X., Benardeau a
LR DE
par litre ce qui est négligeable et, fait plus intéressaut, il n'y a pas augmentation de cette substance dans la bile. Il semble donc que la suppression des œufs chez les lithiasiques est sans intérêt. Nous verrons à l’étude clinique, beaucoup de malades, accuser une douleur vésiculaire, voir de véritables crises à la suite d’une ingestion d'œuf, phénomènes d'autant plus nets que les œufs sont peu cuits; on ne peut les attribuer à la cholestérine qui ne se trouve pas modifiée par la cuisson. Nous aurons à y revenir, en réalité, disons-le tout de suite, il s’agit de réactions anaphylactiques.
L'ovalbumine a été l’objet de très nombreuses recherches et presque tous les expérimentateurs s’accordent à reconnaître à cette substance une action nocive, encore comme nous le verrons, dans certaines conditions.
Par ingestion, que nous étudierons d’abord, les résultats chez l’homme sont inconstants. On arrive parfois à produire une albuminurie mais passagère ; on peut citer l'expérience de CI. Bernard, faite sur lui-même, il se rendit albuminurique plusieurs fois à la suite d’ingestion inmodérée d'œufs, mais il ne faut pas, je crois, attacher une grosse valeur à cette expérience : en effet CI. Bernard mourut d’une affection rappelant beaucoup l'insuffisance rénale. Nous n’avons aucun test tendant à démontrer l'intégrité des reins de cet expérimentateur au moment où il fait ses expériences. On peut objecter, par contre, que CI. Bernard est mort d'affection rénale parce
jo
qu'il avait lésé lui-même ses reins au cours de ses expériences sur l’ovalbumine.
On cite aussi des cas d'albuminurie chez des chanteurs ou orateurs à la suite d’ingestion immodérée d'œufs dans le but de soutenir un grand eflort vocal.
Expérimentalement, pour Chiray, chez l’homme sain il faut employer des doses considérables d'œuf.
Senator « rapporte l’observation d’un malade convalescent de néphrite subaiguë, qui présentait de l’albuminurie après chaque repas riche en albuminates et plus tard seulement après l’ingestion d'œufs cuits ».
Chez l’animal les résultats sont variables, chez le chien l’albuminurie estäfacile à obtenir, elle persiste peu après l’ingestion. Faisons remarquer en passant que le chien est un animal présentant souvent une grande fragilité rénale. Chez le lapin l’albuminurie est facile à obtenir. Nous verrons plus loin les résultats des expériences de Linossier sur l’albumine administrée par injection sous-cutanée ou ingestion immodérée.
b) Toxicité par injection.
4, Vorx SOUS-CUTANÉE.
Stockvis est le premier semble-t-il qui ait fait des injections sous-cutanées de blanc d’œuf chez le
chien, il détermine ainsi une albuminurie persistant
trois à quatre jours.Les expériences de Chiray;faites
par ce mode d'administration, montrent une albuminurie plus tardive que parinjection intra-veéineuse,
elle est plus faible et plus prolongée.
Pour Linossier l’albumine éliminée par l'urine à la
suite d’injection sous-cutanée ou d’ingestion exces— sive de blanc d'œuf vient en grande partie du plasma sanguin de l'animal ;on ne retrouve qu'une très faible quantité d’ovo-albumine.
Linossier et G. H. Lemoine admettent avec Castaigne que le rein sain n’est pas perméable aux albumines étrangères à l'exclusion des albumines du plasma sanguin, mais les albumines étrangères,et en particulier l’ovalbumine, provoquent des lésions du rein, il s’agirait donc là d’un phénomène d'ordre toxique pur. C’est à la suite de ce phénomèneinitial que le rein devient perméable aux albämines du plasma normal et à celles du blanc d'œuf.
Faut-il admettre avec Linossier la néphrotoxicité de l’ovalbumine ? Nous verrons plus loin les lésions rénales observées histologiquement à la suite des injections et ingestions d’ovalbumine.
Remarquons tout de suite que seuls les œufs crus où l’albumine n’est pas entièrement coagulée produisent par ingéstion de tels accidents. Faut-il l'expliquer par la très grande lenteur de l’action du
suc gastrique sur le blanc d'œuf cru, qui passerait
ainsi avec toute sa toxicité dans le duodénum où
son absorption commence ?
La sanction thérapeutique qui se dégage immé-
2 a diatement de ces données expérimentales sera non pas de supprimer l’œuf du régime des albuminu-
riques mais de recommander une cuisson assez poussée pour obtenir la coagulation complète.
9, VoiE INTRA-VEINEUSE.
Par voie intra-veineuse l'injection de blanc d'œuf homogénéisé provoque facilement de l’albuminurie, c'est d’ailleurs un phénomène transitoire.
Voici le résultat d’une expérience de Chiray.
Injection intra-veineuse de 4 eme.
- Après cinq minutes : albuminurie nulle.
Après un quart d'heure : traces légères.
Après une heure : réaction très nette.
Après vingt-quatre heures : réaction très nette.
Après quarante-huit heures : plus d’albumine.