autre d'empoisonner M""' de Fontanges; le lendemain de la prise de sa mère, la fille Voisin dit que sa mère serait engagée dans une affaire d'Etat, et coupable de crime de Lèze-Majesté. Elle avait reçu loo mille écus pour faire un coup et sortir du royaume »
a J'étais l'autre jour écrit M"^" de Sévigné à Bussy,en un lieu où l'on taillait en plein drap sur les grâces que le public attendait de la bonté du Roi. On ouvrait des prisons, on faisait revenir des exilés, on remettait plusieurs choses à leurs places et on en ôtait plusieurs aussi de celles qu'y sont. Vous ne fûtes pas oublié dans ce remue-ménage, et l'on parla de vous dignement. Voilà tout ce qu'une lettre peut vous en apprendre, f Lettre du QJfcu. 167'JJ.
• Elle fut arfèté le 12 mars 167g.
Parmi les auteurs contemporains ; nous avons les Lettres de 3/™* de Mainlenon, par A. Geoffroy.
" La correspondance de M"*' de Maintenon n'otTre guère pendant l'année 1679, ^ï^^ '^^^ lettres à sou frère d'A.ubigné sur les affaires de son ménage.
Il y a toutefois une lettre à l'abbé Gobelin, que Lavallée emprunte à ce qu'il appelle les manuscrits des dames de St-Cyr, et qu'il date de mars 1679, dans laquelle se trouvent ces mots.
« Vous savez si j'ai besoin que l'on prie Dieu pour moi : je « vous le demande encore, et de faire prier pour le Roi, qui « est sur le bord d'un grand précipice. «
Je n'ai trouvé ailleurs trace de cette lettre mais on ne peut mettre en doute l'œuvre de M. A. Geoffroy.
« 1680 — Les protecteurs de La Fontaine conservèrent toujours en face de Louis XIV une attitude suspecte, je ne sais quoi d'ironique dans les dehors respectueux. Telle fut la duchesse d'Orléans, telle fut la duchesse de Bouillon . . . tels furent plus tard les Conli, les Vendômes, les St-Evremond, la société du Temple enfin, qui protestait à sa manière contre l'étiquette décente, et tant soit peu hypocrite des vingt-cinq dernières années ». (La Littérature au XVIlI' siècle. p. 226), Paul Albert. — Hachette.
A la mort de Colbert, La Fontaine voulut êlre de l'Académie, il alla demander à Boileau s'il serait son concurrent, Boileau l'assura que non et ne fit aucune démarche. Il eut cependant quelques voix, mais la pluralité fut pour La Fontaine et lorsque suivant l'usage on alla demander au Roi son agrément pour celte nomination, le Roi répondit seulement, je verrai : de manière que La Fontaine, quoique