‹ Les divers Modes d'Intoxications par l'Œuf de PouleChapitre 15 sur 26 · AT A · texte numérisé non relu

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Ces diverses expériences ne permettent d’attribuer aux œufs qu'une nocivité bien réduite, les conditions expérimentales étant loin des conditions rencontrées en clinique, réserve faite toutefois pour la néphrotoxicité de l'ovalbumine pas ingestion, Il semble en être tout autrement d’après les très récentes expériences non encore publiées de Messieurs Ch. Richet fils et Dublineau (4).

Ces auteurs introduisent dans l'estomac d’un cobaye par sonde œsophagienne une quantité soigneusement mesurée d'œuf (blanc ou jaune, ou œuf total frais, ou œuf total conservé, l'embryon ayant été enlevé). Ils n’étudient ainsi que la toxicité immédiate provoquée par une seule ingestion jugée par la mort en moins de 48 heures.

Ces expériences portent sur le cobaye qui s’est montré particulièrement sensible ; le lapin et le rat, au contraire, paraissent ne pas être sensibles.

Tous les chiffres qui suivent sont rapportés au kilog. de cobaye.

Avec l'œuf total, il a été pratiqué des injections progressivement croissantes de 20 eme. à 80 cmc. De 20 emc. à 67 cmc., pas d'accidents mortels sur trois cobayes en expérience.

De 70 à 80 cmc.,cinq morts sur sept en 12 heures,

Avec le jaune seul :

De 18 à 22 cmc., pas de cas de mort ; de 25 à

1. MM. Ch. Richet fils et Dublineau ont eu l’amabilité de nous confier le protocole de leurs expériences ; nous tenons à les en remercier ici.

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58 cme., six morts sur sept entre 12 heures et 36 heures.

Avec le blanc :

Il a pu être injecté jusqu'à 120 cmc. sans qu'il soit possible de provoquer d’accidents.

Autrement dit, le blanc d'œuf n’est pas toxique, l'œuf total est toxique à partir de 70 cmc. par kilog. et le jaune à partir de 25 cmc.

L'œuf vieilli à l’étuve cinq jours semble plus toxique. Par suite de l’adhérence du jaune au blanc les expériences ont porté uniquement sur l’œuftotal.

De 20 à 40 cme.,trois expériences,trois Survies ; à 50 cmc., trois expériences, deux survies, une mort; de 55 à 80 cmc., quatre morts sur quatre.

La dose mortelle qui était de 70 cmc. pour l'œuf frais total est de 50 cmc. pour l’œuf vieilli à l’étuve à 370 pendant cinq jours, l’œuf vieilli est donc plus toxique. Quelles sont les manifestations de cette intoxication ?

Les symptômes sont toujours très atténués, deux à trois heures après l’ingestion les animaux paraissent lécèrement choqués. Dans les heures qui précèdent la mort la diarrhée apparaît. L'examen du sang montre une leucocytose assez accentuée, mais les troubles du temps de saignement et de coagulation sont variables et non constants. Si l'animal doit succomber c’est entre la 5€ et la 18e heure, rarement plus tard. Ceci est bien en faveur d’une intoxication et non d’une infection.

Quant aux animaux qui ne doivent pas mourir ils

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ne présentent aucun phénomène cliniquement appréciable, ni trouble digestif, ni amaigrissement dans les 15 jours qui suivent. L’albuminurie est inconstante chez les animaux qui meurent.

A l’autopsie on note une congestion abdominale intense, assez souvent des lésions hépatiques avec zone de dégénérescence, des lésions rénales mais surtout des lésions intestinales : entérite muqueuse, glaireuse, sanguinolente. On a trouvé des caillots dans le cœur.

Ces auteurs ont injecté le jaune cuit et desséché ; cinq animaux ont reçu des doses correspondantes à des chiffres variant entre 37 et 45 cemc. de jaune d'œuf cru par kilo, aucun animal n’a succombé. Par suite de la difficulté d’injection avec une sonde œsophagienne il n’a pu être injecté des doses supérieures. Il semble donc que l'œuf cuit est moins toxique que l’œuf cru.

Toutes ces expériences ne s’appliquent qu'aux œufs achetés en hiver, les auteurs observent avec

les œufs achetés en avril et mai une toxicité moindre.

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