‹ Les divers Modes d'Intoxications par l'Œuf de PouleChapitre 16 sur 26 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Toxicité anaphylactique expérimentale.

Certains cas d’intolérance aiguë aux œufs observés en clinique ont une analogie frappante avec des phénomènes anaphylactiques expérimentaux. Divers expérimentateurs ont ainsi essayé de réaliser une anaphylaxie digestive expérimentale, en particulier aux œufs.

Arthus Besredka et divers auteurs obtiennent des résultats positifs d'anaphylaxie avec les œufs, mais au moyen d'injections sous-cutanées. C'est là une anaphylaxie par aliments mais non pas une anaphylaxie alimentaire.

En 1909, Nobécourt injecte du blanc d'œuf de poule dans l'estomac ou le rectum de lapins à des intervalles variables.

Voici à quelles conclusions arrive cet auteur.Dans une première série d'expériences. Les injections quotidiennes et bi-mensuelles ont été bien tolérées par les lapins adultes elles l’ont été très mal par les jeunes. Les injections répétées tous les 3 ou 7 jours ont été plus nocives; elles ont tué la moitié des

animaux adultes expérimentés. Les injections répé-

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tées tous les dix jours ont été moins nocives que les précédentes.

La voie gastrique et la voie rectale sont toutes deux nocives, la première l’est peut-être moins que la seconde.

Séries [, III, IV.— Les injections ont été faites tous les sept jours dans le rectum. Alors que dans ces conditions sur 100-lapins adultes 50 avaient survécu après la 1r série, la survie a été de 60 % après la deuxième série, de 33 % après la 3e, de 25 % après la quatrième. Il y à donc eu manifestement augmentation de la sensibilité au blanc d'œuf. |

Ces chiffres sont assez démonstratifs pour montrer la possibilité de créer chez l'animal, par ingestion ou instillation rectale, une anaphylaxie à l'œuf. À priori il ne semble donc pas impossible d’admettre que l'homme puisse se sensibiliser lui-même par ingestion répétée de cet aliment dans des conditions qu'il resterait à préciser.

Au congrès de Paris 1912, Guy Laroche, Ch.Richet fils ét Saint-Girons apportent les preuves évidentes de l’anaphylaxie alimentaire aux œufs.

Ces auteurs font ingérer à des cobayes adultes quotidiennement des œufs frais en quantité variable mélangés aux'aliments.

En explorant secondairement les animaux qui avaient survécu à cé régime alimentaire, par voie intra-cranienne ou intra-péritonéale, il est possible

d'obtenir des phénomènes anaphylactiques.

Sept cobayes ingèrent près de deux œufs par jour pendanttrois jours.

L’exploration intra-péritonéale avec 1cc. d'ovalbumine le 19e jour entraîne chez trois d’entre eux au bout de 25 à 35 minutes un choc anaphylactique terminé par la mort en 5 minutes. À l’autopsie, lésions typiques d’anaphylaxie, un 4° eut une anaphylaxie forte, un 5e une anaphylaxie légère ; les deux autres aucun symptôme.

De même Lesné et Dreyfus (L) reproduisent expérimentalement l’anaphylaxie à l'œuf.

L’injection préparante est faite avec de l’ovo-albumine dans l’estomac, l'intestin grêle ou le gros intestin, l’injection seconde faite dans la veine ne déclanche d'accidents anaphylactiques qu’au seul cas où l'injection préparante a été faite dans le gros intestin. :

Les auteurs sont ainsi amenés à étudier l’action de l’acide chlorhydrique et des ferments digestifs. L’acide chlorhydrique ne joue aucun rôle danslanon anaphylaxie par voie gastrique. La pepsine et les fermenis pancréatiques au contraire empêchent l’iction anaphylactisante de l'injection préparante.

Ces expériences montrent nettement ainsi que celles de Nobécourt l'influence des ferments digestifs sur l’action anaphylactisante des protéines par voie digestive.

Arloing a même cherché à mesurer le pouvoir anaphylactisant d'une substance protéique au cours de la digestion artificielle, il a montré que les pro-

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