PREFACE XVII
L'un revint, l'autre s'en alla :
Ainsi ce fut scène nouvelle :
Car la France, sur ce pied-là.
Devait bien rire. . . Ainsi fit-elle.
Ces mots, ces épigrammes étaient peut-être ce que l'on appelait ses distractions.
Mort de Colbert [Hisl. de Colberl. P.Cléme>t, t. ii p. 486) .
« Les derniers moments furent affreux et marqués au coin delà plus profonde douleur et de désespoir >■>.
Ses dernières paroles furent en parlant du Koi.
« Si j'avais fait pour Dieu ce que j'ai fait pour cet hommelà je serais sauvé deux fois, et je ne sais ce que je vais devenir. »
Louis XIV, qui l'avait jadis visité en des crises moins graves, se serait borné à lui écrire, et à lui dépêcher un de ses gentilshommes. Colbert refusa de le recevoir, en disant : « Je ne veux plus entendre parler du roi : qu'au moins à présent il me laisse tranquille * (Montvgn. Particularités des ministres célèbres).
M. P. Clément s'est occupé des chemins dans son Histoire de Colbert. t. ii, p. i38.
« On lui a imputé à crime l'attention particulière qu'il donnait aux chemins où devait passer Louis XIV, les corvées requises, les haies coupées, les fossés comblés, pour le seul passage du Roi
.... Après les chemins de la Champagne, de l'Alsace et de la Lorraine, celui de Grenoble à Pignerol par Briançon occupa beaucoup Colbert. Plusieurs projets avaient été proposés, et l'hésitation était grande. Le ministre transmit les plans à l'intendant et insista pour une prompte visite des lieux. Par malheur la saison n'était pas propice. « Je crois, lui écrivit-il le i^'' février 1680, que les neiges vous ont empêché d'aller
visiter le chemin du Dauphiné à Pignerol.... Pensez bien qu'il ne faut pas perdre un moment de temps, dès que la fonte des neiges vous laissera la liberté de passage. »
Et le 2 2 mai lOSo. « Je ne puis vous dire combien Sa Majesté a ce chemin à cœur, et combien il est nécessaire pour sa satisfaction de se déterminer une fois et de commencer ce travail». Un premier devis s'était élevé à loo.ooo écus, et la somme, bien que relativement considérable, n'avait pas efîrayé. Lorsque l'intendant eut fourni le sien, on recula, on chercha un autre tracé, et l'entreprise fut ajourné. :>
Faul-il placer aussi cette phrase comme une distraction ?
« Il ne sera pas dit que M. le Prince me liera la langue, comme il a lié les bras à des millions d'hommes. . . , .
11 y a des gens qui ont trouvé quelque chose de surnaturel et de divin dans Alexandre. Je suis bien de leur avis, car, sans recourir aux fables que Ion a cru être obligé de chercher touchant le secret de sa naissance ». (Comparaison d'AlexandreJ.
— La Lettre à Mgr le duc de Vendôme (septembre 1689) fait allusion à l'incendie du Palalinat.
« Comment, Seigneur, pouvez-vous faire ? « Vous plaignez les peuples du Rhin. »
Louvois non content de brûler le Palatinat, voulait encore brûler Trêves ; il vint à son ordinaire travailler avec le Roi chez M""® de Maintenon. A la fin du travail, il lui dit qu'il avait bien senti que le scrupule était la seule raison qui l'eût retenu de consentir à une chose aussi nécessaire à son service que rétait le brùlement de Trêves, qu'il croyait lui en rendre un essentiel de l'en délivrer en s'en chargeant lui-même ; et