‹ Les diurétiques: À travers les âgesChapitre 14 sur 29 · VII. DIX-HUITIÈME SIÈCLE · texte numérisé non relu

VII. DIX-HUITIÈME SIÈCLE

Au dix-huitième siècle, la médecine végétale est très employée. On étudiait avec passion la botanique (Linné, Jussieu), mais l’organothérapie est délaissée de plus en plus ; les préparations qu'on faisait subir aux organes les altéraient tellement qu'ils en perdaient toute vertu spéciale. Par contre, la physique et la chimie firent d'immenses progrès.

Lemery (1645-1715) :

Lemery (1645-1715) ouvrit un cours de chimie à Paris où il attira de nombreux élèves. Il essaya de mettre de l'ordre dans le chaos de la pharmacopée. C'est ainsi qu'il définit les remèdes diurétiques « ceux qui, étant composés de parties salines et pénétrantes, raréfient le sang et font précipiter la sérosité avec plus de vitesse qu'auparavant : crystal minéral, esprit de sel, vin blanc, ache, persil, r'UsCUS, asperges ». Il y met aussi les cloportes, les reins de lièvre, les hirondelles, la térébenthine. Mais apothicaire chimiste, il ne s'occupe pas de l’action physiologique de ses remèdes.

Tauvry (1717) :

Tauvry, en 1717, chercha lui aussi à expliquer l’action des diurétiques. D’après lui l'urine est la partie du sang séparée par les reins analogue à la sueur, (ce sont toujours les anciennes théories Galéniques).

La sérosité du sang vient des parties aqueuses et liquides de nos boissons et elle sert à charrier dans les plus petits recoins de nos parties solides les parties propres à leur nourriture. (Cette théorie toute moderne du rôle nutritif du sang fait un contraste étonnant avec la précédente). Elle entraîne avec elle les particules du sang propres à la nourriture de nos membres et se filtrant dans les reins et les glandes de la peau, elle décharge le sang d’un poids inutile et parfois nuisible. Par conséquent les diurétiques doivent : 1° tre en mouvement les humeurs de notre corps, ou 2° coaguler la partie fibreuse et ralentir le cours des humeurs, ou, 3° donner de la liquidité aux humeurs

augmenter les sérosités du sang et met-

qui n’en avaient point, ôter quelques embarras qui ne peuvent remonter dans les artères qui aboutissent aux reins.

De là, trois ordres de diurétiques

Diurétiques du 1°” ordre (eau, eaux minérales, vin blanc) ; : ,

Diurétiques du 2° ordre (térébenthine, cloportes, cantharides) ;

Diurétiques du 3° ordre (esprit de nitre, de vitriol).

IT ajoute qu'ils sont indiqués lorsque la masse du sang est remplie de sérosités, quand les esprits sont quasi assoupis, quand il y a quelque embarras dans la filtration de l'urine et enfin, dans presque toutes les maladies qui ont pour origine trop de sérosilés (obstruction du foie, de la rate, de la matrice, des reins). On s’en sert pour vider le pus contenu dans le thorax ou dans les articles, pour guérir la jaunisse:

— Sr —

et pour une partie des maladies de la rate parce que la nature nous à montré qu'en précipitant le pus et les sels par cette voie elle soulageait les malades. Il distingue des Diurétiques végétaux (5 racines apéritives ; chiendent, guimauve, pariétaire, sureau, genièvre, bouleau, rave, citron) ; Diurétiques animaux :

(Cloportes, crapauds) ; Diurétiques minéraux (Nitre, chaux, esprit de sel, de soufre, d’alun).

Lieutaud (1755) :

Lieutaud (1755) classait les diurétiques suivant leur destination thérapeutique, en deux grandes sortes : 1° Diurétiques internes, qu'il divisait en :

Diurétiques pour aigus (Roseau, pareira brava, pariétaire, herniaire, mélisse, paluire, cicer, alkékenge, bois néphrétique, térébenthine, nitre) ; Duirétiques pour chroniques (Raifort, asperges, ononis, calcitrapa, filipendule, scille, saxifrage, genêt, sureau, tamaris, tartre, oxymel scillitique, crapaud, esprit d’ambre et esprit de Mindererus) ; 2° Diurétiques externes :

Liniments et cataplasmes.

Desbois de Rochefort (1789) :

D'après Desbois de Rochefort (1789), tous les

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moyens propres à titiller les voies urinaires facilitent et augmentent le cours des urines, mais il faut qu'il y ait en même temps abondance de sérosité. C'est pourquoi l’eau et les liqueurs aqueuses sont de très bons diurétiques. C’est le premier qui fait des lithontriptiques une classe à part parmi les diurétiques, et devant la pharmacopée de l’époque il est bien embarrassé pour mettre dans cette classe des remèdes efficaces. Il employait les diurétiques :

a) dans les maladies des voies urinaires (cas de spasme et de relâchement), de matière pituiteuse surchargeant les organes, de pierre (il n’y a pas de bons lithontriptiques) ;

b) dans l’infiltration de sérosité et d’hydropisie des organes ;

c) à la fin des maladies pour aïder la nature lors de la crise urinaire.

Il les rangeaiït en :

Diurétiques : 1° forts (purgatifs à dose diurétique) ;

2° moyens (feuilles de Bourrache, Buglosse, Pariétaire, Genièvre) ;

3° froids (infusions de Pariétaire, Buglosse, Turquette, Mercuriale, Alkekenge, Semences) ;

4° calmant les douleurs de la pierre (Pareira brava, Uva ursi, Bois néphrétique) ;

6° minéraux (Sels de Glauber, d'Epsom, marin, acides) ;

Îl attribuait leur action à trois catégories de principes :

1° Des principes âcres et résineux, comme dans la colchique ;

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