‹ Les diurétiques: À travers les âgesChapitre 23 sur 29 · HET 2 VS · texte numérisé non relu

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celle de stigmates de maïs et celle d’orge dont les pharmacies des hôpitaux actuels font une si grande consommation.

Le chiendent est vraiment le type des remèdes de bonne femme, mais les médecins de tout temps l'ont eu en grande faveur. Dioscoride! le recommandait pour la difficulté d’uriner, Pline lui attribue encore plus de vertus : il dissout les calculs urinaires, diminue l'inflammation et guérit les ulcères de la vessie. Fernel nous fait entrevoir à son sujet les idées de son temps sur la fonction rénale, idées qui ressemblent encore beaucoup à celles de Galien : « il provoque les urines par la ténuité et siccité de sa substance, subtilise et liquéfie le sang, sépare sa sérosité et la font passer dans les reins ». Chomel en fait une boisson bonne contre la gravelle. Le Codex Medicamentarius du siècle dernier recommandait de le préparer ainsi : Prenez une once de racine de chiendent et faites-la bouillir un peu dans quantité d’eau suffisante que vous jetterez parce qu'elle est âcre ; faites bouillir une seconde fois la racine contuse dans deux livres et huit onces d’eau commune jusqu’à ce qu'il ne reste plus qu'environ deux livres. A joutez sur la fin de la coction deux gros de réglisse grattée et contuse : éloignez le vase du feu et passez la décoction à froid.

Cerises (Prunus cerasus, Rosacée).

Une autre tisane très prisée encore est celle de queues de cerises. Il n’y a d’ailleurs pas que la queue

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qui à été utilisée en médecine. Dioscoride attribue à la gomme qui se trouve sur les branches du cerisier une vertu béchique. Galien la dit lithontriptique. D'après l’école de Salerne le noyau des cerises débarrasse de la pierre :

Cerasa si comedas faciunt tibi grandia dona Expurgant stomachum, nucleus lapidem tibi tollit Hinc melior toto corpore sanguis erit.

Ces noyaux furent aussi vantés par Lemery, par Chomel, concassés dans du vin blanc.

Ce remède est encore un des plus populaires dans nos campagnes et active promptement la sécrétion urinaire.

Pois et Fèves (Pisum sativum, Faba palustris, Papilionacées).

Le pois chiche et la fève des marais, tous deux riches en nitrate de potasse, furent aussi très employés. D'après Hippocrate « les pois blancs passent bien, ils sont nourrissants et diurétiques ; ce qu'ils ont de charnu nourrit, ce qu’ils ont de doux est diurétique ». Au XVII siècle on employait encore la décoction de pois chiche à fleurs rouges contre la suppression des urines, la pierre et la colique néphrétique ; la décoc- Lion de pois lupins passait pour apéritive el poussant les mois et les urines. Rivière classait les graines et les feuilles dans les « nephretica remedia arenulas el viscidos humores detergentia ».

Les fèves étaient regardées à cette époque comme

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un remède presque infaillible dans les rétentions d'urine à la dose de trois gros de gousse dans un verre de vin blanc. Guy de Chauliac avait vu donner dans la lithiase douloureuse du rein « quatre onces de lessive faite avec la cendre de tiges de fèves de marais, cela faisait sortir l'urine et dégageait les reins des glaires et du sable qui les incommodaient ».

Alkékenge (Physalis Alkekengi, Solanée).

C'est encore au nitrate de potasse que le Coqueret Alkékenge dut sa vogue au XVII siècle, Ambroise Paré le regardait déjà comme diurétique, mais Desbois de Rochefort attira l'attention sur son action rafraichissante.

Chausse-trape (Centaurea calcitrapa, Composée).

Mais si ces diurétiques figurent encore avec un bon rang dans la matière médicale actuelle, iln’en est plus de même des plantes qui donnèrent des remèdes très célèbres en leur temps cornme la centaurée chaussetrappe qui était le principe du remède de M. de Baville, intendant de Languedoc cité par Lieutaud « Il est composé de deux sortes de boissons, la première se prépare avec la poudre et l’écorce de la centaurée chausse-trappe cueillie dans le mois de septembre, on en fait infuser pendant la nuit un gros dans cinq onces de vin blanc qu'on fait prendre à jeun le dix-huit de chaque mois lunaire ; la seconde qu'on doit donner le lendemain se fait avec une poi- gnée de pariétaire, un gros de sassafras et autant de

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